Summer Wars : Ready, Player one ?

03/07/2020

Titre : Summer Wars

Réalisateur : Mamoru Hosoda

Avec : Mitsuki Tanimura, Junko Fuji, Ayumu Saitô, ...

Genre : Drame, animation

Durée : 1h54

Nationalité : Japon

Sortie : 2010

Résumé : Bienvenue dans le monde de OZ : la plateforme communautaire d'internet. En se connectant depuis un ordinateur, une télévision ou un téléphone, des millions d'avatars alimentent le plus grand réseau social en ligne pour une nouvelle vie, hors des limites de la réalité.
Kenji, un lycéen timide et surdoué en mathématiques, effectue un job d'été au service de la maintenance d'OZ. A sa grande surprise, la jolie Natuski, la fille de ses rêves, lui propose de l'accompagner à Nagano, sa ville natale. Il se retrouve alors embarqué pour la fête traditionnelle du clan Jinnouchi. Il comprend bientôt que Natsuki ne l'a invité que pour jouer le rôle du " futur fiancé " et faire bonne figure vis-à-vis de sa vénérable grand mère. Au même moment, un virus attaque OZ, déclenchant catastrophe sur catastrophe au niveau planétaire.
Avec l'aide de Kenji, tout le clan Jinnouchi se lance alors dans une véritable croisade familiale pour sauver le monde virtuel et ses habitants...

Mamoru Hosoda est l’un des piliers de l’animation japonaise actuelle par le biais de sa filmographie riche et passionnante. Voir que son excellent « Summer Wars » date d’il y a dix ans relève alors d’une pertinence thématique rappelant la qualité des créations d’Hosoda par les résonnances qu’il établit entre le monde d’Oz et la famille de Natsuki. Les cellules familiales se retrouvent ainsi en permanence dans sa filmographie, surtout en construction comme dans « Le garçon et la Bête » ou « Mirai ma petite sœur ». Ici, c’est à une reconstruction que l’on assiste par le biais d’un événement à l’échelle macroscopique.

Il y a ainsi une forme d’antinomie permanente entre la représentation d’Oz et ses multiples usages numériques et le clan Jinnouchi, se retrouvant dans leur bâtisse légendaire afin de réunir la famille entière pour l’anniversaire de la grand-mère de Natsuki. Pourtant, cette opposition d’apparence fait plutôt rapprocher les possibilités d’union entre un monde en perpétuelle évolution et les liens ancrés dans les rapports familiaux à travers les années. On est loin du message du Boomer qui annonce la fin du monde par les rapports technologiques et souligne les vertus d’antan. En ce sens, « Summer Wars » annonce « Ready Player One » dans sa manière de faire rebondir les conséquences réelles d’un univers virtuel tout en gardant un ancrage humain à chaque fois.

Cela passe ici par Kenji, lycéen timide en position permanente d’observateur coincé dans le mensonge de Natsuki et ses émotions pour celle-ci. Cette amourette d’apparence naïve amène une certaine légèreté qui sied à la narration sans nuire aux répercussions importantes de l’intrigue. Le récit sait en effet naviguer entre échelles macroscopique et microscopique afin de pouvoir amener un humanisme fort tout en brossant le portrait d’une famille aux figures clairement marquées et dont les drames ne font que desserrer des liens qui devraient justement se rapprocher.

Mamoru Hosoda capte le tout avec une douceur qui n’en est que plus touchante, tel ce travelling sur les membres accablés du clan Jinnouchi. Sa maîtrise visuelle fait exacerber les idées notamment dans la représentation d’Oz, avec une grandiloquence graphique qui fait clairement plaisir à voir et revoir en permanence. Les idées abondent en permanence et l’on prend un plaisir permanent au fur et à mesure des presque deux heures du film avec une fraîcheur qui n’en est que plus forte.

Le tout est donc aussi bien narré que réalisé avec un sens de la nuance qui ne rend chaque instant que plus direct, que ce soit dans son humour, son drame ou son action. Comment ne pas se sentir galvanisé par le climax, avec cette union à distance qui représente l’idéal des innovations apportées par le numérique ? Comment ne pas être touché par la justesse d’une romance que l’on ne peut imaginer que quotidienne dans les interrogations de Kenji pour ses sentiments pour Natsuki et sa frustration de ne pas se sentir accompli ? Comment ne pas être touché par ces liens établis entre ce monde rempli d’opportunités que représente Oz et la solidité des rapports familiaux, avec ce que cela implique de confrontation pour se diriger vers l’acceptation ?

Dix ans après sa sortie, « Summer Wars » reste toujours cette œuvre colorée  et sensible qui permet à Mamoru Hosoda de s’asseoir définitivement parmi les représentants les plus passionnants du cinéma d’animation japonais. C’est un film aussi pétillant que riche d’intérêt, représentant aussi bien les opportunités de la technologie que l’importance des liens sociaux, qu’ils soient proches ou à distance. C’est une quête de détermination pour ses personnages, rendant leur parcours émotionnel plus touchant encore. En soi, « Summer Wars » constitue le divertissement parfait dans ce qu’il véhicule comme idées narratives et visuelles, procurant un spectacle fort et des émotions permanentes avec une superbe justesse.

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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