Kamarades, L'intégrale - Une petite déception

11/07/2020

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Titre : Kamarades, L'intégrale

Auteur : Abtey Dusséaux Goust

Editions : Rue de Sèvres

Prix : 18,00€

Parution : 17 juin 2020

Nombre de pages : 162 pages

Genre : BD historique

Résumé : La révolution russe est en mouvement. Volodia a choisi son camp : celui des bolcheviks, aux côtés de Staline. C'est au cœur de cette agitation qu'il tombe fou amoureux d'Ania. La Révolution fait ensuite place à la guerre civile. Armée rouge et armée blanche se lancent dans un combat sans merci qui déchire la Russie. La victoire est incertaine. Héroïsme, massacres, trahisons, angoisse, voilà le pain quotidien des soldats rouges et blancs. Bientôt l'armée révolutionnaire gagne la Pologne et menace l'Europe tout entière. En France, le répit de la famille Roumanov tourne court, Volodia et Ania ne semblent point devoir connaître de paix et se lancent une nouvelle fois dans la bataille, au risque de retomber dans les griffes de Staline. Entre amour, drame et manigance politiques l'histoire se met en marche sous nos yeux.

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Comme je le disais dernièrement, je suis assez friande de fictions historiques et notamment pour certaines périodes de l’Histoire. Je suis par exemple assez intéressée par l’histoire de la Russie que je connais très peu. J’imagine que ma passion d’enfant pour le dessin animé Anastasia n’y est pas tout à fait pour rien (et j’avoue qu’à ce jour j’ai toujours du mal à imaginer Raspoutine autrement que tel qu’il était représenté dans le film d’animation !). Cependant, pour ne rien vous cacher, je trouve que pour une débutante comme moi, il n’est pas toujours évident de se plonger dans des livres sur la Russie parce que j’ai parfois tendance à tout mélanger. Forcément quand je tombe sur une BD qui a l’air de faire se croiser la petite et la grande Histoire sur une période qui me plaît déjà bien au départ et qu’en plus il s’agit d’une intégrale (et donc pas besoin d’attendre la suite pendant des mois)… Je fonce !

Et… Comme chacun sait, des fois ça colle et des fois ça colle moins ! Pour moi cette BD est une petite déception. Je ne dirais pas que j’ai passé un mauvais moment parce qu’elle se lit quand même très bien et que les auteurs entremêlent suffisamment les personnages historiques que l’on connaît et la fiction pour nous donner envie de continuer à lire. Malgré tout je suis quand même plutôt restée sur ma faim lors de cette lecture.

Les scénaristes de cette bande dessinée ont pour moi un travers majeur dans cet album : ils en disent soit trop, soit trop peu. Notamment à partir de la moitié de l’intégrale, j’ai vraiment eu l’impression que les choses se précipitaient : on a quelques cases ou quelques planches puis une ellipse, suivie d’une autre, suivie d’une autre. J’ai trouvé plutôt difficile de s’attacher et de s’investir dans des personnages qu’on a à peine le temps de voir quelques cases. L’ensemble donne surtout l’impression d’une succession de moments-clés plutôt qu’une véritable intrigue.

Je sais bien que contrairement à d’autres formats la BD est un genre qui est beaucoup plus codifié et où le nombre de pages doit être précis, défini à l’avance et que le découpage d’une intrigue pour la mettre sous forme de BD n’est pas anodin – loin de là. Pourtant (mais c’est peut-être l’effet intégrale ?) j’ai l’impression que certains passages auraient pu être supprimés pour laisser plus de place pour en développer d’autres et que le lecteur puisse être vraiment embarqué avec les personnages. Pour ma part – et alors que c’est une partie importante de l’histoire – j’ai eu du mal à croire vraiment à l’histoire d’amour entre Anastasia et Volodia et pour moi c’est assez symptomatique d’un petit quelque chose qui manque dans le scénario de cet album. Il faut dire que sur le papier, j’étais excessivement séduite par une Anastasia rebelle (je vous avais prévenus que j’avais été biberonnée à ce dessin animé !) mais dans les faits j’ai trouvé la romance maladroite et assez peu crédible : on explique au lecteur qu’il y a une histoire d’amour sans vraiment la donner à voir et j’ai trouvé ça un peu dommage.

En revanche, j’ai beaucoup aimé le dessin, j’ai trouvé qu’il correspondait bien à la thématique. Le trait est assez léger et la mise en couleur très discrète donne l'impression que l’illustratrice a vraiment travaillé sur le mouvement et sur l’instant. Par ailleurs, le choix de mettre en avant la couleur rouge à chaque fois qu’elle apparaît permet aussi de réaliser des planches très graphiques.

L’un dans l’autre, si je n’ai pas passé un mauvais moment avec cette bande dessinée, je dirais que cette intégrale n’a pas su me séduire comme je pensais qu’elle le ferait.

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