Monos - La moiteur de la jungle

19/08/2020

Titre : Monos

Réalisateur : Alejandro Landes

Avec : Julianne Nicholson, Moises Arias, Sofia Buenaventura, ...

Genre : Drame psychologique

Durée : 1h43

Nationalité : Colombie, Allemagne, Argentine, ...

Sortie : 4 mars 2020

Résumé : Dans ce qui ressemble à un camp de vacances isolé au sommet des montagnes colombiennes, des adolescents, tous armés, sont en réalité chargés de veiller à ce que Doctora, une otage américaine, reste en vie. Mais quand ils tuent accidentellement la vache prêtée par les paysans du coin, et que l'armée régulière se rapproche, l'heure n'est plus au jeu mais à la fuite dans la jungle...

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Dire que Monos est un film déroutant est certes un cliché mais permet quand même de d’appréhender un peu le long-métrage d’Alejandro Landes. En effet, ce n’est pas une œuvre des plus faciles et elle risque largement de déplaire selon vos attentes. Il s’en dégage en effet quelque chose de magnétique par la nature sensorielle de l’œuvre et la représentation de ses personnages. Ce sont tous des adolescents qui pensent être adultes en jouant à la guerre. C’est pourtant cette violence qui va finir par les détruire, les confrontant à la réalité des faits avec une certaine cruauté accompagnée d’une forte amertume par ce déclin que connaîtront nos protagonistes.

Peu de choses sont certaines dans le film. On pense ainsi à la situation temporelle de l’histoire, laissée dans une forme de flou pour marquer les événements de façon intemporelle. En effet, comment placer un marqueur sur un calendrier étant donné la nature permanente de la guerre et de l’autodestruction qu’elle alimente dans le cœur de chaque individu ? On pense aussi bien à Apocalypse Now et Sa majesté des mouches mais cela n’empêche pas Monos de se distancier de la référence simple et de se créer sa propre personnalité, notamment par le biais d’une photographie des plus hypnotisantes et de prestations d’acteurs d’une puissance ardente. On pense ainsi à Moises Arias, à la force incandescente telle qu’elle brûle le métrage entier.

En clair, il est difficile de résumer « Monos » tant il s’en dégage quelque chose qui bat à l’écran, rendant le second long-métrage d’Alejandro Landes difficile à définir entièrement. C’est pourtant ce qui le rend aussi réussi et unique en son genre, jouant entre autres de l’allégorie, du conte et du mythe tout en regorgeant d’une certaine brutalité, fruit d’un chaos deshumanisant amenant à une annihilation interne des plus remarquables. Vous voulez éviter les titres facilement marketables et préférez des œuvres qui vous laisseront en constante réflexion par leur plastique des plus superbes enveloppant un scénario qui ne se laisse pas facilement appréhender ? Alors vous vous devez de foncer sur « Monos », sans conteste un des films les plus intéressants de l’année.

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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