The Vast of Night : entendre l'inconnu

11/01/2021

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Titre : The Vast of Night

Réalisateur : Andrew Patterson

Avec : Sierra McCormick, Jake Horowitz, Gail Cronauer, ...

Genre : Science-fiction, drame

Durée : 1h31

Nationalité : États-Unis

Sortie : Juillet 2020

Résumé : A la fin des années 1950, au Nouveau-Mexique. Une jeune demoiselle du téléphone, Fay et un animateur radio, Everett découvrent une étrange fréquence comportant des appels interrompus et anonymes et des signaux sonores conduisent Fay et Everett à résoudre l'énigme...

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On a presque tous et toutes appris cette règle de la narration qu'est le « Show, don't tell », une image pouvant avoir plus d'impact sur ce qui est raconté qu'un dialogue. Mais s'il est facile de faire ce genre de remarque actuellement, dans une société où l'on se retrouve perpétuellement bombardé d'images en tous genres, la situation est plus compliquée si l'on aborde une époque pas si révolue comme la fin des années 50. Il faut alors trouver un autre moyen, comme Andrew Patterson avec cet exceptionnel film passé assez inaperçu mais sachant tirer au mieux profit de ses modestes moyens.

Le film prend ainsi place par le biais de deux personnages liés aux technologies de la communication offertes par la radio et la téléphonie avec ce que cela implique de contraintes techniques par rapport à l'époque. C'est de ces restrictions que joue le film, s'obligeant à se diriger vers l'anti spectaculaire pour mieux traiter son mystère par le rapport au son. Cela permet de mieux resserrer les événements sur un regard humain permettant une empathie plus forte amenée par le pouvoir de la narration.

La mise en scène n'est évidemment pas en reste, notamment par quelques mouvements à la fluidité telle tout en ne passant pas pour de l'exubérance visuelle. Cela permet même au mieux de souligner les sentiments de ses personnages, tels ces longs plans passant par de l'oral nécessaires mais évitant d'aller dans la lourdeur. Que du contraire tant tout se conjugue pour un mélange d'émotions entre crainte, curiosité et fascination devant quelque chose qui les dépasse.

En ce sens, le long-métrage invoque énormément derrière sa fausse simplicité, que ce soit en traitant de solitude, de racisme ou de manipulations militaires avec une subtilité qui rend les émotions encore plus à fleur de peau. La douceur de l'interprétation de notre duo principal participe à cette sensibilité qui fait le charme d'une œuvre parlant de tant avec une aisance remarquable. Les dernières images du film font alors exploser ces sentiments pour une conclusion qu'on vous implore de vivre.

« The Vast of Night » constitue en effet un long-métrage passionnant, qui risque de mettre de côté par ses choix de narration, mais dont la splendeur visuelle et thématique fait réveiller des sentiments que d'autres films avec plus de moyens ont essayé de réveiller, en vain. On a hâte de voir ce qu'Andrew Patterson nous promet pour la suite car la surprise provoquée par ce film n'a d'égal que l'émoi dans lequel il nous laisse une fois celui-ci terminé.

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