Antebellum : le racisme de l'Amérique à travers les âges.

15/01/2021

Titre : Antebellum

Réalisateur : Gerard Bush et Christopher Renz

Avec : Janelle Monáe, Jena Malone, Kiersey Clemons, ...

Genre : Thriller

Durée : 1h46

Nationalité : États-Unis

Sortie : Septembre 2020

Résumé : L'auteure à succès, Veronica Henley, se retrouve piégée dans un monde effroyable dont elle doit percer le mystère avant qu'il ne soit trop tard.

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On aura beau se mettre des œillères, essayer de regarder dans l’autre direction, les faits sont là : le racisme est toujours aussi omniprésent et destructeur. Il est donc essentiel de rappeler cela, notamment par le biais d’œuvres culturelles faisant résonner la douleur sourde qui remplit nos actualités. « Antebellum » est bien évidemment de ces titres et il arrive à intriguer assez, même si sa forme narrative joue en sa défaveur.

La suite de cette critique revenant sur des points centraux du film, nous vous recommandons de le regarder avant de passer à la suite de cette lecture.

Gerard Bush et Christopher Renz ont en effet traité de l’autocentrisme du pays par le biais d’un retour au passé, à la façon d’un des classiques du cinéma de Shyamalan, « Le Village ». Si la carte de la comparaison joue en leur défaveur, il faut bien admettre que ce choix s’avère pertinent par cette résonnance entre les deux films. Ceux-ci en effet illustrent comment les craintes extérieures du pays mènent à un enfermement moral, et ce à deux moments où l’idéologie politique des États-Unis s’avère des plus marquées par sa nature rétrograde.

On en regrette alors que, malgré une direction artistique de qualité et quelques beaux plans, le film n’arrive pas à porter mieux visuellement une histoire jouant d’une forme éclatée pour masquer un twist pourtant brûlé par la promotion. Le tout perd alors en impact dans son message, malgré une volonté que l’on sent forte de justement aborder le problème de front tout en jouant avec ses promesses. C’est tout autant dommage que l’implication de Janelle Monáe dans le rôle principal est indéniable et aurait dû être mise au service de quelque chose de plus solide au vu de ce qu’il parvient à balancer dans notre face. Quand un film montre de façon aussi brutale la perpétuation d’un passé esclavagiste en rappelant à quel point certains s’enferment dans une telle vision passéiste, cela reste un avertissement face aux violences qui continuent encore de revenir et le combat toujours aussi essentiel d’une société égale pour chacun.

Bien que l’on ait des réserves sur une promotion rappelant trop Jordan Peele alors que le film prend d’autres tournures, on aimerait quand même vous pousser à voir « Antebellum » si vous avez besoin d’une piqûre de rappel sur les dangers d’une vision de passé se répétant dans un cycle qu’il faut détruire. On aurait aimé que le film soit mieux ancré d’un point de vue formel mais on a quand même envie de vous laisser la possibilité d’y jeter un œil, notamment rien que pour ce qu’il véhicule d’aussi malheureusement actuel…

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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