Swag d'Elmore Leonard

04/01/2021

Titre : Swag

Auteur : Elmore Leonard

Editions : Rivages

Prix : 18,00 €

Parution : 4 novembre 2020

Nombre de pages : 352 pages

Genre : Drame, thriller

Résumé : Detroit, 1970. La seule façon de réussir un braquage à main armée est de s'y coller. Pas de phase théorique, il faut passer d'emblée à la pratique. C'est ce que se disent Frank et Stick, deux braqueurs à la petite semaine, qui s'en vont commettre des hold-ups dans des supermarchés et des magasins d'alcool. C'est ainsi qu'ils mettent au point leurs "Dix Règles du Parfait Braquage". Mais quand ils commencent à enfreindre leurs propres règles, les ennuis arrivent... 

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Il suffit de quelques pages pour que l’ironie mordante dans le style d’Elmore Leonard transpire des pages de « Swag ». Ce polar s’inscrit dans un contexte financier passionnant plaçant nos personnages dans une Amérique où les gains paraissent bien bas au vu des sommes habituelles dans ce genre de récit mais où la rentabilité s’inscrit justement dans cette solidité basse dans les braquages commis. On trouve alors des moments plus pince-sans-rire permettant de mieux personnifier nos deux braqueurs en plein milieu d’une cité où le Rêve Américain de la richesse ne peut qu’aller de pair avec des larcins pour mieux survivre et surtout subsister.

Dès lors, la façon dont les dialogues claquent avec une maîtrise qui ne sonne jamais factice parvient à conférer une ambiance assez endiablée et perpétuellement ironique. Nos héros sont deux brigands à priori opposés mais complémentaires, notamment dans leur rapport à l’autre qui ne passe que par des clichés réducteurs, et dont l’existence même s’ancre dans la quête de richesse que promeut notre société. Leur façon d’agir va alors se diriger vers un rythme de plus en plus soutenu, où la violence de texte devient violence d’action, jusqu’à une conclusion qui achève bien une forme d’acidité subtilement drôle présente tout au long de la narration.

Inscrivant nos anti-héros comme des figures criminelles souffrant d’erreurs diverses comme une vision étriquée de leur monde bien mise dans l’americana, « Swag » constitue un roman prenant et qui se dévore assez facilement par le bagout stylistique de son auteur. Il ne nous paraît dès lors guère étonnant qu’Elmore Leonard ait tant marqué l’univers des polars, notamment par de nombreuses adaptations, car il y a une verve des plus réjouissantes, sombre dans son humour et qui parvient à mieux retourner un point de vue renfermé envers tout ce qui ne colle pas pour ses protagonistes tout en étant diablement divertissant. Clairement, « Swag » porte bien son nom et se lit avec un grand plaisir.

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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