Zombillénium

11/09/2020

Titre : Zombillénium

Réalisateur : Arthur de Pins & Alexis Ducord

Avec : Emmanuel Curtil, Kelly Marot, Alexis Tomassian, ...

Genre : Animation, comédie

Durée : 1h18

Nationalité : Français

Sortie : 18 octobre 2017

Résumé : Dans le parc d’attractions d’épouvante Zombillénium, les monstres ont le blues. Non seulement, zombies, vampires, loups garous et autres démons sont de vrais monstres dont l’âme appartient au Diable à jamais, mais en plus ils sont fatigués de leur job, fatigués de devoir divertir des humains consuméristes, voyeuristes et égoïstes, bref, fatigués de la vie de bureau en général, surtout quand celle-ci est partie pour durer une éternité... Jusqu'à l'arrivée d'Hector, un humain, contrôleur des normes de sécurité, déterminé à fermer l’établissement. Francis, le Vampire qui dirige le Parc, n’a pas le choix : il doit le mordre pour préserver leur secret. Muté en drôle de monstre, séparé de sa fille Lucie, et coincé dans le parc, Hector broie du noir... Et si il devenait finalement la nouvelle attraction phare de Zombillénium ?

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On ne vantera jamais assez les mérites du cinéma d’animation francophone, souvent pétri d’idées aptes à développer de nombreuses merveilles scénaristiques et/ou visuelles. L’histoire du cinéma français comporte assez d’exemples d’excellents films d’animation pour que l’on se mette à citer des titres en particulier mais on peut reconnaître que « Zombillénium » en fait partie. En effet, Arthur De Pins parvient avec Alexis Ducord à adapter sa bande dessinée avec un brio certain.

L’intrigue est à priori déjà vue et suit son tracé avec une certaine linéarité mais cela nous permet de découvrir les lieux de l’intrigue en même temps qu’Hector. Il nous permet d’adopter un regard d’humain sur cet endroit célébrant la différence tout en étant lui-même touché par des oppositions entre créatures. De quoi permettre de tacler un peu la mode du vampire en s’inquiétant sur une uniformisation de représentation fantastique afin de toucher un plus large public. Le tout est, sans mauvais jeu de mots, mordant par cette manière, sans s’arrêter là.

Ainsi, Zombillénium joue de son ancrage social et économique pour se permettre de jeter un œil acerbe mais également triste sur l’industrie du divertissement tout en évitant de jouer le jeu du simple capital. On y parle syndicats et enjeux financiers par rapport à un besoin de rentabilité qui influe évidemment la façon dont on cherche à distraire l’audience, avec plus ou moins de qualité mais surtout un besoin pécuniaire omniprésent. Le film se permet même de reprendre « Les Corons » dans une scène assez chargée pour que cet usage surprenne mais fonctionne parfaitement.

Bien évidemment, il y a derrière tout cela un spectacle qui fonctionne sur toutes les audiences par de multiples lectures telles que celles citées plus haut. L’animation permet de donner vie aux images de la bande dessinée avec un style propre qui permet de lui rajouter en personnalité propre. La mise en scène est dynamique et rend le résultat final des plus prenants, le tout avec une intelligence à tous les niveaux qui pousse à vouloir s’y replonger.

« Zombillénium » est en effet un excellent film d’animation que l’on vous conseille largement de (re)découvrir pour ses multiples idées et richesses thématiques visuelles. Arthur De Pins passe l’épreuve de l’adaptation avec autant de talent que celui qui rend sa bande dessinée aussi réussie. Bref, de quoi rajouter sur les contre exemples du sempiternel (et toujours aussi faux) « Le cinéma français est mauvais/c’est toujours la même chose » …

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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