The Disaster Artist : de la rancoeur dans la pellicule

25/05/2020

Titre : The Disaster Artist

Auteur : Greg Sestero et Tim Bissell

Editions : Carlotta

Prix : 17,00€

Parution : 11 janvier 2018

Nombre de pages : 250 pages

Genre : Cinéma, drame, comédie

Résumé : Lorsque Greg Sestero, 19 ans, fait la connaissance d’un certain Tommy Wiseau dans une école d’acteurs de San Francisco, il est immédiatement fasciné par les improvisations délirantes de ce personnage improbable.
Un face-à-face sur scène va changer leur vie à tous les deux. Ensemble, ils prennent une décision : partir pour Hollywood, et devenir des stars ! Un chemin semé d’embûches, qui démarre par des essais calamiteux, et une spirale de refus.
Tommy Wiseau décide de reprendre leur destin en main et se lance dans la réalisation d’un film autofinancé à 100%.
Le titre : The Room.
Le script : incompréhensible. Les acteurs : lui et son copain Greg.
Le tournage : chaotique.
Malgré l’incompréhension d’une équipe dont il vire régulièrement chaque membre récalcitrant, Tommy Wiseau est persuadé de réaliser son chef-d’œuvre. Si bien qu’une fois le film terminé, il s’offre une publicité géante sur Sunset Boulevard et une avant-première de rêve. Le résultat ? Un bide retentissant, et à peine deux semaines à l’affiche. Tous les éléments sont en place. Le culte va pouvoir démarrer…

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Si la période de confinement a eu un effet sur certains, c’est celui de vouloir replonger dans des œuvres qui nous ont marqué, comme un doudou pour se rassurer pendant un laps de temps incertain au vu de la situation. L’auteur de ces lignes s’est donc replongé dans un livre qu’il connaît presque par cœur au vu de son histoire désormais culte. Greg Sestero raconte ainsi en compagnie de Tom Bissell sa rencontre importante avec Tommy Wiseau, désormais reconnu pour l’un des nanars les plus vénérés de l’histoire du cinéma. Ce livre est donc un témoignage de cette expérience, avec toute l’amertume que cela implique.

La double narration permet de faire résonner les premières années de vie avec Tommy ainsi que le chaos que fut le tournage de The Room. On se retrouve ainsi à la fois hilare et choqué par la catastrophe annoncée qui se profilait tout au long de la création de ce long-métrage désormais hyper connu pour sa médiocrité. La manière dont le tout se répond se trouve ainsi riche aussi bien en anecdotes en dehors de ce monde qu’en colère que l’on sent forte chez Greg Sestero, dont la carrière d’acteur sera irrémédiablement liée à sa relation avec Wiseau.

Cela prend presque un double sens tant on se demande si Sestero cherche totalement à témoigner de cette expérience que le plus fou des scénaristes n’aurait sans doute pas pu imaginer ou à se venger de son ami par la rancœur de certains extraits. La manière dont leur amitié est narrée souligne ainsi un rapport de toxicité, Tommy Wiseau se voyant moins caractérisé dans son excentricité que dans l’adaptation en film par James Franco. On ressent autant de tristesse face à la façon dont Tommy se comporte en voulant mener à bien ses ambitions que du malaise face à sa manière d’agir avec tout le monde, Greg compris, dans une volonté d’être remarqué de tous quitte à se comporter comme un manipulateur de première.

C’est donc une histoire tragicomique que ce « Disaster Artist », fruit d’une rancune entre Greg Sestero et Tommy Wiseau et de la curiosité des coulisses de The Room. De quoi être dans un inconfort constant au vu de ce qui est raconté et passer aussi bien du rire à la gêne au détour de quelques lignes. De quoi recommander aux personnes s’interrogeant sur comment des esprits artistiques peuvent prendre les pires décisions possibles aussi bien par égocentrisme que naïveté tout en brossant un portrait peu flatteur de Tommy Wiseau.

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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