Quelques secondes d'inattention - Un roman puissant.

21/05/2020

Titre : Quelques secondes d'inattention

Auteur : Jesse Blackadder

Editions : Presses de la cité

Prix : 21,00 €

Parution : 27 février 2020

Nombre de pages : 430 pages

Genre : Drame

Résumé : Comment vivre dans un monde où il n'existe plus ?
Finn, sculpteur, et Bridget, biologiste, tous deux originaires de Tasmanie, viennent de s'installer avec leurs deux enfants au nord de Sydney dans l'espoir de sauver leur couple. Étrangers sur cette terre baignée de soleil, ils tentent tant bien que mal de se retrouver et de prendre leurs marques. Jarrah, leur fils de quinze ans, s'adapte lui aussi difficilement à sa nouvelle vie.

C'est alors que la tragédie les frappe de plein fouet : Toby, le petit dernier, se noie un matin dans la piscine familiale. Avec la peine arrivent les premières questions, brutales. Que s'est-il vraiment passé ? Quelqu'un doit-il être tenu responsable de ce drame ? Comment survivre, au quotidien, entre culpabilité, douleur et sentiment d'injustice ? Tandis que Jarrah bascule dans l'âge adulte de la façon la plus violente qui soit, la descente aux enfers des Brennan ne s'arrête pas là : des accusations de négligence se font bientôt entendre dans les médias...

Un roman à trois voix, pudique et puissant, qui explore avec acuité et finesse les conséquences d'un événement dévastateur pour l'équilibre familial. Et s'il y est question d'absence, il nous parle aussi de pardon, de résilience et d'espoir.

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En découvrant la quatrième de couverture de Quelques secondes d’inattention, je pensais qu’il s’agissait d’un thriller domestique. Le schéma narratif semblait en effet assez classique, avec un drame, des secrets qui volent en éclats et la recherche du coupable. Seulement, Jesse Blackadder est allée beaucoup plus loin, je dirais même qu’elle s’est complètement éloignée des sentiers battus en proposant un roman noir original et puissant pour l’envoi duquel je remercie les éditions Presses de la cité. 

Sachez tout d’abord qu’il ne s’agit pas d’un thriller. Ne lisez donc pas ce roman si vous cherchez du suspense, des twists ou une chasse au criminel. Non. Quelques secondes d’inattention est une histoire profondément humaine, portée par une famille qui a vécu un drame et qui doit non seulement faire face au deuil mais aussi au regard des autres, tout en se confrontant à ses propres failles. 

L’originalité de l’intrigue repose également sur la façon dont elle est racontée. A titre personnel, j’adore lorsqu’un auteur joue avec les codes de la narration car ça apporte toujours du cachet à l’ensemble. Ici, l’alternance des points de vue est particulièrement judicieuse car par ce biais, l’auteure donne la parole aux trois membres de la famille. Mais ce qui en fait véritablement la force, c’est l’utilisation de la langue puisque qu’on découvre Bridget (la mère), à travers la deuxième personne du singulier, Finn (le père), la troisième personne du singulier et Jarrah (le fils/frère), la première personne du singulier. Ne serait-ce que visuellement donc, on parvient à dissocier les différentes personnalités et à mieux appréhender la réaction de chaque protagoniste. Un procédé très intelligent et bien pensé. 

Pour être honnête, je ne sais pas encore si j’ai eu un coup de cœur ou pas pour cette histoire, car il m’a tout de même manqué une touche de suspense qui m’aurait un peu tenu en haleine. Bien qu’il y ait quelques rebondissements intéressants et un fil rouge conducteur, j’aurais aimé avoir un peu de mystère lié à l’intrigue et peut-être un petit quelque chose qui explose à la fin. Mais je crois que ça vient aussi du fait que je m’attendais à un thriller et que je n’ai pas réussi à me détacher de l’image que je me faisais du roman avant de le commencer. 

Quoi qu’il en soit, Quelques secondes d’inattention est profondément émouvant, surtout en connaissant l’histoire personnelle de l’auteure dont elle fait part à la fin. On sent une grande maturité dans ce récit qui aborde des thématiques importantes et fait partie de ceux qui vous marquent dans le temps. 

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Contrairement à beaucoup de gens, j’ai eu la chance de recevoir ma lettre d’admission à Poudlard et j’ai obtenu mon diplôme de sorcellerie il y a quelques années déjà. Depuis, je me suis spécialisé dans l’étude de la littérature des moldus et je prend un grand plaisir à découvrir une nouvelle forme de magie : celle des mots.
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