White Lines : sex, drogue et DJ sets

07/07/2020

Titre : Whites Lines

Créée par : Álex Pina

Avec : Laura Haddock, Tom Rhys Harries, Daniel Mays, ...

Format : 55 minutes environ

Diffusion : Netflix

Genre : Drame, policier, thriller

Résumé : Suite à la découverte du corps d'Axel Collins, un jeune DJ anglais disparu 20 ans plus tôt, dans le désert espagnol, sa soeur, Zoe, se rend alors à Ibiza, là où Alex a été vu pour la dernière fois, afin de découvrir ce qui s’est réellement passé. Son enquête au sein de ce haut lieu de la fête la forcera à affronter les côtés les plus dangereux et les plus déréglés de l'île, ainsi que ses propres démons.

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Qu’est-ce qui pourrait rapprocher Manchester d’Ibiza ? A priori, pas grand-chose si ce n’est cette série Netflix qui, étonnamment, s’est fait une petite place au soleil des séries à regarder cet été. Cette nouvelle création mi-britannique, mi-espagnole d’Alex Pina (La Casa de Papel) a en effet de quoi surprendre et ce n’est pas pour nous déplaire.

L’histoire est celle de Zoé, jeune britannique arrivée à Ibiza pour une bien triste occasion puisqu’elle doit identifier le corps de son frère Axel, disparu il y a plus de 20 vingt ans alors qu’il avait quitté l’Angleterre pour poursuivre son rêve de faire de la musique à Ibiza. Bien évidemment, il ne s’agit pas d’un accident et très vite, Zoé se rend compte que son frère était impliqué dans de bien sombres histoires.

En effet, dans White Lines il sera question de famille, de pouvoir, de drogue, d’argent et de sexe (rien que ça) dans un mélange détonnant et diablement bien mené. Pour en revenir à l’intrigue, elle est l’atout premier de White Lines qui nous propose une construction à cheval entre Ibiza et Manchester mais aussi à cheval entre deux temporalités, nous faisant suivre à la fois l’enquête de Zoé pour comprendre qui a tué son frère mais aussi la jeunesse de cette même Zoé et de son frère Axel vingt ans avant les faits. Ce parallèle est très bien mené et l’esthétique globale de l’oeuvre, qui se déroule tout de même en grande partie à Ibiza et ses contrées sublimes, nous en fait prendre plein les yeux.

En ce qui concerne l’intrigue en tant que telle, elle apporte son lot de mystères et de rebondissements. Tout le monde a pu tuer Axel et c’est ce qui rend le mystère d’autant plus intéressant. Ce qui commençait comme une série dramatique prend cependant très vite des airs de drame presque comique. On se surprend à s’attacher aux personnages et à leur excentricité non dénuée de sincérité tout au long des épisodes.

White Lines peut, à ce titre, se targuer d’être la série surprise de l’été. Un cast et une intrigue énergiques, le tout un brin teinté de nostalgie via les flash-back et la bande son (The Farm, Radiohead, Happy Mondays), beaucoup d’humour et un véritable mystère à résoudre, on prend un plaisir certain à découvrir cette série.

En somme, cette toute dernière création d’Alex Pina est un concentré d’action et d’humour dont l’intensité se construit crescendo au fur et à mesure des épisodes. Chacun de ces derniers amène son lot de suspense et, disons-le, de situations complètement incongrues, à commencer par de la drogue dissimulée dans une banane gonflable percée, drogue qui finit par être consommée par les chiens d’un des personnages. White Lines n’est pas non plus exempte d’émotion puisque Zoé, à travers ses visios avec sa thérapeute, rappelle les difficultés qu’elle a eues à traverser à la disparition de son frère et notamment le gouffre de désespoir dans lequel elle avait plongé. Enfin, les relations entre les personnages sont plus complexes qu’il n’y paraît, ce qui crée une profondeur particulière, notamment en ce qui concerne la principale intrigue amoureuse.

White Lines est donc une série qui se regarde sans réel investissement émotionnel mais plutôt comme on déguste un paquet de bonbons acidulés : soit tout d’un coup parce que c’est trop bon, soit quelques-uns pendant que l’été poursuit tranquillement son cours.

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94s kid. Je vis d’art, d’astres et d’eau fraîche. Je suis, semble-t-il, attachée à la littérature, aux séries et aux langues (entre autres choses tout aussi folles). Je combats les caprices des mots sur le champ des idées coincées sur la langue. Je peux faire d’une série un long film de quatorze heures et la traduction, c’est sacré !
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