Un goût de cannelle et d'espoir - Coup de cœur !

09/06/2020

Titre : Un goût de cannelle et d'espoir

Auteur : Sarah McCoy

Editions : Les Escales

Prix : 21,90€

Parution : 17 avril 2014

Nombre de pages : 432 pages

Genre : Historique

Résumé : Allemagne, 1944. Elsie Schmidt, seize ans, traverse la guerre à l’abri dans la boulangerie de ses parents et sous la protection d’un officier nazi qui la courtise. Mais lors de la soirée de Noël du Parti, elle échappe de peu à un drame grâce à un petit garçon juif. Seul et sans défense, il demande à Elsie de le cacher. Prendra-t-elle ce risque ? Soixante ans plus tard, au Texas, près de la frontière mexicaine, la journaliste Reba Adams réalise un reportage sur la boulangerie allemande tenue par Elsie. Peu à peu, les deux femmes apprennent à se connaître et Reba comprend que la vieille dame a beaucoup plus à révéler qu’elle ne veut bien le dire...

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J’allais commencer cette chronique en vous disant que je vous avais « récemment » parlé de la maison d’édition Les Escales ainsi que du roman Un goût de cannelle et d’espoir qui – quelques temps après que tout le monde en ait tellement parlé – commençait à me faire sérieusement de l’œil. C’est perdu pour le « récemment » puisqu’après vérification je vous en parlais il y a deux ans tout rond en juin 2018. Heureusement que je vous disais alors que j’allais sérieusement me pencher sur le catalogue de cette maison d’édition…

Mais bon, comme on dit, mieux vaut tard que jamais et c’est seulement il y a quelques semaines que j’ai plongé enfin dans ce roman qui avait fait grand bruit il y a maintenant un petit moment !

Comme souvent lorsque j’ai un coup de cœur, j’ai envie de vous dire que j’ai tout aimé en bloc dans ce roman, pour vous motiver à vous lancer. Ici, ce ne serait pas tout à fait vrai parce que je dois bien avouer qu’il y a certains aspects du roman qui m’ont un peu dérangée. Pourtant, j’ai passé un excellent moment avec ce roman que je n’ai pas pu lâcher et que j’ai tout simplement dévoré en deux jours malgré son nombre tout à fait conséquent de pages.

Commençons par le commencement : dans ce roman on suit non pas une, mais deux histoires. Celle de Reba, une jeune journaliste américaine qui doit rédiger un article sur les traditions de Noël à travers le monde au moment des fêtes de fin d’année ; et celle d’Elsie, 16 ans, fille du propriétaire de la plus grande boulangerie de la bourgade où elle vit avec sa famille en 1944. Comme toujours dans les romans où le récit est à deux vitesses, les histoires de l’une et de l’autre vont venir se croiser. Ici pas de secret de famille ou d’arrière-grand-tante perdue de vue : dans Un goût de cannelle et d’espoir c’est de nos jours que Reba rencontre Elsie, au Texas, dans sa boulangerie traditionnelle allemande alors qu’elle fait des recherches pour son article sur Noël.

Ce qui m’a particulièrement plu dans ce roman, c’est sans conteste la partie qui se déroule dans le passé. Pour tout dire, j’ai trouvé la partie dans le présent un peu maladroite et parfois même superflue. Je ne dirais pas qu’elle est inutile dans la mesure où elle permet de construire différemment le récit et de lui donner un certain rythme, cela dit les chapitres autour de Reba m’ont plus ennuyée qu’autre chose – notamment au début. Mais alors, me direz-vous, comment diable est-ce possible que ce roman dont une partie était finalement assez peu intéressante soit quand même un coup de cœur ?

Eh bien tout simplement j’ai vraiment adoré la partie qui se passe dans le passé. J’ai trouvé que l’auteure avait une façon très juste de décrire l’Allemagne du Troisième Reich : non pas en montrant des personnages foncièrement bons et opposés au régime, ni en montrant des SS cruels, mais en présentant au contraire monsieur et madame tout le monde. Comprenons nous bien, être une famille ordinaire sous le nazisme, c’est ne pas trop chercher à savoir ce qui se trame au loin et soutenir passivement – mais soutenir quand même – le régime. Pourtant, j’ai trouvé que Sarah McCoy arrivait à faire comprendre à son lecteur toute la difficulté de cette époque pour les gens ordinaires.

Si je n’ai pas trouvé le personnage d’Elsie très sympathique (voire pas du tout), je n’ai pas pu m’empêcher de comprendre la position de cette jeune femme qui n’a que 16 ans en 1944 et qui a donc vécu toute sa vie ou presque sous le régime nazi. C’est pour moi le point fort de ce roman : le personnage d’Elsie n’est pas du tout une révoltée qui voudrait s’opposer au régime et qui s’engage dans la résistance. Si elle n’est donc pas une héroïne au sens premier du terme, elle est par contre une parfaite représentation d’une jeune fille ordinaire qui s’est vue répéter certains principes tout au long de sa vie et certaines des décisions qu’elle prend dans le roman ne sont pas tant le fruit d’une réflexion et d’une conviction personnelle que le fruit du hasard, tout simplement.

C’est cette dimension de la représentation d’une certaine « normalité » de l’époque (et ce que cela pouvait vouloir dire) que j’ai apprécié dans le roman de Sarah McCoy.

Par ailleurs, moi qui ai beaucoup fréquenté les boulangeries allemandes, j’ai apprécié le sens du détail de l’auteure qui a pris le soin de décrire de nombreuses pâtisseries qui ont bercé mon enfance. Petit bonus pour les gourmands, Sarah McCoy propose, en annexe du livre, certaines des recettes dont il est question dans l’ouvrage.

Seule ombre au tableau pour moi, cette partie dans le présent que j’ai trouvée plutôt en déséquilibre par rapport au reste du récit. Le personnage de Reba, ainsi que ses problèmes, m’ont semblé bien insignifiants au regard de ceux que pouvait avoir Elsie en 1944. Par ailleurs, si j’ai bien compris que la morale de l’histoire pour Reba est de vivre sans chercher à tout prix à s’enfermer dans une case qui la définirait à tout prix, je n’ai pas toujours apprécié les propos du personnage et de son entourage au sujet de ses choix alimentaires. Cela dit, ce n’était pas le cœur du récit et ça ne m’a pas empêché d’apprécier ma lecture, mais je trouve que ça n’apporte pas grand-chose de plus au personnage – et à titre personnel ça ne me l’a pas vraiment rendue sympathique.

L’un dans l’autre, je vous recommande vivement de vous pencher (enfin!) sur Un goût de cannelle et d’espoir si vous n’avez pas encore eu le temps de le faire. C’est un roman complètement addictif que vous allez dévorer !

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Passionnée de lecture et de cuisine, j’adore voyager main dans la main avec les héros d’un roman. J’ai toujours un livre dans mon sac et mon téléphone à la main. Mon éternel compagnon d’aventure dans toutes mes lectures ? Une grande tasse de thé fumante !
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