Stoner de John Williams

10/12/2020

Titre : Stoner

Auteur : John Williams

Editions : J'ai Lu

Prix : 7,90 €

Parution : 7 octobre 2020

Nombre de pages : 384 pages

Genre : Drame

Résumé : Fils de paysan, William Stoner débarque à l'université du Missouri en 1910 pour y étudier l'agronomie. Délaissant ses cours de traitement des sols, il découvre les auteurs, la poésie et décide de se vouer à la littérature, quitte à décevoir les siens. Devenu professeur alors que la Première Guerre mondiale éclate, cet homme solitaire et droit traversera le siècle et les tumultes de sa vie personnelle avec la confiance de celui qui a depuis longtemps trouvé son refuge : les livres

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Toute vie est une aventure. Certaines personnes rouleront des yeux devant une telle phrase mais cela n’empêche pas que c’est un fait : notre existence, qu’elle soit positive ou négative, aussi minuscule peut-elle représenter sur l’échelle de notre monde, constitue un chemin de route pavé de péripéties et dont la beauté rayonne par sa singularité. Voilà donc qui explique la réussite déchirante par sa modestie et son amertume permanente que représente le roman de John Williams, dans cette édition traduite par Anna Gavalda. Son introduction du roman aurait dû nous mettre la puce à l’oreille mais rien ne nous préparait à un tel choc émotionnel.

Pourtant, le mot « choc » n’est pas des plus corrects pour réellement désigner le sentiment palpable traversant les 380 pages de la vie de William Stoner, du moins au début. Le style de Williams se fait plus discret, cherchant au mieux à nous faire suivre cette existence au drame si banal, avec pourtant un vrai sens de réflexion pour mieux nous frapper où cela fait mal, comme s’il amenait un miroir au reflet peu distingué par son manque d’impact sur l’Histoire. Car si William Stoner traverse celle-ci, en particulier les deux guerres mondiales, c’est de loin, comme un témoin passif de sa propre existence, se laissant lentement mais sûrement dériver vers une fin qui réunit tout le monde.

Le choc, c’est celui que l’on ressent à la fermeture des pages de ce « Stoner », nous laissant dans un désarroi le plus total. La vague à l’âme qui nous submerge après avoir terminé ce roman nous frappe si fortement que l’on en perd toute direction sentimentale, nous remettant à zéro à tous les niveaux et nous confrontant mieux à notre situation actuelle. Il vaut mieux être prêt à entamer une telle lecture car elle nous confronte à une violence des plus sournoises qu’elle est insidieuse : la crainte d’une vie d’une tristesse absolue, morne réalité au drame si quotidien qu’il ne peut être que déchirant. L’émotion nous étreint et « Stoner » nous vide en nous abandonnant face à notre propre destin…

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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