Le dernier cerveau disponible d'Alexandre Feraga

28/12/2020

Titre : Le dernier cerveau disponible

Auteur : Alexandre Feraga

Editions : J'ai Lu

Prix : 7,40 euros

Parution : Novembre 2020

Nombre de pages : 320 pages

Genre : Drame

Résumé : Sauvagement agressé en pleine rue, un homme atterrit dans la vitrine d'un salon de coiffure. Sous la violence des coups, il perd la mémoire et la parole. Impossible de savoir qui il est, d'autant plus que personne, étrangement, n'a signalé sa disparition. Mais alors : qui voudra bien s'occuper de ce grand blessé sans mémoire et sans famille ? C'est Harold, le propriétaire du salon de coiffure, qui finit par accepter de l'accueillir chez lui. Avec sa femme, Philomène, Daniel, un chauffeur de taxi, et le terrible professeur Strumstick, ils vont, chacun à leur manière, lui réapprendre à vivre, alors que le lieutenant Phorminx cherche inlassablement à percer le mystère de son identité. À l'heure où bon nombre d'individus veulent devenir quelqu'un, à tout prix, notre inconnu, lui, sera un héros anonyme. Il sera le "cerveau disponible", la page blanche sur laquelle chacun projette et réécrit une part de son histoire, dans l'espoir de se révéler à soi-même.

Aborder « Le dernier cerveau disponible », c’est s’interroger sur comment prendre le roman. En effet, on se questionne souvent sur quel pied le roman d’Alexandre Feraga danse. On a l’impression de passer du drame au burlesque en passant par l’investigation sans que cela ne semble réellement structuré. Mais là se joue la certaine réussite du livre, faisant relier les genres par le sort de cet anonyme amnésique, faisant ressortir les doutes de chacun de ces protagonistes satellites, héros normaux du quotidien.

Certains aspects risquent de sembler too much, à la façon des recherches du professeur Strumstick qui résonnent de façon peu subtile avec les recherches marketing d’entreprises qui veulent toujours toucher tout public susceptible de consommer. L’enquête derrière l’identité du personnage passe aussi vers une orientation qui ne fait que surligner la vacuité de pareille recherche, allant jusqu’à une forme d’absurde qui risque de diviser. Néanmoins, on se laisse prendre par ces portraits qui rebondissent les uns sur les autres suite à un seul événement dramatique.

« Le dernier cerveau disponible » parvient alors à bien fonctionner dans ce qu’il propose et s’avère des plus réussis dans certaines choses amenées par ses personnages, notamment la peur de recréer un même cycle de masculinité toxique ou la quête de place de certains avec la peur de s’enfermer dans le quotidien. En allant dans plusieurs directions à la fois, Alexandre Feraga ne se perd pas trop et parvient à nous partager une œuvre au style propre à défaut de pouvoir satisfaire tout le monde.

Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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