Les Bêtes du Sud Sauvage

26/06/2020

Titre : Les Bêtes du Sud Sauvage

Réalisateur : Benh Zeitlin

Avec : Quvenzhané Wallis, Dwight Henry, Levy Easterly, ...

Genre : Drame, fantastique

Durée : 1h32

Nationalité : États-Unis

Sortie : 2012

Résumé : Hushpuppy, 6 ans, vit dans le bayou avec son père.
Brusquement, la nature s'emballe, la température monte, les glaciers fondent, libérant une armée d'aurochs.
Avec la montée des eaux, l'irruption des aurochs et la santé de son père qui décline, Hushpuppy décide de partir à la recherche de sa mère disparue.

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On avait parlé de la merveilleuse relecture de Peter Pan que Benh Zeitlin nous a offert avec Wendy. Il était donc temps de revenir sur son premier long-métrage bien plus remarqué, « Les bêtes du Sud Sauvage ». Il suffit en effet de le regarder pour voir amorcer certaines thématiques qui exploseront autrement dans son second film.

Tout le drame du film passe en effet par le regard d’une jeune fille, confrontée à un monde aussi euphorique que tragique, remettant en question son rapport à l’enfance et celui du public par la même occasion. En ce sens, la prestation de Quvenzhané Wallis en Hushpuppy est tout simplement touchante tant l’actrice porte sur ses épaules tant de choses qui parviennent à cristalliser la puissance artistique de cette œuvre.

Zeitlin brosse ainsi un univers contemplatif rappelant par instants Miyazaki et dont l’explosion visuelle s’avère permanente. Ce voyage en terre isolée dans un Bayou Futuriste est chargé dans chaque plan, chaque image provoquant une décharge émotionnelle qui nous laisse bouche bée durant tout le visionnage et la larme à l’œil une fois le générique de fin entamé. Sa poésie constante apporte une forme d’opposition entre douceur enfantine et douleur universelle qui sied aux réflexions posées par son histoire.

C’est en effet une fable sur une nature qui réagit face aux destructions provoquées par l’Homme qui se dresse, confrontant grandiloquence d’un décor naturel tout simplement superbe et enjeux sentimentaux intimes. Ce contraste souligne encore plus la fragilité de ces univers respectifs, dans un cycle d’opposition permanent. Il se dresse une antinomie permanente entre le réconfort et la menace que représente en même temps la Nature. L’arrivée des Aurochs fait alors basculer le film dans du fantastique pur, avec une simplicité telle que l’on est encore plus frappé par la beauté du tout.

On s’arrêtera dès lors là pour être le plus succinct possible avec « Les Bêtes du Sud Sauvage » tant c’est un périple que l’on se retrouve à expérimenter par soi-même. Il faut savoir accepter de s’y ouvrir pour un voyage contemplatif aussi merveilleux que douloureux. C’est décidément un grand film qui parvient à nous mettre à nu par sa spontanéité, sa magie graphique et sa richesse narrative. Croisons les doigts pour que Benh Zeitlin ne mette pas 8 ans à refaire un long-métrage après son exceptionnel Wendy car le cinéma américain y trouve une grâce si éloquente que ses œuvres se révèlent tout simplement essentielles…

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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