Une famille sur le ring - Un rêve familial

09/09/2020

Titre : Une famille sur le ring (V.O : Fighting with My Family)

Réalisateur : Stephen Merchant

Avec : Florence Pugh, Jack Lowden, Lena Headey, Nick Frost, Vince Vaughn, Dwayne Johnson

Genre : Biopic, drame, comédie

Durée : 1h49

Nationalité : Britannique, Américain

Sortie : 2019

Résumé : Ricky, ancien gangster, Julia, Paige et Zak font partis d'une famille de catcheurs. Les enfants, Paige et Zak, s'inscrivent dans un concours de WWE. Bien que talentueux, les deux jeunes gens vont devoir se battre, au sens propre comme au figuré, afin de devenir des stars de cette pratique.

Depuis la fin des années 2000, le genre du biopic a connu un réel regain au cinéma, et chaque année ce sont des dizaines de films de ce genre qui voient le jour. De manière générale, les biopics s’attardent sur des destins extraordinaires : allant de figures historiques incontournables, à de simples personnes ayant connu une destinée hors du commun, en passant par de célèbres chanteurs, acteurs et tant d’autres parcours de vie tout aussi passionnants. Dans son cas, Une famille sur le ring, écrit et réalisé par Stephen Merchant, grande pointure de la comédie anglaise qui s’est inspiré d’une histoire vraie, raconte le parcours tant inspirant qu’exceptionnel de Paige, une catcheuse anglaise issue d’une famille de catcheurs hauts en couleurs, dont la remarquable destinée la conduira directement à la WWE (World Wrestling Entertainment). La recette parfaite pour un biopic. Une histoire de famille qui ne s’adresse pas uniquement aux fans de catch, bien au contraire. Pour un film pour lequel il n’y avait aucune attente particulière, Une famille sur le ring s’avère être une belle surprise et d’un charme inattendu, porté notamment par la performance de Florence Pugh. Le récit sincère et touchant d’un rêve familial.

Pour son film, Stephen Merchant s’est inspiré de l’histoire vraie de la famille Knight, déjà racontée en 2012 dans le documentaire The Wrestlers : Fighting with My Family. Ainsi, Une famille sur le ring présente cette famille, dont tous les membres sont des catcheurs professionnels, à la tête de sa propre organisation indépendante britannique de catch à Norwich dans le comté de Norfolk en Angleterre. Le père de famille, Ricky (Nick Frost) ex-gangster et sa femme Julia (Lena Headey) alias « Sweet Saraya » sur le ring, partagent une vive passion pour le catch : « certaines personnes trouvent la religion, mais nous, nous avons trouvé le catch », expliquent-ils. Une passion qu’ils ont transmis à leurs deux enfants, Zak (Jack Lowden) et Saraya (Florence Pugh). Lorsque ces derniers sont invités aux auditions à Londres de la WWE, la plus grande entreprise de catch au monde, c’est le rêve de toute la famille qui semble alors plus proche que jamais de se réaliser. A cette occasion, ils croisent le chemin de Dwayne « The Rock » Johnson –incarnant son propre rôle-, déjà la réalisation d’un rêve en soit pour ces deux fans de catch. Toutefois les choses ne se passent pas comme escomptées et à l’issue des essais, bien qu’ils aient tous deux donné le meilleur d’eux-mêmes devant Hutch (Vince Vaughn), le chasseur de talents de la WWE, seule Saraya -qui se fait désormais appeler « Paige » sur le ring- est retenue pour la prochaine étape à la NXT, le centre d’entrainement de l’entreprise de catch. Elle est désormais le dernier espoir de toute une famille. Mais pour cette nouvelle étape, Paige devra affronter seule, l’intense et exigeant monde du catch.

Si le choix de Stephen Merchant, en charge du scénario et de la réalisation, peut paraître être un choix étonnant au premier abord -le créateur de The Office avec son acolyte Ricky Gervais étant plutôt un adepte des comédies britanniques acides-, il surprend avec ce biopic d’une efficacité stupéfiante. Recruté par Dwyane Johnson, également producteur du projet, Merchant apporte de la nuance au schéma classique de l’outsider en chemin vers la gloire internationale, superposant judicieusement à l’ascension de Paige, des aspects plus personnels au personnage tels que le lien familial notamment fraternel, la peur de ne pas être à la hauteur ou tout simplement de ne pas rentrer dans un moule précis. Les personnages et leurs parcours respectifs dégagent une sincérité rare pour le genre. De plus, Merchant démontre ici une fois de plus son talent pour la comédie en apportant une dose certaine d’humour, véritable moteur du film, notamment à travers des dialogues finement pensés. Cependant, l’humour est allié ici à un aspect plus émotionnel auquel on ne s’attendait pas forcément de la part de cette comédie. Les enjeux y sont multiples pour cette famille soudée dont la relation est mise à rude épreuve.

Le film s’intéresse en grande partie à la relation entre Paige et son frère, traitée de manière empathique par le scénario et portée à l’écran par un duo d’acteurs époustouflants qui capturent avec justesse les émotions de leurs personnages. Le lien si particulier qui unit ces deux êtres est en réalité le véritable cœur de celui-ci. Tous deux poursuivent le même rêve d’intégrer un jour la célèbre WWE, mais lorsque leurs chemins prennent une direction opposée, leur lien se fissure. Face aux doutes personnels les prenant chacun en tenaille, il se révèle difficile pour ces deux personnes, connaissant tout de l’une de l’autre et habituellement toujours présentes pour l’une et l’autre, de maintenir l’équilibre de leur relation. Stephen Merchant dépeint la compléxité de cette relation avec une authenticité remarquable, retranscrivant avec subtilité à l’écran la déception, la jalousie, la solitude auxquelles font face ces personnages. C’est probablement cela l’une des plus grandes réussites du long métrage : présenter des personnages, certes à la destinée extraordinaire, mais à l’humanité palpable, sublimée par les interprétations de Florence Pugh et Jack Lowden.

Glissé dans la peau de Zak, Jack Lowden interprète avec finesse, la difficulté de rester fort face à l’échec, quand la porte de son rêve se referme juste devant son nez. Le frère de Paige se révèle être d’une complexité émotionnelle inattendue tant son parcours est retranscrit avec sincérité : sa désillusion de ne pouvoir réaliser son rêve et transcender sa place au sein de la classe ouvrière anglaise, son dur retour à la réalité mais aussi la jalousie intérieure qu’il ressent face à la réussite de sa sœur lorsque son propre avenir demeure incertain. Cependant, c’est la performance de Florence Pugh (vu dans The Young Lady, Midsommar ou plus récemment Les Filles du Docteur March) qui se démarque indéniablement du reste. D’un talent absolument bluffant, l’actrice délivre une performance complète que cela soit sur le plan émotionnel ou physique sur le ring. C’est elle qui mène totalement le film avec son énergie. La comédienne y démontre une nouvelle fois son incroyable polyvalence et c’est avec brio qu’elle représente le poids de la solitude, de l’isolement, et de l’incertitude qui pèse sur les épaules de la jeune catcheuse. En effet, c’est seule que l’audacieuse Paige doit se dépasser pour réaliser le rêve de toute sa famille au sein d’un milieu extrêmement intense et compétitif qui la fera se remettre en question plus d’une fois.

Le film trouve sa justesse dans sa manière d’aborder le récit, en montrant les deux côtés de l’histoire. En effet, bien que manifestement cette histoire soit celle de Paige, le film s’attarde également sur le ressenti de Zak. Un choix très judicieux conviant au long-métrage un côté réellement touchant.

Le reste du cating est tout aussi convaincant, exposant des personnages secondaires tant drôles qu’attachants, avec leurs parcours respectifs. Nick Frost est absolument hilarant dans le rôle du patriarche de cette famille peu ordinaire, à la personnalité aussi détonnante que celle de son épouse incarnée par Lena Headey ; tous deux font échos à tous les passionnés qui n’ont jamais réussi à concrétiser leurs rêves mais continuent d’être animés d’une vive passion pour ce sport. Le scénario prend le temps de développer réellement chaque membre de la famille et leurs conditions, tout en laissant une large place à l’humour. Vince Vaughn, quant à lui, use de son talent comique dans le rôle du coach de la WWE, personnage aux insultes particulièrement épiques, représentant la dure réalité du chemin à suivre pour connaitre le succès dans cette industrie. Enfin, Dwayne Johnson n’apparait que briêvement mais permet d’apporter davantage de réalisme, un moyen de voir la WWE de l’intérieur, ou du moins du dévouement total qu’un tel objectif sollicite. Ces personnages secondaires ne sont ainsi pas juste présents afin de combler l’espace mais ettoffent réellement l’histoire.

La pertinence de l’histoire est due en grande partie à l’écriture, très fraîche de Stephent Merchant qui dépeint une dynamique familiale à la fois drôle et unique. Il déjoue habilement la caricature qui aurait pu s’installer en s’intéressant notamment aux personnages en profondeur et non seulement en surface, puisqu’il n’hésite pas à montrer la part d’ombre de ces outsiders, ne rendant le film que davantage honnête. Au final le long-métrage a bien plus de choses à dire que l’on ne pouvait l’imaginer venant d’une production de la WWE elle-même, c’est d’abord une histoire de famille avant d’être une histoire de catch. Celui-ci approfondi réellement la relation entre frères et sœurs, l’amitié mais aussi les idées de savoir dépasser ses préjugés et croire en ses capacités. Des thèmes certes classiques mais traités ici avec sincérité. Quant à sa présivibilité du fait de son statut de successtory, elle n’entrave en rien son avancéee.

En conclusion, Une famille sur le ring est un film tout à fait surprenant. Celui-ci fait surtout énorément du bien. L’histoire d’une successtory familiale, à la fois drôle, touchante, inspirante et divertissante C’est simple et pourtant terriblement efficace. D’une authenticité et justesse inattendues, ce rêve familial de gloire inspire à croire en soi et se battre pour ses rêves. L’adaptation à l’écran très réussie d’un parcours unique.

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Bercée par la magie de Disney, j’aime me perdre à imaginer et créer de belles histoires. Je passe le plus clair de mon temps libre assise dans une salle de cinéma et l’actu ciné suffit à égayer ma petite journée.
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