Les Contes du Seum - Destins en banlieue

17/08/2020

Titre : Les Contes du Seum

Auteur : Paul Séré

Editions : Cherche Midi

Prix : 17,00€

Parution : 11 juin 2020

Nombre de pages : 160 pages

Genre : Contemporain, nouvelles

Résumé : " Avoir le seum " : être énervé, en colère, agacé ou dégoûté.
Une légende du braquage, tombée dans le coma après une mauvaise chute dans une usine de carboglace, se réveille trente ans plus tard au cœur de la cité de Belaire, où les codes ont bien changé.
Une star du foot ruinée revient dans cette même cité, contrainte et forcée de vivre chez ses parents.
Et puis, il y a aussi ceux qui croient avoir une idée de génie : livrer plus de 300 kg de cannabis au milieu des tours en se faisant passer pour des policiers... Sauf que la livraison se déroule pendant une nuit d'émeutes.
Sans oublier le pitbull qui rêve d'obtenir le prix Goncourt.
Tout ce joyeux petit monde se croise dans la cité du Seum.
Quoi de plus relaxant que d'observer des gens galérer alors qu'on est posé à lire tranquillement dans son canapé ?

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Il y a une énergie débordante qui ressort des 130 pages des Contes du Seum. C’est cette volonté dans le style d’écriture de Paul Séré qui illumine grandement la lecture, parvenant aussi bien à gérer ses récits plus humoristiques que dramatiques. Sa façon de croquer ses protagonistes avec un cœur énorme apporte beaucoup de sensibilité à ses différents récits, tout aussi bien liés par le contexte géographique d’une banlieue que par une galerie de personnages hauts en couleurs dans leur développement par rapport à celle-ci.

Que ce soit ce Pitbull, ce braqueur revenu d’entre les morts ou cet employé de Macdonald qui tente le coup du siècle, une amertume se dessine grandement, celle de se voir empêchés d’être qui ils souhaitent, par tant de raisons mais surtout par la nature sociale de la Banlieue. Le décor des histoires de Paul Séré devient alors un personnage à part entière par sa nature vivante, en ébullition ou faussement calme, mais explosant d’une vivacité qu’on l’entendrait presque respirer durant notre lecture. Jamais l’auteur ne juge qui que ce soit ou ne se moque de ses héros, malgré la nature plus drôle de certains des récits. Bien au contraire, il cherche à illustrer le mal-être de chacun avec une écriture souvent acerbe mais jamais trop grinçante pour son propre bien.

Il y aurait encore à dire sur « Les Contes du Seum » tant le livre de Paul Séré surprend par sa gravité d’arrière-plan, l’ironie de destins tous brisés de façon différente mais pourtant si joliment dessinés que l’on en reste pantois par sa conclusion ou que l’on sourit de certains instants. C’est typiquement le genre de publication que l’on souhaiterait bien plus longue tant il s’avère plus que réjouissant et que l’on se plaira grandement à relire encore et encore à l’avenir.

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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