Lovecraft Country - Plongée en territoire monstrueux.

03/09/2020

Titre : Lovecraft Country

Auteur : Matt Ruff

Editions : 10x18

Prix : 7,99€

Parution : 19 mars 2020

Nombre de pages : 480 pages

Genre : Fantastique

Résumé : Chicago, 1954. Quand son père, Montrose, est porté disparu, Atticus, jeune vétéran de la guerre de Corée, s'embarque dans une traversée des États-Unis aux côtés de son oncle George, grand amateur de science-fiction, et d'une amie d'enfance. Pour ce groupe de citoyens noirs, il est déjà risqué de prendre la route. Mais des dangers plus terribles les attendent dans le Massachusetts, au manoir du terrible M. Braithwhite... Les trois comparses retrouvent en effet Montrose enchaîné, près d'être sacrifié par une secte esclavagiste qui communique avec des monstres venus d'un autre monde pour persécuter les Noirs. C'est la première de leurs péripéties... Dans l'Amérique ségrégationniste, Atticus et ses proches vont vivre des aventures effrayantes et échevelées, peuplées de créatures fantastiques et d'humains racistes non moins effroyables.

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Dire que le fantastique, quel que soit le médium utilisé, aura permis à certains auteurs de parler de notre monde par un biais autre semble une évidence telle que l’on ne peut imaginer le nombre de gens qui se seront frappé le visage devant une telle évidence. Et pourtant, ce rappel est des plus importants quand on ouvre le roman de Matt Ruff, jouant sur l’ambiguïté entre amour des classiques du genre et menaces bien ancrées dans notre société.

On ne peut parler de racisme de jadis tant l’actualité aura su prouver à quel point les écarts sociaux sont loin d’être résorbés, bien au contraire. Matt Ruff joue dès lors de ce point pour instiller une horreur multiforme au sein d’une intrigue faussement délinéarisée. L’intrigue part ainsi sur de multiples récits, jouant sur diverses formes d’horreur et de fantastique avec un plaisir aussi réjouissant que redescendu dans l’amusement par son ancrage raciste toujours actuel. La manière dont sont traitées certaines menaces se révèle dès lors passionnante dans ce qu’elles font ressortir de schémas tellement institués que les remettre en question ne peut qu’amener à une longue réflexion sur la manière d’établir une égalité totale par le biais d’une nature irréelle ne faisant que soulever une nouvelle fois la différenciation qui continue à s’établir de nos jours.

Dès lors, « Lovecraft Country » est une lecture aussi plaisante dans sa gestion de postulats de nouvelles fantastiques que leur traitement dans un contexte social et historique, tellement chargée qu’elle reste toujours contemporaine. C’est typiquement le genre de roman dont on tourne les pages avec une certaine avidité au vu de son traitement narratif qu’avec peine face à ce qui est remué avec une brutalité nécessaire au vu de l’actualité.

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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