Capone : une triste fin

15/10/2020

Titre : Capone

Réalisateur : Josh Trank

Avec : Tom Hardy, Linda Cardellini, Matt Dillon, ...

Genre : Drame, biopic

Durée : 1h45

Nationalité : États-Unis

Sortie : Octobre 2020 en édition physique

Résumé : Autrefois maître de Chicago, le redoutable Al Capone est assigné à résidence après 10 ans passés derrière les barreaux. Pour protéger sa fortune, il aurait dissimulé des millions de dollars avant son arrestation dans un lieu connu de lui seul et tous veulent s’en emparer. Même affaibli par la maladie, Al Capone est prêt à tout pour protéger les siens… et son argent.

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Dire que Josh Trank a disparu des radars constituerait un énorme euphémisme. Celui qui s’était révélé aux yeux du grand public avec l’excellent Chronicle a subi un énorme revers en la personne de son « Fantastic Four », devenu (injustement) l’un des films les plus détestés de la geekosphère. Le voir revenir sur les derniers jours d’Al Capone semblait donc une décision intéressante, malgré les retours négatifs entourant son troisième long-métrage.

Le générique ne se cache d’ailleurs pas des intentions du film, avec ses nombreuses statues à l’éclat de plus en plus marqué. C’en est fini de la gloire d’antan immortalisée dans des matériaux survivants au temps, comme la pierre ou l’art en général. Al Capone n’est plus qu’un homme mourant, contemplant ses œuvres dans le jardin comme d’autres regardent des photos en espérant y retrouver leur éclat passé. C’est d’ailleurs une expérience douloureuse que de regarder ce film tant rien n’est fait pour le rendre appréciable, à commencer par la prestation de Tom Hardy dans le rôle-titre. On pourrait parler de courage dans sa façon de participer à la chute iconique du célèbre criminel, délirant, se faisant dessus et se retrouvant dans un état tel qu’il en est lamentable.

Mais on sent que Josh Trank se plaît à descendre Capone, mitrailler cet homme mourant en le faisant se perdre dans ses délires. Ce sont d’ailleurs ses scènes d’hallucinations qui s’avèrent les plus esthétiquement chargées, comme si ces relents d’avant dégageaient un charme par l’impossibilité de les rattraper, tout en n’ignorant pas la violence entourant le personnage. C’est d’ailleurs ce tiraillement dans le traitement du personnage, avec notamment cette tournure en ridicule qui divisera, qui rend le film passionnant.

Si « Capone » s’étire peut-être un peu trop, c’est pour rendre encore moins aimable la vision de la fin d’un criminel qui aura marqué les années par son nom glorieux. Josh Trank joue alors à salir ce dernier pour mieux le remettre en question avec un cynisme qui ne nous déplaît pas. Pas étonnant dès lors que le film divise tant « Capone » est une œuvre admirable par son autodestruction permanente. Espérons que cela permettra à son réalisateur de revenir un peu plus au devant de la scène…

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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