Lovecraft Country : Monstres du racisme

19/02/2021

Titre : Lovecraft Country 

Créée par : Misha Green

Avec : Jurnee Smollett-Bell, Jonathan Majors, Aunjanue Ellis, ...

Format : 10 épisodes entre 50 minutes et 1 heure

Diffusion : 2020

Genre : Fantastique, drame

Résumé : Dans l'Amérique raciste des années 1950, Atticus Black, un jeune homme de 25 ans, embarque avec son amie Letitia et son oncle George dans un road trip à la recherche de son père disparu. Sur la route, ils rencontrent des monstres fantastiques, ainsi que des monstres bien réels...

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Nous avions écrit il y a quelques temps sur la manière dont l’écriture de Matt Ruff nous avait séduit sur son roman « Lovecraft Country », notamment par sa gestion du fantastique pour mieux réveiller des monstres d’un racisme toujours aussi violent actuellement. Son adaptation en série sur HBO (« Game of Thrones » et « Watchmen » entre autres) ne pouvait que nous intéresser tant les 480 pages portaient des germes de spectacle visuellement chargé. Heureusement, c’est clairement le cas au cours de ces 10 épisodes.

La showrunneuse Misha Green nous emmène à nouveau dans une Amérique au ségrégationnisme marqué, reflet d’un racisme encore présent dans des terres post-Trump. La façon d’inscrire tout un bestiaire en corrélation avec une violence blanche destructrice se retrouve portée à l’écran avec une brutalité qui ne pourra que ravir les fans d’hémoglobine. On remarquera néanmoins une nuance dans celle-ci, n’hésitant pas à aller dans la fureur rougeâtre dans les séquences horrifiques plus fantastiques, tout en développant quelque chose de plus terre à terre quand cette violence s’inscrit dans un réalisme dévastateur.

Commençant par des salves proches de serials et d’histoires plus courtes qui jalonnaient les écrits de Matt Ruff, « Lovecraft Country » développe également une certaine émotion par sa ramification familiale, les blessures de chacun explosant, notamment dans des jeux temporels, pour appuyer l’ampleur de la narration. De quoi conférer une certaine intimité par instants, bien amenée par un casting des plus réussis par une interprétation sur le fil des menaces réelles de l’histoire et le Pulp invoqués par sa gestion du surnaturel.

On pourrait reprocher à certains effets spéciaux de trop vouloir s’ancrer dans de la série B, quitte à perdre en impact, mais ce serait nier la réussite des autres et surtout chipoter un peu sur une série particulièrement plaisante. D’une force dramatique forte et profitant de la variation fantastique de sa source originale, « Lovecraft Country » mérite clairement les louanges qui l’entourent depuis sa sortie. Elle parvient à faire résonner thématiques modernes en réflexion avec des situations ancrées clairement dans la littérature et le cinéma de genre tout en conservant au milieu de ses audaces visuelles un cœur qui bat très fort.

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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