Les enfants perdus de St. Margaret - Une bonne idée mal exploitée...

11/05/2020

Titre : Les enfants perdus de St. Margaret

Auteur : Emily Gunnis

Editions : Préludes

Prix : 18,90 €

Parution : 11 mars 2020

Nombre de pages : 448 pages

Genre : Historique / Suspense

Résumé : 1956. Ivy Jenkins s’apprête à donner naissance à son premier enfant. Mais la société puritaine britannique des années 1950 ne lui permettra pas de profiter de ce bonheur. Abandonnée par son amant, répudiée par sa famille, elle est internée de force à St. Margaret, un couvent pour mères célibataires. Très rapidement, l’institution la sépare de son bébé. 2017. Samantha Harper, une jeune journaliste, tombe sur des lettres déchirantes qui révèlent les terribles conditions de détention d’Ivy Jenkins à St. Margaret. Au fil de ses recherches, elle découvre une série de morts suspectes. Alors que le couvent est sur le point d’être démoli, il ne lui reste plus que quelques heures pour faire éclater la vérité. Avant qu’elle ne soit ensevelie à jamais...

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Les secrets de famille, l’alternance des époques, l’ambiance des vieux orphelinats, j’adore ça en général ! Ce sont vraiment des thématiques qui me plaisent et qui peuvent donner lieu à d’excellentes intrigues. Toutefois, il se peut aussi qu’un auteur ait une très bonne idée mais ne sache pas comment l’exploiter… Et de mon point de vue c’est exactement ce qui s’est passé ici. Je remercie néanmoins les éditions Préludes pour leur envoi. 

Soyons clairs, il ne s’agit pas d’un mauvais roman. Il a d’ailleurs reçu énormément d’avis positifs à travers le monde et je peux aisément comprendre pourquoi les gens semblent autant l’apprécier. Emily Gunnis a décidé d’explorer une thématique très intéressante en prenant pour contexte de départ ces « couvents/orphelinats » dirigés par des nonnes en Irlande et au Royaume-Uni au siècle dernier. Avant que les femmes n’aient les droits qu’elles ont aujourd’hui, tomber enceinte hors mariage (et en n’étant pas majeure) était non seulement mal vu mais limite punissable… De très nombreuses jeunes filles mineures se voyaient donc envoyer dans des établissements supposés les prendre en charge, elles et leurs bébés.
Afin de documenter son roman, l’auteure a fait beaucoup de recherches dont elle parle à la fin et j’ai même noté certains titres d’ouvrages dont elle s’est servie. Tout ça pour dire que je ne remets absolument pas en cause le travail d’Emily Gunnis, ni son idée de départ, mais je crois qu’elle s’est un peu perdue au fil de son intrigue…

La grande originalité de ce roman est aussi, selon moi, sa plus grosse faiblesse. Contrairement aux narrations traditionnelles où toutes (ou en tout cas la plupart) les réponses arrivent à la fin, surtout dans les thrillers/policiers, l’auteure a décidé de procéder autrement. Pour résumer, ça donne quelque chose comme ça :
Chapitre 1 : Question 1 introduite > suspense créé
Chapitre 2 : Réponse à la question 1 apportée > suspense interrompu 
Chapitre 3 : Question 2 introduite > nouveau suspense créé 
Chapitre 4 : Réponse à la question 2 apportée > suspense de nouveau interrompu 

Cette trame narrative particulière a certes le mérite d’apporter une touche d’originalité mais elle coupe aussi le suspense au lieu de le stimuler. Par conséquent, l’histoire finit par s’essouffler car tout devient extrêmement prévisible d’autant que la « grosse révélation » intervient une bonne centaine de pages avant la fin, rendant le dénouement trop long. 

L’autre gros problème de cette histoire, ce sont ses nombreuses invraisemblances et facilités. Je ne peux évidemment pas revenir dessus sans spoiler mais j’ai l’impression que l’auteure a voulu en faire trop pour provoquer l’effet « wahou » sans y parvenir. Non seulement les twists sont tous tombés à plat, mais en plus la grande majorité d’entre eux étaient basés sur des incohérences… Et personnellement ce que j’attends avant tout d’un roman à suspense c’est qu’il soit plausible. 

Si toutefois j’ai poursuivi ma lecture jusqu’à la fin, c’est d’une part pour la thématique et de l’autre pour les personnages, particulièrement bien construits. On s’attache tout de suite à Sam et Ivy et à leurs histoires respectives. Une dans le présent, l’autre dans le passé mais d’une certaine façon liées… Il y a une grande part d’émotion dans ce roman et même si je n’ai pas forcément adhéré à son intrigue, j’ai été touché par l’histoire de ces femmes.

En somme, je pense qu’Emily Gunnis est une auteure avec un fort potentiel qui risque d’être pleinement exploité par la suite. En ce qui concerne Les enfants perdus de St. Margaret, il ne s’agit pas d’un roman foncièrement mauvais mais je pense que je n’ai tout simplement pas été convaincu…

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Contrairement à beaucoup de gens, j’ai eu la chance de recevoir ma lettre d’admission à Poudlard et j’ai obtenu mon diplôme de sorcellerie il y a quelques années déjà. Depuis, je me suis spécialisé dans l’étude de la littérature des moldus et je prend un grand plaisir à découvrir une nouvelle forme de magie : celle des mots.
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