Les Noces Mécaniques, une grosse déception

23/01/2021

5

Titre : Les Noces Mécaniques

Auteur : Marie Kneib

Editions : Plume Blanche

Prix : 15,00 €

Parution : 1er septembre 2020

Nombre de pages : 288 pages

Genre : Fantasy

Résumé : À Néacity, un lien alchimique unit les couples mariés à vie. Fiancée par amour, Clara n’a rien contre cette règle, mais le jour de ses noces, tout tourne au désastre. Contrainte d’épouser le parfait inconnu qui surgit au milieu de la cérémonie, la voilà mêlée à un complot qui la dépasse.

.

Je vous le dis et vous le redis une à deux fois par an, j’aime le steampunk et je déplore de ne pas en lire assez (la faute à qui me direz-vous à juste titre…). Alors quand je tombe sur un ouvrage avec une belle couverture et un titre qui fait un doux bruit d’engrenages, je ne peux que craquer ! C’est bien ce qui m’est arrivé avec Les Noces Mécaniques : entre le côté un peu architecture gothique du vitrail sur la couverture, le titre que je trouvais extrêmement intrigant et cette petite créature de métal dans un coin… Il semblait y avoir tous les ingrédients pour une lecture parfaitement enthousiasmante ! Autant vous dire que j’ai été très déçue…

Si je ne dirais pas que j’ai passé un mauvais moment durant tout le livre, je dois bien avouer que la première grosse moitié du livre a été excessivement pénible. En temps normal, c’est d’ailleurs un livre que j’aurais abandonné, mais dans la mesure où je le lisais dans le cadre du Prix Littéraire de l’Imaginaire Booktubeursapp j’ai voulu aller jusqu’au bout. Bien m’en a pris puisque j’ai trouvé la deuxième partie plus digeste, cependant elle n’arrive pas selon moi à rattraper la médiocrité des débuts de ce roman.

Tout commençait pourtant de manière originale : une ville qui fonctionne en utilisant une énergie très particulière, celle qui unit deux personnes par les liens du mariage. Ainsi, pour veiller au bon fonctionnement de la ville en permanence, les mariages sont définitifs, sans quoi il n’y aurait plus d’énergie pour faire fonctionner la ville. Personnellement, j’avais trouvé l’idée plutôt positivement farfelue et j’avais hâte de voir ce que l’autrice nous concoctait : remise en question du système ? Mariages arrangés en série pour faire tourner la ville à plein régime ? Je trouvais que ce point de départ offrait pas mal de possibilités pleines de promesses. Mais voilà, dès le début j’ai senti que ça allait être compliqué pour moi quand j’ai pris conscience de la voie qu’avait choisie l’autrice, à savoir mettre en scène un personnage principal pourri gâté, qui pense que tout peut se résoudre par la violence et qui estime que tout lui est dû.

Si vous pensez que je n’apprécie pas le type de personnages faits pour qu’on adore les détester, détrompez-vous. J’aime aussi les personnages en nuances de gris qui sont assez éloignés des clichés classiques et des valeurs parfois un peu trop chevaleresques. Mais dans Les Noces Mécaniques, Clara n’est pas de ceux-là. C’est une jeune femme absolument horripilante que j’ai honnêtement eu du mal à supporter tout au long du récit. Mais à vrai dire, c’est à peu près le cas de tous les personnages du roman. La plupart sont tellement des caricatures d’archétypes que non seulement je n’ai pas réussi à m’attacher à eux, mais en plus les relations interpersonnelles au sein du récit n’avaient aucun sens. Cela dit, la couleur est indiquée dès le départ puisque le roman s’ouvre sur la cérémonie de mariage de Clara avec son promis, son amoureux de longue date qui, s’il ne plaît pas à sa famille, la rendra parfaitement heureuse. Malheureusement, une espèce d’hurluberlu qui se prétend policier se pointe lors de la cérémonie et répond « je le veux » à la question du maire avant que quiconque ait pu dire autre chose. Incroyable mais vrai, le mariage est entériné et Clara se retrouve mariée à un inconnu. Et dès cette scène, tout va déjà mal puisqu’au lieu de se tourner vers son promis qui doit très certainement être dévasté, Clara se lance dans une course poursuite vide de sens. Pire encore, elle est attendue à la sortie de la mairie par l’intégralité de sa famille qui n’a pour elle que des reproches. Pire que tout, au lieu de prendre un quart de seconde pour leur dire que les choses ne sont pas de son fait, Clara fuit simplement la scène à la recherche de son nouveau mari.

À mon sens, la scène d’ouverture du roman est parfaitement représentative de l’intrigue de toute l’histoire. Si elle vous plaît et que vous vous sentez happés, alors n’hésitez pas, il y a de fortes chances que vous passiez un très bon moment avec ce livre. Pour ma part, cette introduction aura été le signe avant coureur de tout ce que je n’ai pas aimé dans l’histoire : le manque d’informations claires sur l’univers (où se côtoient pourtant des calèches, des automates et des jeans-baskets) qui m’a empêché de m’investir dans le monde proposé par l’autrice, les personnages archétypaux et leurs relations interpersonnelles que j’ai trouvées assez superficielles et les incohérences qui en découlent.
Je finirais cependant par un point très positif puisque j’ai adoré la créature d’engrenages que l’on aperçoit sur la couverture et que j’ai trouvé que sa relation avec l’un des personnages était très chouette et plutôt très réaliste !

.

0 I like it
0 I don't like it

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *