« Sleep on the floor » des Lumineers

21/08/2020

Il y a une leçon de vie que l’on apprend malheureusement bien trop tard : nous ne sommes jamais prêts à perdre quelqu’un que l’on aime. Rien ne nous prépare à la mort et aux bouleversements émotionnels qui marquent le deuil. Chacun agira de façon différente face au décès d’une personne qui nous est chère. Certains vont se plonger dans le travail pour ignorer leur souffrance. D’autres vont se laisser totalement aller comme s’ils flottaient sur une rivière sans volonté d’en sortir. L’héroïne du clip des Lumineers se retrouve quant à elle confrontée à un choix : celui de rester coincée dans la douleur de la perte ou de partir vers une aventure aux imprévus aussi multiples que réjouissants par leur inconnu. Si le choix se fait vite comprendre par une idée de mise en scène assez simple, il faut reconnaître que le doute face à cette question est compréhensible, surtout pour toute personne confrontée à ce genre de circonstances.

La confrontation des deux solutions se fait par des idées de mise en scène certes simples mais non moins dénuées de sens. Le début amène une gamme de plans fixes, concentrés essentiellement sur le visage des personnages et les renfermant face à leurs craintes, surtout celles de son héroïne. Le mouvement n’apparaît que lors de cette fuite vers l’inconnu, ses promesses et ses mystères. La musique s’entame dès lors et se coordonne avec les images qui nous sont données, tout aussi fugaces que des morcellements de souvenirs éparpillés dans notre mémoire.

Dès cette course vers l’extérieur se dessinent donc des instants remplis de plus de vie, libérés du figé imposé par le deuil. Les sourires se dessinent, les corps se rapprochent, la lumière devient moins terne et prend en couleur et en chaleur pour rappeler cette beauté qu’est le fait de vivre en laissant la douleur derrière soi. Cela ne sonne pas comme un manque de respect pour la personne perdue mais comme un besoin essentiel sous peine de se laisser abandonner au chagrin jusqu’au point de non-retour. Chacune de ces quelques images prend alors une forme de poésie subtile, aidées par l’abandon face à la fatalité et une route vers l’avant sans aucune conséquence pour nous alourdir dans nos décisions. C’est la vie qui se rappelle… jusqu’à la conclusion, des plus maussades par l’espoir généré avant.

En quelques minutes, le clip des Lumineers parvient à nous toucher par cet appel vers l’ailleurs et ce besoin d’aller de l’avant et de vivre. La mort arrivera de toute façon et l’on ne pourra jamais l’empêcher de prendre les personnes importantes pour nous avant que notre tour ne vienne. Il est donc des plus essentiels que l’on se mette à profiter et vivre, quitte à se confronter à l’inconnu ou à prendre des routes que l’on n’a jamais auparavant imaginé choisir. Qu’importe avec qui, qu’importe comment, qu’importe où mais c’est à nous de vivre pour les personnes qui ne peuvent plus.

Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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