La Légende des Quatre #4 - Un tome final très décevant !

08/01/2021

Titre : La Légende des Quatre - Le Clan des Aigles

Auteur : Cassandra O'Donnell

Editions : Flammarion

Prix : 15,00 €

Parution : 2 décembre 2020

Nombre de pages : 429 pages

Genre : Fantasy

Résumé : C'est l'heure de l'affrontement final. Au cœur des cités dévastées, l'ordre est donné de traquer les derniers humains. Mais au milieu des ruines encore fumantes, plusieurs voix s'élèvent dans un but commun : désobéir. En trahissant la parole donnée au Conseil, Maya, Bregan, Nel et Wan deviennent les ennemis de leur communauté. Désormais, ils ne peuvent plus compter que sur eux-mêmes.

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Je vous en avais parlé ici, ou encore là, mais ces dernière années, La Légende des Quatre de Cassandra O’Donnell était vraiment devenu mon petit bonbon de l’automne. Je me réjouissais à chaque nouvelle sortie et j’avais vraiment hâte de retrouver les personnages que j’affectionne tant – y compris dans leurs défauts ! C’est bien simple, alors que certains livres dorment des années dans ma pile à lire, les romans de La Légende des Quatre ont tous été lus dans la semaine où ils sont entrés en ma possession. Un petit péché mignon comme je vous disais…

J’attendais ce dernier tome avec d’autant plus d’impatience qu’il allait clore la série mais surtout qu’il allait se focaliser sur le clan des Aigles, le clan qui m’intrigue le plus depuis le début de la saga, puisque contrairement aux autres clans Yokaïs qui ont embrassé leur animalité et abandonné certaines caractéristiques humaines, les Rapaïs (le clan des Aigles) ont continué à savoir lire et ont conservé des livres du monde d’avant. Car oui, la série de romans se déroule sur Terre, plusieurs siècles dans le futur, après une catastrophe de nature inconnue pour le lecteur. Pour plein de raisons différentes, j’attendais ce tome vraiment très impatiemment et je me préparais à ce qu’il soit mon coup de cœur de cette série !

Autant vous dire que j’ai été plutôt très déçue. Commençons par le commencement : je ne vais pas vous dire que soudain cette série est devenue nulle et que je n’ai pris aucun plaisir à lire ce tome – ce serait faux. Par contre, je trouve que Cassandra O’Donnell avait vraiment travaillé sur nos attentes dans les tomes précédents et comme je vous le disais j’en avais… quelques-unes ! Néanmoins, j’ai été déçue de la résolution de pas mal d’intrigues établies précédemment et je n’ai pas vraiment été satisfaite par la fin proposée par l’autrice. Je vous explique pourquoi sans spoiler !

Tout d’abord – et c’est certainement mon plus gros reproche pour ce tome-ci – ce dernier opus ne suit pas vraiment le clan des Aigles. Je vous l’avais dit, chacun des tomes précédents portait le nom d’un clan Yokaï et le focus était fait sur l’héritier de ce clan, ainsi que sur le fonctionnement du clan et les rapports dynamiques entre les personnages. Dans ce tome cependant, l’intrigue construite depuis le premier volume ainsi que les conflits qui grondent de plus en plus depuis le début de la série prennent beaucoup de place. Nous n’avons donc pas l’occasion de voir le clan des Aigles comme nous avons vu les autres clans Yokaï, dans leurs relations et leur fonctionnement en temps de paix, avec un focus marqué sur les dynamiques relationnelles entre personnages, voire entre clans. Ici, nous avons un aperçu du fonctionnement du clan en cas de crise. C’est forcément moins intéressant puisqu’il n’y a pas de place pour le débat ou pour prendre des pincettes : le problème est là et il s’agit de réagir rapidement. On suit quand même un peu Nel – qui était mon personnage favori de la saga – ce qui m’a quelque peu consolée, mais je n’ai pas pas trouvé toutes les réponses aux questions que je me posais depuis le premier tome, loin de là.

C’est d’ailleurs la deuxième chose qui a un peu pêché selon moi dans ce tome final. Alors que j’attendais des révélations sur l’univers (pourquoi existe-t-il des Yokaïs ? Pourquoi les Rapaïs sont les seuls à posséder encore des livres et à savoir ce qui s’est passé lors de la catastrophe ?), ce tome n’en a apporté aucune. C’est assez dommage parce que je trouvais l’univers original et travaillé mais en fait j’ai l’impression qu’il ne s’agissait que d’un travail de surface. D’un autre côté, il faut bien dire que depuis le début des romans, Cassandra O’Donnell met nettement plus l’accent sur les dynamiques relationnelles entre les personnages que sur l’univers, donc peut-être que mes attentes n’étaient pas vraiment en accord avec le chemin que prenait la série.

Cela dit, les relations entre les personnages m’ont aussi laissé un peu perplexe dans ce tome. Certains enjeux ont été complètement passés à la trappe au profit d’un focus sur le conflit. Il y a notamment dans cette série un triangle amoureux dont j’avais déjà parlé – parce que je trouve qu’il fonctionnait plutôt bien. Pour moi, l’un des aspects qui rend intéressant le triangle amoureux, c’est la réaction de la personne qui n’a pas conquis le cœur du héros ou de l’héroïne lorsqu’il ou elle apprend son échec. Ici, la résolution du triangle amoureux est réglée en une phrase et ne se passe même pas sous les yeux du lecteur, mais « hors champ »… Quelle déception ! Moi qui n’apprécie pas spécialement les triangles amoureux, j’avais vraiment hâte d’avoir le fin mot de celui-ci !

Mais la résolution (ou l’absence de résolution) de cette question n’est finalement qu’un symptôme d’un choix qu’a fait l’autrice dans ce dernier tome : mettre le focus moins sur les personnages principaux que nous suivons depuis le premier tome que sur des personnages secondaires que nous avons déjà croisés, certainement pour donner plus d’ampleur à ce qui se passe dans ce dernier volume, afin de bien montrer que ça ne touche pas que nos quatre héros mais que l’enjeu est bien plus large. C’est un choix que je comprends tout à fait mais que j’aurais préféré que l’autrice fasse sans toutefois sacrifier les personnages principaux que l’on a suivis et appris à aimer depuis le premier tome. Pour ma part j’aurais préféré une formule un peu plus équilibrée, même si le roman devait être plus long.

Enfin, ce qui m’a vraiment dérangé le plus, c’est tout simplement la résolution de la crise à l’œuvre dans ce volume. Cependant, je ne peux pas vous en parler sans spoiler donc si vous n’avez pas encore lu au moins le troisième tome de la saga, je vous conseille de me retrouver après la balise spoilers !

* * * * * SPOILERS * * * * *

Si vous avez lu le tome 3 de la saga, vous le savez, la rébellion des humains est bien amorcée puisqu’ils ont décidé d’en finir avec les Yokaïs qui limitent leur liberté en les forçant à vivre sur des territoires définis. Pire encore, une partie des humains est persuadée que les Yokaïs ne sont que des animaux et qu’ils n’ont pas l’intelligence nécessaire pour élaborer des plans de bataille. La guerre s’annonce donc sanglante.

Alors déjà dans le troisième volume, cette idée que les humains prendraient les Yokaïs pour des animaux avec une intelligence limitée m’avait un peu laissé perplexe dans la mesure où on sait que Yokaïs et humains vont à l’école ensemble dans l’enfance et à l’adolescence. Même si les préjugés peuvent avoir la peau dure, ça me semble un peu tiré par les cheveux que les capitaines militaires élaborent des stratégies persuadées que les Yokaïs ne seront pas en capacité de les comprendre quand tous ont reçu la même éducation – mais passons.

La solution trouvée et adoptée par les Yokaïs pour contrer cette rébellion, ce n’est ni plus ni moins que l’éradication de l’espèce humaine. Je dois dire que j’ai été passablement choquée de cette décision de l’autrice. Même si la fin du quatrième tome adoucit quelque peu cette décision, je ne vois pas vraiment d’un bon œil le message que l’autrice fait passer là. Il y a quand même dans ce roman un peuple qui a un très net ascendant sur l’autre, qui oblige l’autre à vivre dans des territoires spécifiques desquels ils n’ont pas le droit de sortir et quand ce peuple se révolte (bêtement, certes, mais ce n’est pas vraiment la question), la solution proposée (et adoptée unanimement), c’est l’extermination des humains ? Je dois dire que là je ne comprends pas la direction qu’a pris l’autrice. Même si la fin est comme je le disais quelque peu adoucie, je ne suis pas vraiment satisfaite du message (qui finalement reste le même).

Même dans la manière dont l’autrice résout le problème un peu moins violemment (il faut le dire vite), on est encore (et même encore plus qu’avant) dans l’établissement d’une société de dominants et de dominés – ce qui ne me convient pas vraiment. On pourrait dire qu’il s’agit là d’un choix qui correspond à la nature animale des sociétés Yokaïs (nature qui a été mise en valeur depuis le début de la saga), mais même dans ce cas-là il manque un regard neutre sur la situation je trouve. Parce qu’à mon sens, il est facile pour un lecteur jeune qui n’aurait pas forcément de recul sur la situation de se dire que les Yokaïs ont bien agi, ce que je trouve passablement questionnable, voire dangereux !

* * * * * FIN DES SPOILERS * * * * *

Voilà pour ce qui est très nettement mon commentaire le plus long pour l’un des tomes de cette saga, mais j’avais beaucoup de choses à dire. Une fois encore, j’ai plutôt passé un agréable moment de lecture : la plume de Cassandra O’Donnell est très fluide et les pages se tournent quasiment toutes seules. C’est bien plus sur le fond que sur la forme que j’avais – beaucoup – de reproches à faire parce qu’autant la fin de la saga que le message délivré m’ont plutôt déçue ou du moins laissée sur ma faim !

Je suis curieuse de savoir ce que vous avez pensé de ce dernier tome si vous l’avez déjà lu !

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Passionnée de lecture et de cuisine, j’adore voyager main dans la main avec les héros d’un roman. J’ai toujours un livre dans mon sac et mon téléphone à la main. Mon éternel compagnon d’aventure dans toutes mes lectures ? Une grande tasse de thé fumante !
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