Tales from the Loop : un premier épisode prometteur

26/06/2020

Titre : Tales from the Loop

Créée par : Nathaniel Halpern

Avec : Daniel Zolghadri, Rebecca Hall, Jane Alexander, Duncan Joiner, Paul Schneider, Ato Essandoh, ...

Format : 8 épisodes de 60 minutes environ

Diffusion : Amazon Prime Vidéo

Genre : Science-Fiction

Résumé : Un petit village se situe à proximité d'une machine nommée "The Loop" ("La Boucle"), dont la fonction est d'explorer les plus grands mystères de l'univers. Affectés d'une façon ou d'une autre par cet énigmatique engin, certains habitants font tour à tour une étrange expérience, offrant un récit profond et poignant sur la condition humaine.

Basé sur les illustrations de l'artiste suédois Simon Stålenhag.

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Tales from the Loop est une nouvelle série de science-fiction disponible sur Prime Video et basée sur le livre d’art éponyme de l’artiste suédois Simon Stalenhag. Vous avez d’ailleurs sûrement déjà dû voir ses illustrations dépeignant un paysage parfois désolé où seul trône un élément qui nous plonge directement dans le futur.

La série a gardé ce même esprit, une espèce d’atmosphère intimiste, onirique et futuriste, et le premier épisode se vit comme on lit un poème, comme on contemple un tableau ou comme on écoute une symphonie : le cœur alerte et le regard émerveillé. Le reste se découvre avec cette même fébrilité propre aux œuvres dont on ne sait pas trop quoi attendre si ce n’est une expérience particulière voire nécessaire et définitivement spectaculaire.

L’histoire est celle d’un petit village situé près d’une machine mystérieuse que l’on appelle « The Loop » (la boucle en français), une machine qui serait le cœur battant de la ville dont les propriétés sont d’explorer les mystères de l’univers, machine à l’ambitieux projet qui pourtant reste assez obscure. Et pour cause, les habitants font chacun les frais d’une étrange expérience aux limites du naturel nous offrant ainsi le parfait matériau pour l’exploration de la condition humaine. S’ensuivent alors plusieurs épisodes au point de vue différent mais complémentaire, ce qui place cette série à la limite de l’anthologie.

Le premier épisode est un parfait incipit qui plante le décor, le rythme et l’atmosphère de ce que sera la série. Accompagnée d’une bande son aérienne et organique signée Philip Glass, Tales from the Loop nous emporte à la fois très loin, hors du temps tout en restant extrêmement proche de nous, de nos expériences propres, comme une peinture de notre âme. Au début de l’histoire, la mère de celle qui sera le personnage principal disparaît soudain. La jeune fille en question part alors, désespérée, à la recherche de sa mère avant de faire des rencontres pour le moins improbables, de ces rencontres qui chamboulent toute une vie. Ce premier épisode est orchestré avec une douceur et une lenteur contemplatives qui tranchent tout de même assez avec ce dont on a l’habitude en matière de SF. Au final, on fait, avec le personnage principal, l’expérience de l’abandon et du retour à l’enfance d’une manière assez particulière et surprenante.

Car Tales from the Loop, comme certaines œuvres de SF si ce n’est toutes devraient le faire, nous questionne sur notre existence. Il y a bien ici matière à introspection, d’autant plus permise par une atmosphère éthérée au rythme lent délibéré.

L’intrigue, certes classique, n’empêche pas le spectateur de plonger avec une étrange torpeur dans ce monde futuriste mais tellement proche, on compatit avec ces personnages aux destins et aux trajectoires touchantes, délicates et ô combien analogues aux nôtres. Au fond, Tales from the Loop nous rappelle cette intangibilité du temps mais aussi des émotions. Tales from the Loop se vit donc comme une expérience, à la fois télévisuelle eu égard au travail apporté à l’esthétique globale de l’oeuvre mais aussi grâce à la musique sublime de Philip Glass. Enfin, l’intrigue solide et cohérente avec l’âme du projet finit de nous emporter aux confins d’un monde pas si inconnu.

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94s kid. Je vis d’art, d’astres et d’eau fraîche. Je suis, semble-t-il, attachée à la littérature, aux séries et aux langues (entre autres choses tout aussi folles). Je combats les caprices des mots sur le champ des idées coincées sur la langue. Je peux faire d’une série un long film de quatorze heures et la traduction, c’est sacré !
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