Gods of Men : de la fantasy menée tambours battants

05/06/2020

Titre : Gods of Men

Auteur : Barbara Kloss

Editions : Rivka

Prix : 16€

Parution : 17 mars 2020

Nombre de pages : 552 pages pages

Genre : Fantasy, YA

Résumé : Quand la musique devient magie.

"La magie est interdite dans les Cinq Provinces. Ceux qui en sont doués depuis la naissance sont pourchassés et tués. Sable, de son vrai nom Imari, ignore que sa musique renferme un pouvoir, jusqu’au jour où, alors âgée de neuf ans, l'air qu'elle joue sur sa flûte stoppe le coeur de sa soeur, la tuant sur le coup. Horrifiée par ce qu’elle a provoqué et craignant pour sa propre vie, elle s’enfuit loin de la juridiction provinciale, pour atterrir dans les Landes Sauvages, terre d’exilés et de brigands. Là, Sable se terre sous le poids de la culpabilité et survit en tant que guérisseuse. Jusqu’à ce que, dix ans plus tard, quelqu’un, quelque chose, la retrouve… et la traque commence."

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Difficile de faire dans l’originalité quand il s’agit de fantasy et a fortiori de fantasy YA. Il faut donc trouver un souffle particulier à l’histoire que l’on écrit, une originalité qui n’est pas inhérente à l’intrigue et qui, en soi, ne révolutionne peut-être pas le genre mais fait son affaire auprès du lecteur. Et puis parfois, la magie opère. C’est le cas pour cette étonnante parution aux éditions Rivka, parution presque sortie de nulle part d’ailleurs tant elle s’impose comme une évidence dans ce que peut et devrait faire la SFFF. Le travail éditorial autour de Gods of Men est tout autant louable car, au-delà d’une couverture impeccable proposée en hardback, l’on peut saluer la très bonne traduction proposée par Diane Garo. Force est de constater que Gods of Men a déjà presque tout pour plaire, à commencer par un prologue percutant qui, comme chacun sait, est presque toujours décisif. Ici, le lecteur est directement pris dans le tourbillon qui emportera le personnage principal loin de chez elle et de la pire des manières. Le prologue est en ce sens une vraie réussite.

En outre, tout est dans la construction des personnages et avec un tel prologue, l’on ne peut qu’être amené à nous questionner sur la manière dont le personnage principal survivra à ce premier incident. Vient ensuite le monde établi par l’autrice, avec ses règles et ses lois. Pour Gods of Men, les deux éléments fonctionnent en harmonie, l’univers n’est pas forcé sur les personnages et vice-versa ; on retrouve une histoire au rythme fluide, presque naturel, que l’on prend plaisir à découvrir, que l’on a hâte d’enchaîner. Les personnages, loin d’être des OVNIS du genre, se fraient un passage jusqu’à notre estime. On suit donc la jeune Imari devenue Sable depuis le terrible accident qui a causé la mort de sa jeune sœur. Mais il y a aussi Jos, le Loup, un homme qui nous est d’abord présenté comme sanguinaire et impitoyable. Difficile de l’apprécier, mais toute la magie et la qualité d’une histoire est dans le développement de ses personnages et Barbara Kloss s’y prête à merveille. Les chemins de Sable et Jos finissent inéluctablement par se croiser, mais au-delà de cette rencontre, c’est la cohabitation qui nous intéresse.

En effet, dans Gods of Men il est aussi question de religion, de caste, d’ethnie et de persécutions. C’est peut-être là que tout se joue et que l’histoire grimpe d’un cran. Elle amène une intrigue d’abord établie dans un univers fictif dans une espèce d’immédiateté déroutante. L’autrice fait de l’un de ses personnages (Jos) l’exemple des ravages de la défiance. Mais elle le pousse dans ses retranchements et, au contact de Sable, Jos finit inévitablement par interroger ses biais de la même manière que Sable apprend à s’élever au-delà de ses doutes. Encore une fois, la construction des personnages et leur évolution au sein d’un univers cohérent et complexe (à l’instar du nôtre), donne un souffle particulier à cette histoire. Il y a quelque chose d’intime, de nécessaire aussi, et c’est là que Gods of Men finit par tirer son épingle du jeu.

En somme, il est extrêmement facile de se laisser happer par cette histoire et de s’y plonger complètement. On retrouve de la magie comme on peut s’en douter en fantasy, mais on retrouve aussi des ombres menaçantes voire carrément sanguinaires, de morts inexpliquées, des sectes, des nécromanciens et des menaces incessantes. La prose de Barbara Kloss se révèle agréablement lyrique mais aussi directe et claire, et la traduction de Diane Garo tout autant sans nul doute. Il s’agit d’une vraie réussite et d’une bonne découverte dans le paysage de la SFFF. En ce qui concerne le tome 2, la rumeur veut que la VO soit de sortie dès décembre 2020. 

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94s kid. Je vis d’art, d’astres et d’eau fraîche. Je suis, semble-t-il, attachée à la littérature, aux séries et aux langues (entre autres choses tout aussi folles). Je combats les caprices des mots sur le champ des idées coincées sur la langue. Je peux faire d’une série un long film de quatorze heures et la traduction, c’est sacré !
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