American Horror Story Murder House : American Ghosts

16/11/2020

Titre : American Horror Story Murder House

Créée par : Ryan Murphy

Avec : Dylan McDermott, Taissa Farmiga, Evan Peters, ...

Format : 12 épisodes d'une heure

Diffusion : 2011

Genre : Drame, horreur, fantastique

Résumé : La famille Harmon, composée d’un psychiatre pervers, de sa femme meurtrie et de leur fille dépressive, s’installe dans un manoir hanté à Los Angeles, après l’adultère du père et la fausse couche de la mère. Les esprits rôdent et sont bien décidés à les torturer afin de les confronter à leurs plus grandes peurs.

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Au fur et à mesure des années, Ryan Murphy se sera imposé comme une figure importante de la télévision américaine, notamment par son écriture résolument acide dans toutes ses fictions. C’est bien simple : il suffit de prononcer son nom pour que toute personne ayant vu ses shows puisse s’imaginer sa patte personnelle. Dès lors, il était intéressant à l’époque de le voir s’attaquer avec American Horror Story à une série de genre au moment où celui-ci allait revenir sur les petits écrans du monde entier. Et ce que l’on peut dire avec cette première saison, c’est que le résultat est plus que passionnant.

Il est facile de deviner l’une des cibles principales de cette salve au vu des personnages au cœur de celle-ci, la famille Harmon. La structure socialement établie se voit déjà éclatée à son arrivée, marquée par la tromperie, les rancœurs et les difficultés financières. Pas besoin d’être voyant pour raccrocher leurs problèmes pécuniaires à la crise encore béante de 2008 mais celle-ci n’est qu’un des nombreux désastres illustrés par ces 12 épisodes. En effet, nous sommes dans une illustration directe d’une Amérique qui veut se reconstruire mais se retrouve écrasée encore et encore par des ébranlements multiples qui ne font qu’effriter le mode de vie du pays.

En juxtaposant les destins horribles de ses ectoplasmes à celui de la famille typique de l’Amérique, Ryan Murphy illustre un mal-être national qui se répercute à travers les époques, comme si cette maudite maison était le catharsis d’une contrée marquée par une violence perpétuellement cyclique. L’acidité qui découle de l’écriture et certains aspects pouvant être vus comme provocants ne font dès lors que rappeler ces espoirs perpétuellement détruits par la façon d’être du pays. Avoir ancré l’histoire à Los Angeles n’en est alors que plus pertinent, la ville étant connue pour sa misère alliée au clinquant, dans un style qui rappelle d’ailleurs le « L. A. Story » de James Frey.

Dès lors, difficile de ne pas être intéressé par l’un des membres de la Murder House, ne serait-ce que par sa variété et tout ce qui est charrié derrière comme le male gaze avec Moira ou une forme de violence intériorisée pour mieux exploser avec Tate. Ce qui parvient à perpétuer la fascination de départ, c’est l’émotion qui parvient à s’insérer dans certaines relations pour mieux faire mal lors de la destruction future de chacun. Les acteurs parviennent à conserver cette tonalité fine entre grinçant mais humain, à la manière des prestations plus remarquées (à juste titre) de Jessica Lange et Evan Peters.

Ce qui parvient à relier chacun des personnages avec justesse, c’est leur quête commune vers un bonheur inaccessible, comme si la façon dont la société les (mal)traite pour différentes raisons rend toute recherche de bien-être impossible. Cela explose à plusieurs reprises, notamment lors d’une dernière scène annonciatrice en catastrophe. La mort devient alors un refuge, comme si être détaché du matériel permettait de mieux se recentrer sur soi, avec la promesse d’une éternité pour pouvoir s’accomplir. Le constat général s’avère doux-amer mais exploité sur une richesse thématique foisonnante à souhait (sans doute pour une analyse plus en détail sur de nombreux aspects).

Pour l’heure, presque dix ans après sa diffusion, la première saison d’American Horror Story, « Muder House », procure toujours autant de plaisir en mêlant pur drama, horreur graphique, drame humain et attaque acide envers toute l’Amérique. Cette « Murder House » se révèle dès lors aussi riche en fantômes qu’en réflexions. Libre à vous d’y pénétrer, à vos risques et périls…

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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