Troop Zero – Un pour scouts, scouts pour un !

25/09/2020

Titre : Troop Zero

Réalisateur : Bert & Bertie

Avec : Mckenna Grace, Viola Davis, Allison Janney, Jim Gaffigan, Charlie Shotwell, Milan Ray, Johanna Colon, Bella Higginbotham, Mike Epps, ...

Genre : Comédie, drame

Durée : 1h34

Nationalité : Américain

Sortie : 16 janvier 2020 (Amazon Prime Video)

Résumé : En 1977, une jeune fille marginale habitant en Georgie rêve de quitter sa campagne. Quand un concours lui offre la chance d'enregistrer une chanson, elle monte un groupe de fortune. Une grande amitié va alors naître entre les nouvelles partenaires.

De manière générale, le cinéma sert d’exutoire afin de s’évader du quotidien et parfois un long-métrage parvient à vous faire retomber en enfance en offrant une vision de la vie à travers les yeux d’un enfant. Généralement le schéma y est classique voire enfantin, et tant mieux car cela permet de déconnecter et d’y trouver une légèreté plaisante. C’est ce que fait Troop Zero. Réalisé par le duo féminin Bert & Bertie (Katie Ellwood et Amber Templemore-Finlayson de leurs vrais noms), le film disponible sur Amazon Prime Video met en vedette une troupe de jeunes scouts atypiques menée par la géniale Mckenna Grace (déjà vue en version enfant des personnages principaux dans les films I, Tonya et Captain Marvel) et valorisée par la présence de la grande Viola Davis et d’Allison Janney. L’histoire tant divertissante que chaleureuse d’une outsider, mais avant tout d’une grande rêveuse.

L’histoire prend place en Géorgie, au sud des Etats-Unis, en 1977. Elle suit Christmas Flint (Mckenna Grace), une jeune fille excentrique qui vit avec son père (Jim Gaffigan) dans la ville fictive de Wiggly. Christmas n’est pas très populaire, affublée de la réputation de faire pipi au lit par ses camarades, même si elle jure le contraire. Elle passe ainsi la plus grande partie de ses journées en compagnie de son voisin tout aussi extravagant qu’elle et unique ami, Joseph (Charlie Shotwell), passionné de mode, de coiffure et surtout de David Bowie. Sa seconde comparse, en revanche, ne semble pas nécessairement partager son amitié, et pour cause, il s’agit de Rayleen (Viola Davis), fumeuse compulsive et l’unique employée du cabinet d’avocat morose du père de Christmas.

Christmas est animée d’une vive passion pour les étoiles, qu’elle partageait avec sa mère décédée, alors lorsqu’elle apprend que la NASA s’apprête à lancer dans l’espace une capsule temporelle avec un enregistrement audio telle une « bouteille à la mer interstellaire » destinée à toute forme d’intelligence dans l’univers, elle y voit une opportunité de communiquer avec sa regrettée mère -elle est sûre que celle-ci continue de vivre dans ce vaste espace- et doit pour cela absolument trouver un moyen d’y participer. Et ça tombe bien, puisque dans le cadre de ce programme, les scouts de Birdie organisent un concours de talents dont les gagnants pourront participer à l’enregistrement audio. Il lui suffit d’être membre d’une troupe de scouts.

Cependant, après avoir été vivement rejetée par la troupe de scouts locale, elle comprend rapidement qu’elle devra faire les choses par elle-même et décide alors de former sa propre troupe. Pour cela elle recrute les autres « losers » de la ville. Le premier membre de celle-ci est son ami Joseph (le guide des Birdies qu’elle a pu consulter ne limitant pas l’accès qu’aux filles), ensuite il y a Hell-No Price (Milan Ray), brute épaisse dont Christmas fut par le passé la victime, Smash, une fillette qui s’exprime en détruisant les objets, et enfin Anne-Claire, une jeune borgne timide, guidée par sa foi. Pour manager ce groupe marginal hétéroclite, Christmas insiste pour recruter comme « maman » de leur troupe, Rayleen, loin d’être enthousiasmée par le job, se plaignant de ne pas du tout s’entendre avec les petites filles. Sous la houlette de cette dernière, la troupe doit enchaîner les activités et autres missions afin de remporter un maximum de badges en vue de se légitimer pour pouvoir participer au concours de talents. Une route qui s’annonce particulièrement funambulesque avec une telle troupe.

McKenna Grace est remarquable, glissée dans le rôle principal de cette comédie, son énergie pétillante est contagieuse. Elle incarne avec vivacité l’enthousiasmante fillette, dont les ambitions n’ont -littéralement- d’égal que le ciel. Bien que la vie n’ait déjà pas été très tendre avec elle à son jeune âge, Christmas ne baisse pas les bras et continue de rêver et personne ne pourra l’en empêcher. Une fillette tant attendrissante qu’inspirante. Toutefois, le reste du casting d’enfants qui l’entoure est tout aussi admirable, leur tendre alchimie de groupe et les beaux messages qui s’en dégagent apportent au long-métrage ses principaux atouts.

Les autres atouts majeurs de ce film se trouvent dans les présences de l’incroyable Viola Davis et de sa co-star de La Couleur des Sentiments, Allison Janney, interprétant ici la directrice de l’école avec qui le personnage de Davis semble avoir une histoire commune. Leur présence valorise indéniablement la comédie. Viola Davis trouve le juste équilibre dans son interprétation de la chaperonne inattendue de ce groupe de scouts atypiques ; d’abord réticente et grognon, elle est peu à peu apprivoisée par ces apprentis scouts pour qui elle fait office de figure maternelle, tout particulièrement pour Christmas. Rayleen est une femme compatissante incarnant d’une certaine manière une voix rationnelle pour ces enfants qu’elle ne traite jamais réellement de la sorte.

La photographie adoptée par Jim Whitaker, présentant un monde aux teintes majoritairement jaunes et brunes (clin d’œil à la patte d’autres célèbres cinéastes), est tout à fait judicieuse et convie une atmosphère singulière au long-métrage. Les décors devant représenter le sud des Etats-Unis sont ceux de la Louisiane, où le film a été en grande partie tourné. Ainsi, l’esthétique de la comédie se couple ici habilement au ton supposé être enfantin. En effet, dans ce monde tout est censé paraître enfantin, un monde qu’il nous est donné de voir à travers des yeux d’enfants en quelque sorte.

Le duo de réalisatrices Bert & Bertie reprend des éléments classiques des films d’outsiders (élites privilégiées vs classe ouvrière qui doit batailler pour réussir) ou même du scoutisme, y insufflant un ton singulier à travers ses thèmes et messages. Lucy Alibar apporte à son scénario une certaine touche de modernité. En effet, par exemple la présence de Joseph dans une troupe de scouts habituellement exclusivement féminine n’est jamais réellement remise en cause par le film dans sa manière d’aborder le sujet, ou encore le fait que le poste de « mère » de la troupe n’est ici pas toujours tenu par une femme. Des éléments traités en arrière-plan certes, mais qui apportent un tant soit peu de fraîcheur. De plus, les amitiés de l’enfance sont traitées avec autant de comédie que de subtilité.

Par ailleurs, les messages qui en ressortent sont habituels pour un film sur des enfants/outsiders mais n’en restent pas moins beaux et inspirants. D’abord, il est important de rêver, de croire en ses rêves, de se battre pour les réaliser quelle qu’en soit l’issue finale et surtout de ne pas se décourager et croire en ses propres capacités, ensuite il est essentiel d’être tolérant vis-à-vis des autres, ne pas se fier à une première impression ou à une réputation. Car quel que soit le résultat du concours pour ces jeunes scouts, ce sont les nouvelles amitiés tissées à cette occasion qui sont déjà une victoire en soi.

En conclusion, Troop Zero est une comédie familiale tout aussi charmante que son héroïne principale. Celle-ci est à la fois une histoire à propos de la découverte de soi, de l’amitié, mais aussi une ode à la différence à travers son héroïne unique en son genre et ses compagnons tout aussi attachants. Le film ne fait rien d’extraordinaire, ne réinvente rien et ne sort pas réellement des attentes mais est porté par son cœur et sa bienveillance. Un plaisir simple, léger et amusant, avec de beaux messages. Un film pour les grands et les petits qui saura vous faire replonger en enfance et pour lequel il ne faut s’attendre qu’à passer un agréable moment, rempli de légèreté. Et ça, ça ne fait jamais de mal !

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Bercée par la magie de Disney, j’aime me perdre à imaginer et créer de belles histoires. Je passe le plus clair de mon temps libre assise dans une salle de cinéma et l’actu ciné suffit à égayer ma petite journée.
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