Pump Up the volume : Faites du bruit !

01/05/2020

Titre : Pump Up the volume

Réalisateur : Allan Moyle

Avec : Christian Slater, Samantha Mathis, Anthony Lucero, ...

Genre : Comédie dramatique

Durée : 1h42

Nationalité : États-Unis

Sortie : 1990

Résumé : Harry, le disc-jockey subversif d'une radio-pirate, met en émoi tous les étudiants d'un campus. Son cynisme et sa rage trouvent un écho chez les collégiens frustrés d'une petite ville. Harry tient à garder l'anonymat. Nora, jeune étudiante fascinée par la personnalité d'Harry, entreprend de découvrir sa véritable identité. Elle n'est pas la seule, l'école et les forces de l'ordre aimeraient bien faire taire cette voix insolente.

.

Il est difficile de s’exprimer quand on est jeune. On nous dit de profiter de l’adolescence, de notre scolarité pour faire des expériences et découvrir le monde tout en nous restreignant par les obligations extérieures. Profite de ta jeunesse mais travaille à l’école, exprime-toi mais pas devant tes parents ou tes profs, expérimente la vie mais ne fais pas ci ou ça, … Tant de contradictions dont on doit s’affranchir et qu’on doit respecter à la fois. Pas étonnant dès lors que le film d’Allan Moyle exprime avec réussite cette colère intérieure et cette frustration qui nous anime tous durant sa jeunesse.

Ainsi, par le biais d’Harry, ce sont les doutes de chacun qui s’expriment, cette révolte envers une classe adulte bien trop rigide pour comprendre les affres de la jeunesse et les tourments alimentant n’importe qui durant cette période. L’interprétation ambivalente de Christian Slater conforte cette direction, double identité obligatoire pour pouvoir satisfaire les parents et autres adultes mais besoin d’expression que l’on ne peut réprimer. C’est le porte-voix d’une génération et de ses nécessités souvent mises de côté, même 30 ans après sa sortie dans les salles.

Ses déclarations vont donc mener à une forme de révolution dans ce microcosme scolaire, cette société miniature qui formate déjà tout un chacun à l’étape suivante de notre fonctionnement social. Le feu de cette révolte ne se fait pas direct mais est présent, chacune de ses apparitions amenant à un acte en réponse face à la nature illogique des comportements adultes et des actes honteux qu’ils peuvent accomplir sous leur aspect « mature ». Le film parvient à appréhender pleinement cette volonté d’agir de façon sulfureuse, bien ancrée certes dans les années 90 (le matériel technique est un peu daté) mais avec une résonnance moderne car intemporelle au vu des doutes perpétuels de la jeunesse.

Il y a un souffle qui se dégage ainsi de tout le film, celui d’une rage intériorisée et surtout institutionnalisée qui n’hésite pas à être dramatiquement lourd. Sans révéler plus de ce qui est narré, certaines situations sont extrêmement douloureuses et leur traitement n’évacue jamais la charge derrière, évitant de tomber dans le teen movie coloré mais sans réel ancrage. Les sujets ne sont jamais minimisés et expriment plutôt la difficulté à devenir adulte tout en étant obligé de rester socialement plus bas qu’eux par son âge moindre. C’en est presque brutal mais pourtant bien représentatif.

C’est donc une forme d’insatisfaction morale qui anime avec bouillonnement Pump up the volume, celle d’un âge coincé et dont le besoin de s’exprimer ne peut être réprimé sous peine de répercussions fortes. La révolte adolescente avait trouvé en Christian Slater un porte-drapeau il y a 30 ans. Et même si l’on pourrait trouver d’autres figures de cette colère naturelle, il n’empêche que les questionnements amenés par Harry restent aussi pertinents dans l’écrasement qu’amènent les figures adultes sans réelle réflexion sur leurs conséquences…

.

Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
0 I like it
0 I don't like it

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *