Outback - Fuite en avant

16/08/2020

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Titre : Outback

Auteur : Kenneth Cook

Editions : J'ai lu

Prix : 7,40€

Parution : 3 juin 2020

Nombre de pages : 283 pages

Genre : Thriller, littérature étrangère

Résumé : Johnson est un homme traqué. En tuant un policier, il est devenu l'ennemi public numéro un, pourchassé par la police australienne sous le regard avide des journalistes. Davidson, reporter à la télévision, couvre avec intérêt cette course-poursuite. Tout les sépare, mais leurs destins vont se jouer dans les plaines sauvages de l'outback. Dans ce roman noir d'une chasse à l'homme, le grand Kenneth Cook mêle avec justesse les trajectoires d'un idéaliste et d'un hors-la-loi dans un monde sans pitié.

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Il y a quelque chose de très sec dans l'écriture de Kenneth Cook qui frappe dès les premières pages. On rentre ainsi directement dans l'action en quelques mots et on se retrouve plongé dans cette chasse à l'homme violente. Pas de temps perdu en élucubrations diverses, on court et jamais on ne s'arrête réellement, même quand on laisse Johnson pour suivre Davidson. Si le premier est en effet traqué par tout le monde dans la région, le second court tout autant, à la poursuite de ce scoop ambulant, cette opportunité immanquable.

Tandis que l'un cherche à s'échapper dans une ligne droite constante en rêvant d'une échappatoire, l'autre joue sur des allers-retours avec le studio, notamment par les rappels des contraintes de ses employeurs. Leurs structures narratives s'avèrent ainsi opposées à première vue, mais finalement complémentaires dans la façon dont leurs destins se tissent, de façon aussi simple que directe. Ce dernier mot parvient d'ailleurs très bien à résumer le style littéraire de Kenneth Cook. La façon dont il fait résonner les chemins de vie respectifs de ses deux protagonistes principaux s'avère limpide et surtout passionnante dans cette manière d'être dans une course perpétuelle vers une issue que l'on peut douter d'être libératoire.

En ce sens, on sent une noirceur permanente poindre dans l'intrigue, celle d'un destin à la fin inéluctable et d'un autre qui regarde le tout avec une certaine fascination. Bien qu'on soit loin d'un Jake Gyllenhaal dans l'excellent « Nightcall », on établit un portrait de journaliste en témoin plus ou moins éloigné de l'action et fasciné par celle-ci, tout en cherchant à s'établir dans la ligne éditoriale de son média. Le rapport amené avec un regard supérieur pensant plus à la publicité entourant les reportages que leur contenu, informatif ou sensationnel, reste ainsi en arrière-plan d'une intrigue où l'argent dirige nos deux protagonistes principaux avec plus ou moins de recul mais avec la même force écrasante.

Vous avez sûrement déjà dû connaître de ces romans qui, une fois entamés, ne peuvent pas être lâchés tant leur intérêt reste toujours aussi fort jusqu'à ce que l'on tourne la dernière page, le souffle presque coupé. C'est clairement le cas de cet « Outback », roman abrupt et brutal au rythme de course constant grâce à la plume de Kenneth Cook.

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