Le pôle express : un conte de Noël

24/12/2020

Titre : Le pôle express 

Réalisateur : Robert Zemeckis

Avec : Tom Hanks, Leslie Harter Zemeckis, Eddie Deezen, ...

Genre : Conte

Durée : 1h39

Nationalité : États-Unis

Sortie : 2004

Résumé : Un jeune garçon qui se met à douter de l'existence du père Noël monte dans un train mystérieux en partance pour le pôle Nord. A mesure que le Pôle Express s'enfonce dans des contrées enchantées, l'aventure est au rendez-vous et les jeunes passagers prennent conscience de l'étendue de leurs dons.

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Nous sommes en 2004, cinq ans avant qu’« Avatar » ne bouleverse le cinéma par son utilisation de la Performance Capture, et un autre grand réalisateur américain se lance dans le défi de cette technique. Son nom ? Robert Zemeckis, metteur en scène culte de la trilogie « Retour vers le Futur » et de « Qui veut la peau de Roger Rabbit ? ». Et si ses trois essais dans le domaine auront connu des retours assez violents, le passage du temps leur a permis d’être plus justement réhabilités, à l’instar de ce premier essai, « Le Pôle Express ».

Il faut bien avouer qu’à première vue, le long-métrage risque de rebuter par ses graphismes ayant pris un gros coup de vieux. Le rendu des visages est très lisse et renvoie à la « Vallée Dérangeante » (« Uncanney Valley » en version originale), cette expression désignant une volonté d’approcher le réalisme humain mais dont le résultat dérange par son échec. Néanmoins, il faut rappeler que nous sommes en 2004 et que la prouesse d’époque est intéressante, à défaut d’être totalement accomplie, tout en reposant sur une technologie qui était alors en pleine expérimentation.

Ce qui n’a pas vieilli par contre, c’est la qualité de la mise en scène offerte par Robert Zemeckis. Il parvient ainsi à traiter ses gros morceaux avec une ampleur d’enfant, rêveries de jeunesse qui prennent vie à l’écran par un sens de la réalisation généralement excitant. On repense ainsi à la scène du Chocolat Chaud, pouvant paraître pleinement gratuite mais dont le sens du rythme et du mouvement fonctionne, notamment par son traitement de sa géographie (avec laquelle joue d’ailleurs le réalisateur, par exemple avec un plan sous les pieds des serveurs). Ce traitement de l’image parvient à rendre pleinement excitant ce conte de Noël.

Car avant de s’adresser directement à l’œuvre culte de Charles Dickens, Zemeckis se réapproprie les possibilités de tournage de la Performance Capture pour tenter de réveiller l’adulte dans le cœur des enfants. La multi-présence de Tom Hanks trouve alors une jolie signification sur le besoin de continuer à croire au merveilleux, et ce malgré le poids des années. Il est d’ailleurs amusant de voir que le créateur de Roger Rabbit a su allier le réalisme de mouvements humains aux perspectives de l’animation. Cela permet de créer un passionnant jeu de miroir entre fiction/réalité et enfance/adulte qui explose par le pouvoir de la croyance, peut-être naïve mais essentielle pour ne pas s’enfermer dans des carcans étouffants.

La force de conviction qui illumine l’écran s’avère alors autant celle de l’Enfant voulant croire au merveilleux que celle d’un Zemeckis confiant dans une technologie révolutionnaire. Il arrive alors à rendre pertinent cet usage dans ce « Pôle Express », merveille de conte qui éblouit toujours autant par sa réflexion sur l’usage de son médium pour mieux amener à une foi en la fiction. On se réjouit de voir que l’œuvre a su se maintenir comme un jalon passionnant dans l’usage de sa technologie tout en offrant un délicieux conte de fin d’année, aux parfums réjouissants de l’enfance telle une saveur de chocolat bien chaud…

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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