Vampires, une série française qui vaut le détour

29/04/2020

Titre : Vampires

Créée par : Benjamin Dupas, Isaure Pisani-Ferry, Anne Cissé

Avec : Oulaya Amamra, Suzanne Clément, Kate Moran, Pierre Lotin, ...

Format : 40 minutes

Diffusion : Netflix

Genre : Drame, épouvante-horreur, fantastique

Résumé : Les vampires existent, même à Paris. Doïna, 16 ans, fille de vampire et soeur de vampires apprend qu'elle en serait également une. Mi-humaine, mi-vampire, elle se retrouve malgré elle au coeur d'un conflit qui oppose sa famille à tous les autres vampires.

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Les séries françaises ont le vent en poupe. Après le très réussi Bazar de la Charité, Netflix nous propose une nouvelle série 100% française qui nous plonge dans le monde impitoyable des vampires. Oubliez cependant toutes vos réserves concernant ce genre car non, Vampires n’est pas une énième série au scénario sans saveur mais nous offre bel et un bien une revisite originale et attrayante.

En effet, il n’est pas facile de faire du neuf avec un sujet aussi répandu et exploité que les vampires et il est encore plus difficile de tirer son épingle du jeu quand on propose ce contenu avec l’étiquette de « production française ». Mais force est de constater que Vampires est une véritable surprise et une agréable réussite. 

Le premier point fort de la série est indéniablement son casting. Des profils divers et une présence forte nous rendent chaque personnage aussi attachant qu’unique. A commencer par le personnage principal, Doïna, incarné par l’excellente Oumaya Amamra. De toute évidence, la scène télévisuelle avait besoin d’un grand bond en avant en mettant en scène des personnages au profil unique sans que cette dernière condition soit en elle-même le cœur de l’intrigue. Et il faut dire que Vampires relève le défi avec brio. Chaque acteur incarne son personnage et en fait un élément à part entière de l’intrigue que l’on pourrait suivre indépendamment sans problème.

 

L’intrigue de Vampires, qui ne révolutionne peut-être pas le genre, parvient à nous surprendre et à nous tenir en haleine. Doïna est une jeune lycéenne plus qu’ordinaire, comme on en voit souvent. Elle fait partie d’une famille recomposée dont le père est absent du cadre, et vit dans un Paris bourdonnant de vie. Seulement Doïna est issue d’une famille mi-vampire, mi-humaine et en sa qualité de petite dernière dont les signes de gènes vampires ne sont pas apparus, elle est contrainte de prendre des médicaments afin de stopper toute potentielle transformation. Et sa mère veille au grain, elle qui ne peut plus supporter la lumière du soleil sous réserve de prendre feu. Jusqu’ici, tout ce que l’on sait des vampires semble correspondre, si ce n’est la possibilité de prendre des médicaments pour rester plus humain. L’intrigue se concentre donc sur Doïna et son évolution difficile au sein d’un monde scindé en deux. D’un côté, sa vie d’humaine l’accapare et la satisfait, de l’autre, les intrigues de famille et les complots impitoyables des vampires l’attirent invariablement en faisant d’elle le point focal d’une croisade centenaire. Car très vite, Doïna et sa famille se retrouvent au cœur d’une vieille vindicte, opposant sa mère et une certaine matriarche du clan vampire qui n’a de cesse de mener la vie dure à Rad et Irina, le frère et la sœur vampires de Doïna. Voilà donc pour les bases de l’intrigue, qui évolue très rapidement et avec sens. Le rythme cadencé et le format court permettent donc à Vampires de nous happer de bout en bout. A ce rythme s’ajoute une intrigue qui fait la part belle aux relations familiales et dont le traitement se fait avec une justesse assez rare.

Les relations familiales donc, et surtout filiales, sont explorées avec beaucoup de délicatesse et de force. Une scène en particulier aura marqué cette première saison, une scène si forte et poignante qu’elle entrerait indéniablement dans un TOP. Il s’agit de la scène qui précède ce que l’on pourrait désigner comme une résurrection de la mère, veillée par son premier fils vampire avec lequel elle entretient une relation pour le moins difficile. Dans cette séquence, Rad (incarné par l’excellent Pierre Lotin) fait dos à sa mère (incarnée par la non moins excellente Suzanne Clément), inerte et plongée dans une baignoire remplie de lait et recouverte d’un bandage pour soigner ses brûlures. Il murmure, scande par devers lui « maman je t’aime« . Cette scène a quelque chose d’incongru, d’unique. Comme un OVNI dans le paysage télévisuel français. Toute la complexité et toute la pureté de la relation mère-fils s’incarne ici à travers le silence qui écrase ces deux êtres, seulement brisé par cette formule liturgique prononcée par un fils qui, semblait-il jusqu’alors, haïssait sa mère. C’est donc une scène très belle qui se glisse à la perfection dans l’évolution de l’histoire et une scène que l’on ne s’attendrait pas à voir dans une série sur les vampires.

La condition de vampire nous apparaît alors presque comme un prétexte à l’exploration des liens et des conflits familiaux. Doïna se voit contrainte de jongler entre une vie d’adolescente ordinaire et celle d’une sœur et d’une fille prise au cœur d’une guerre des clans qui la dépasse. L’amour tient donc forcément une place importante dans la vie de cette jeune fille. Mais encore une fois, rien n’est aussi simple avec l’amour, encore moins lorsque l’on se rend compte que l’on est un vampire hybride. Le quotidien de Doïna finira par être bouleversé par son choix de continuer à vivre dans le monde des humains mais aussi celui des vampires tout en cherchant à mettre un terme au conflit qui a vu sa famille tant souffrir.

Le charisme des personnages, leur profondeur et leur diversité est un argument de poids et rend cette série tout bonnement addictive. Ajoutez à cela une intrigue plus que cohérente, des conflits et des amours explosifs ainsi qu’une réalisation léchée et vous avez là une série qui marque. Alors si vous aimez les vampires, si vous aimez les histoires de famille compliquées, laissez-vous tenter !

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94s kid. Je vis d’art, d’astres et d’eau fraîche. Je suis, semble-t-il, attachée à la littérature, aux séries et aux langues (entre autres choses tout aussi folles). Je combats les caprices des mots sur le champ des idées coincées sur la langue. Je peux faire d’une série un long film de quatorze heures et la traduction, c’est sacré !
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