Là où nous dansions de Judith Perrignon

25/01/2021

Titre : Là où nous dansions

Auteur : Judith Perrignon

Editions : Rivages

Prix : 20,00 €

Parution : 6 janvier 2021

Nombre de pages : 343 pages

Genre : Drame

Résumé : Detroit, 2013. Ira, flic d'élite, contemple les ruines du Brewster Douglass Project où s'est déroulée son enfance. Tant d'espoirs et de talents avaient germé entre ces murs qu'on démolit. Tout n'est plus que silence sous un ciel où planent les rapaces. Il y a quelques jours, on y a découvert un corps - un de plus.
Pour trouver les coupables, on peut traverser la rue ou remonter le cours de l'Histoire. Quand a débuté le démantèlement de la ville, l'abandon de ses habitants ?

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Une forme d’abattement se ressent rapidement dans la découverte du dernier roman de Judith Perrignon. La sensation est palpable et ne nous lâchera d’ailleurs pas malgré la clôture de notre lecture. En cause, la tragédie de la ville de Détroit, marquée aussi bien par une crise économique dévastatrice que par un racisme bien trop institué. Les années ont beau passer, les destins défiler dans ce cycle d’existence qui nous emporte vite, bien vite, trop vite même, rien ne semble changer. L’histoire de la ville se fait alors dans la souffrance d’une douleur quotidienne trop intériorisée pour qu’un changement conséquent puisse s’opérer.

Le style de Judith Perrignon fait alors prendre vie à ces existences, cœurs battants où l’art de la fiction ne fait que surligner la tragédie d’une réalité que l’on a acceptée comme seule option possible. Les 4 saisons qui coupent l’histoire ne forment alors qu’un même cycle où tout se répète indéfiniment. La grande Histoire se mêle alors à l’intimité des êtres, leurs blessures, leur passé et leurs confrontations à des fléaux toujours aussi dévastateurs dans leur champ d’action. Une rage sourde bouillonne, couplée à une tristesse que rien ne pourra faire disparaître tant elle semble être devenue indissociable, non pas seulement de cette ville ou même d’un pays mais d’un monde qui trouve en Détroit un miroir bien trop révélateur et qu’on tente vainement de dissimuler.

« Là où nous dansions » relève alors d’une forme d’amertume déchirante et qui fait exploser l’ouvrage vers le grand et vivant. Pas de volonté prétentieuse derrière les ambitions de l’histoire, juste une plongée au sein d’histoires dont la nature si insignifiante d’apparence devient essentielle par ce qu’elles reflètent de douloureux. Judith Perrignon nous noie dans nos émotions et l’on sort difficilement indemne de cette lecture. Les brisures de ces êtres sont si profondes et la douleur n’en est que plus forte qu’elle nous laisse dans un état autre une fois arrivé au bout de ces 343 pages.

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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