Isi et Ossi : c'est oui !

31/08/2020

Titre : Isi et Ossi

Réalisateur : Oliver Kienle

Avec : Lisa Vicari, Dennis Mojen, Langston Uibel, ...

Genre : Romance, comédie

Durée : 1h53

Nationalité : Allemande

Sortie : 14 février 2020

Résumé : Deux jeunes gens, deux rêves et deux familles qui n'y comprennent évidemment rien. Isi et Ossi ne se connaissent pas et son issus de deux couches différentes de la société. L'une, aisée, se heurte au refus de ses parents, le second, populaire, se heurte à l'immédiateté de la vie. Quand ils se rencontrent, ils décident de fusionner leurs atouts afin de réaliser leurs rêves.

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Sorti juste à temps pour la Saint-Valentin, Netflix nous propose une fois de plus un film explosif et audacieux qu’on ne s’attendait pas à autant apprécier. Rien de nouveau sous le soleil cependant avec cette production puisque nous avons là le trope de la romance présumée impossible entre deux jeunes gens qui s’aiment mais qui ne le savent pas encore. Encore une fois, bien hardi est celui qui exige une oeuvre absolument originale depuis son intrigue jusqu’à sa réalisation, puisque ce qui nous intéresse au final est le traitement de l’intrigue, le jeu d’acteur et d’autres paradigmes dont la somme fait un bon film. Avec les personnages d’Isi et Ossi présentés comme aux antipodes l’un de l’autre, Netflix nous promet une histoire dont l’enjeu principal sera de dépasser ces obstacles pour confirmer le classique « les opposés s’attirent ». En ce sens, le film use des méthodes habituelles du genre pour nous happer, nous bousculer parfois et surtout, nous vendre du rêve. Et force est de constater que cela fonctionne, tout du moins si l’on dispose d’un coeur d’artichaut et que les redites ne nous font pas peur.

Pour rappeler l’intrigue, Isi (Lisa Vicari) et Ossi (Dennis Mojen) sont issus de deux classes sociales différentes. Isi, fille d’un milliardaire, vient de Heidelberg, ville située sur les rives du Neckar, au sud-ouest de l’Allemagne et connue pour son atmosphère paisible et agréable. La jeune fille ne connaît rien de la précarité ni de la difficulté de vivre par ses propres moyens mais nourrit le rêve secret de devenir cheffe à l’étranger, rêve qui ne plaît pas à ses parents. Ossi, quant à lui, vit dans un quartier populaire de Manheim où la pauvreté sévit durement. Le jeune garçon travaille comme il peut pour aider à subvenir aux besoins de sa mère, lourdement endettée. Isi est loin d’être brillante dans les études, au grand dam de sa mère. Son désir de devenir cheffe lui cause bien des tracas puisque ses parents menacent de lui couper les vivres. Ossi, lui, s’entraîne en parallèle de son travail pour se lancer dans les combats de boxe, mais lorsque son sponsor le lâche, tous ses rêves s’effondrent.

 

Isi, foncièrement contre le projet que sa mère élabore pour elle, quitte le giron familial, se trouve un job dans un fast-food et commence le long processus d’économie de l’argent. Mais elle ne compte pas en rester là et prévoit de déclencher l’ire familiale dans la foulée en se dénichant un petit copain en tout point différent de ce que ses parents espèrent et, peut-être, exiger d’eux qu’ils rouvrent les vannes de l’argent en échange de son renoncement à cet amour. Vous l’aurez compris, c’est là qu’intervient Ossi. Quand Isi le voit pour la première fois, Ossi est en pleine altercation, ce qui confirme le choix de la jeune fille : ce sera le bad-boy qui ruinera l’honneur de sa famille, du moins c’est ce qu’elle espère. Alors Isi s’empresse de proposer à Ossi un petit arrangement : s’il accepte de jouer le rôle de son faux petit ami, elle jouera le rôle de sponsor pour ses futurs rencontres sportives et le supportera lui ainsi que sa mère financièrement. Ossi est évidemment loin de se douter qu’Isi n’a plus de rentrée d’argent : en effet, il a été trompé par le compte Instagram de la jeune fille où elle y fait étalage de sa richesse. Pourtant, cette idylle née des pires sentiments va peu à peu évoluer en quelque chose de beau, sincère et désintéressé.

Dans un autre ordre d’idées, les personnages secondaires ont eux aussi la part belle dans cette petite comédie assez ubuesque. Côté Isi, vous trouverez des parents tiraillés entre l’argent et l’argent, une meilleure amie influenceuse à ses heures et qui dispense des paroles étrangement sensées à la cantonade, des défilés de Tesla, des défilés de BMW et des défilés de Jaguars, entre autres. Côté Ossi, vous ferez la connaissance de la mère excentrique et quelque peu brute de décoffrage avec qui il vit dans un petit appartement humide, un meilleur ami aux plans pour le moins bien douteux (pour ne pas dire autre chose) ainsi qu’un grand-père fraîchement sorti de prison et bien décidé à se lancer dans le rap. Finalement, une fois couchés sur le papier, ces deux mondes ne semblent pas si opposés, en cela que la constante semble être l’exagération des traits. Le spectateur ne se demande pas si Isi et Ossi vont finir ensemble, mais plutôt comment. Les deux personnages font montre d’une sincérité parfois déconcertante et leur méfiance à l’égard l’un de l’autre se mue peu à peu en défiance à l’égard des autres et de la société.

Isi est interprétée par Lisa Vicari que vous connaissez certainement pour son rôle de Martha Nielsen dans la série Dark, aussi disponible sur Netflix et dont la saison 3 est sortie récemment. La jeune actrice est excellente dans son rôle, nous dépeignant un personnage à la fois campé dans ses certitudes et désespérément incapable de s’en détacher pour son propre bien. Ossi est quant à lui incarné par Dennis Mujen dont la performance est non moins louable. L’innocence, somme toute assez paradoxale, du jeune Ossi, est parfaitement rendue à l’écran et on se prend de tendresse pour ce garçon pétri de bonnes intentions dont il ne sait pas toujours quoi faire. La dynamique Vicari/Mojen fonctionne à merveille et l’harmonie de ce duo vient parfaire une atmosphère oscillant entre comédie et drame, comme une délicate navigation entre les deux permise par les deux interprètes. Nous sommes impatients de voir comment la réunion des deux se fera, dans quelle apothéose elle prendra forme. Enfin, Isi et Ossi est à mi-chemin entre la comédie brute et la romance pure et donc, loin de la mauvaise rom-com. Un film à voir pour tout amateur de comédie romantique sans prétention.

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94s kid. Je vis d’art, d’astres et d’eau fraîche. Je suis, semble-t-il, attachée à la littérature, aux séries et aux langues (entre autres choses tout aussi folles). Je combats les caprices des mots sur le champ des idées coincées sur la langue. Je peux faire d’une série un long film de quatorze heures et la traduction, c’est sacré !
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