Si l'on me tend l'oreille - Une petite déception

30/05/2020

Titre : Si l'on me tend l'oreille

Auteur : Hélène Vignal

Editions : Le Rouergue

Prix : 14,50€

Parution : 4 septembre 2019

Nombre de pages : 285 pages

Genre : YA

Résumé : Au Pays des Trois Provinces, les habitants sont partagés entre sédentaires et ambulants. On se méfie toujours un peu de ceux-là qui, allant de foire en foire, connaissent trop de secrets. Mais l’arrivée au pouvoir de Baryte Myrtale, un jeune roi épris de modernité, va tout bousculer : désormais, les ambulants seront assignés à un territoire. Certains d’entre eux vont refuser de perdre leur liberté. Parmi eux, Grouzna, une étrange jeune fille qui sait deviner le destin de chacun.

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J’ai l’impression que je ne fais que vous parler de cette maison d’édition dernièrement, mais je me suis encore une fois penchée sur l’un des ouvrages publiés récemment aux éditions du Rouergue. J’en avais entendu parler à la radio à l’hiver dernier et l’envie de me plonger dans cet univers me titillait pas mal depuis.

Quand j’ai eu Si l’on me tend l’oreille dans les mains, je dois avouer que j’ai été plutôt surprise : je m’attendais en effet à retrouver un des livres de la collection « Epik » que j’apprécie beaucoup et qui est centrée sur les littératures de l’imaginaire. Pourtant, le résumé que j’avais entendu pour ce livre faisait état d’un royaume dont le roi était un peu spécial et imposait un certain nombre de choses (plutôt absurdes soit dit en passant) à sa population. J’adorerais vous dire que ni une, ni deux, je me suis quand même lancée, mais je dois bien avouer que ça m’a pris plusieurs mois avant de me plonger dans cette lecture. En effet, j’aime en général un peu moins les romans de la collection « Doado » que celle de la collection « Epik ». Et – une fois n’est pas coutume – celui-ci ne fait pas exception à la règle.

Je n’ai vu que des avis absolument dithyrambiques sur ce roman, pourtant, à la vérité j’ai eu un souci avec le rythme de l’ensemble et j’ai été un peu déçue de la place de l’imaginaire dans l’intrigue.

Pour ce deuxième aspect, bien sûr, c’est plutôt très personnel et surtout par rapport à ce que j’en avais entendu et l’idée que je m’en étais faite. En réalité si le merveilleux, ou plutôt le surnaturel, est présent dans ce roman, je comprends parfaitement pourquoi les éditions du Rouergue ont choisi de le publier dans leur collection « Doado ». En fait, outre le fait que l’intrigue se déroule dans un royaume qui n’existe pas, l’ensemble de l’histoire pourrait se passer dans notre monde. De petites touches de surnaturel apparaissent par moments – notamment le pouvoir de Grouzna – mais de manière très, très légère, ce qui fait qu’effectivement le roman n’aurait pas vraiment eu sa place dans une collection dédiée aux littératures de l’imaginaire.

Mon plus gros problème avec ce roman a été du côté du rythme. J’ai beaucoup aimé le début du roman et les métaphores que l’auteure y installe (j’en parlerai un peu plus loin) qui sont simples et pourtant très percutantes. Pourtant, à partir de la moitié du roman, j’ai été complètement perdue. Je ne voyais plus du tout où l’auteure voulait nous amener, ni ce qu’elle voulait nous donner à voir. Ce roman est le récit d’un voyage, d’un acte de résistance et d’un engagement pour la liberté – à un niveau individuel mais pas seulement. C’est très net et très bien amené dans toute la première moitié du récit. Cependant, j’ai trouvé qu’arrivée à la seconde moitié l’intrigue piétinait, les enjeux s’étiolaient un peu et que l’on se concentrait un peu plus sur l’histoire des personnages.

Et là, si vous suivez régulièrement mes chroniques, vous allez être perdus puisqu’en temps normal j’adore quand on se concentre sur l’histoire des personnages. Dans Si l’on me tend l’oreille, l’auteure nous propose un texte qui s’approche selon moi bien plus de la fable. J’ai donc trouvé que dans la première partie du récit on était face à des personnages de fable : assez simples pour que le lecteur cerne directement leur caractère et qu’ils puissent servir de passeurs pour transmettre les enjeux de la fable. Mais dans cette seconde partie, je n’ai pas vraiment saisi les objectifs de l’auteure : les personnages sont développés plus en avant, avec des arcs narratifs à eux, tant et si bien qu’on sortirait presque de la forme de la fable. Comprenez-moi bien, je suis tout à fait pour que les auteurs brouillent les pistes d’un genre à l’autre, mais pour ce roman, je n’ai pas réussi à comprendre où l’auteure voulait nous amener. J’ai eu l’impression que ce développement des personnages n’allait pas assez loin et qu’en tant que lecteur, on était un peu frustré que ça s’arrête comme ça, si simplement.

En revanche, le gros point positif de ce roman est sans hésiter l’écriture de l’auteure qui est tout simplement magnifique. Sa plume est très poétique et j’ai adoré le travail d’Hélène Vignal dans toute la première moitié du roman. En nous mettant en scène un autre monde, elle parle finalement du nôtre. Les métaphores qu’elle utilise sont magnifiques, parfaitement à propos et viennent vraiment enrichir cette fable moderne. D’autant que les thématiques abordées ne sont pas des thématiques faciles à rendre puisque ce roman parle ni plus, ni moins que de liberté, d’importance du libre-arbitre et des choix de chacun, ainsi que – et surtout – de résistance.

En définitive, Si l’on me tend l’oreille est un roman qui fait de belles promesses et que j’aurais vraiment aimé aimer. J’ai l’impression que ce n’était pas exactement le roman pour moi, mais comme je le disais plus haut je n’ai vu que des retours positifs sur ce livre, donc si le résumé vous tente, n’hésitez pas à vous pencher sur la question !

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Passionnée de lecture et de cuisine, j’adore voyager main dans la main avec les héros d’un roman. J’ai toujours un livre dans mon sac et mon téléphone à la main. Mon éternel compagnon d’aventure dans toutes mes lectures ? Une grande tasse de thé fumante !
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