L'espace d'un an : une douce épopée spatiale

18/11/2020

Titre : L'espace d'un an

Auteur : Becky Chambers

Editions : J'ai Lu

Prix : 8,90 €

Parution : 9 septembre 2020

Nombre de pages : 600 pages

Genre : Science-fiction

Résumé : Rosemary, jeune ressortissante humaine de la planète Mars, est engagée en tant que greffière à bord du vaisseau spatial Le Voyageur. Mais ce dernier n'est pas un vaisseau comme les autres : en effet, il s'agit d'un tunnelier censé creuser des passages dans l'espace afin de relier deux endroits éloignés de la galaxie. La jeune femme devra apprendre à vivre dans l'espace en compagnie d'un équipage multiracial lancé dans une mission pour le moins compliquée.

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En matière de science-fiction, il est assez difficile de concevoir une intrigue bien ficelée sans qu’il ne s’y passe grand-chose d’un point de vue narratif. C’est pourtant le cas avec l’Espace d’un an, premier volet des Voyageurs, série de trois tomes (le quatrième est censé sortir courant 2021). Chaque tome est indépendant l’un de l’autre mais l’intrigue se déroule dans le même univers avec des personnages aux destins croisés.

Dans l’espace d’un an, Becky Chambers nous offre un space-opéra au rythme délibérément lent où une importance considérable est accordée aux personnages et à leurs émotions. Pour le dire très clairement, le suspense n’est jamais à son comble parce que l’intérêt est ailleurs. L’impression nous est donnée que l’on a voulu avant tout créer des personnages distincts aux préoccupations bien précises, une manière d’aborder tous les enjeux des relations humaines avec comme trame de fond l’espace et ses possibilités.

Il se dégage de ce texte un désir de bienveillance, que certains pourront juger un peu trop important, mais qui n’en est pas moins constitutif de l’œuvre. Avec chaque personnage se pose une question d’ordre éthique et c’est sur cette unique base que semble se poursuivre l’intrigue. Rosemary, le personnage principal, intègre un vaisseau de forage, un « tunnelier » qui est censé creuser l’espace et relier différents points de la galaxie. C’est une métaphore à peine voilée du rôle de cet équipage qui est de créer des liens quasi symboliques entre différentes espèces mais aussi entre eux en dépit de leurs différences (de races, de genres et de sexes). Bien évidemment, il y aura quelques péripéties à surmonter, guère plus que des contretemps, qui mettront en péril l’espace d’un instant la vie de cet équipage particulier. Mais encore une fois, une certaine morale se dégage de chaque action, ce qui peut très vite verser dans le manichéisme, dont on soupçonne l’autrice de vouloir se détacher à tout pris en nuançant certains personnages et certains événements.

En somme, L’Espace d’un an est un space-opera qui se veut bienveillant, bienveillant pour le lecteur et pour les personnages. Qu’il s’agisse des personnages attachants ou de l’humour instillé avec beaucoup de générosité, on ressort de cette lecture avec apaisement. Sont également abordées des préoccupations très actuelles et le decorum spatial finit par être une cerise sur le gâteau lorsque l’on n’est pas contre un peu de tendresse. Cependant, si vous êtes amateurs de hard science-fiction, si vous désirez lire quelque chose d’explosif, qui vous secoue par ses rebondissements, passez votre chemin et embarquez dans un autre vaisseau car le Voyageur navigue en paix.

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94s kid. Je vis d’art, d’astres et d’eau fraîche. Je suis, semble-t-il, attachée à la littérature, aux séries et aux langues (entre autres choses tout aussi folles). Je combats les caprices des mots sur le champ des idées coincées sur la langue. Je peux faire d’une série un long film de quatorze heures et la traduction, c’est sacré !
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