Play : voyage dans son passé

10/02/2021

Titre : Play

Réalisateur : Anthony Marciano

Avec : Max Boublil, Alice Isaaz, Malik Zidi, ...

Genre : Comédie dramatique

Durée : 1h48

Nationalité : France

Sortie : 2020

Résumé : En 1993, Max a 13 ans quand on lui offre sa première caméra. Pendant 25 ans il ne s’arrêtera pas de filmer. La bande de potes, les amours, les succès, les échecs. Des années 90 aux années 2010, c’est le portrait de toute une génération qui se dessine à travers son objectif.

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Il y aurait tant de choses à dire sur notre rapport à l’image, en particulier au vu de l’orientation visuelle prise par certains cinéastes de s’orienter vers une caméra présente dans la diégèse de ce qu’ils racontent. Anthony Marciano fait cela avec « Play », obligeant Max à se confronter aux images de son passé en espérant au mieux construire son futur. Le voyage qui nous est offert trouve donc une justification dans le procédé qu’il parvient même à illustrer à merveille malgré les codes inhérents à celui-ci et les ruptures qu’auraient pu avoir la promesse comique de l’œuvre.

Pourtant, si le film est légitiment drôle, il est également très amer, parlant de regrets par le biais d’un personnage qui n’arrive pas à grandir et conserve sa puérilité par la présence même de la caméra. Son usage fait alors office d’écran, bloquant notre héros à pouvoir assumer ses décisions et exprimer au mieux ses sentiments. L’usage même se fait ici avec beaucoup de tristesse, confrontant souvenirs du passé et présent animé par ces moments que l’on ne pourra jamais rattraper, fixé dans le temps et les souvenirs avant de disparaître, comme pour tout.

La justesse qui en sort nous prend alors à revers tant tout semblait s’orienter vers un résultat plus rigolard à tous les niveaux. « Play » frappe très fort, avec une subtilité qui détonne énormément, surtout confrontée à des moments humoristiques qui auraient pu rendre le tout plus facile. C’est pourtant dans ses moments les plus anodins que le film trouve toute sa puissance émotionnelle, bien aidé par un casting qui arrive à apporter une réalité à sa narration, aussi bien dans ses moments de joie que dans ses moments de tristesse.

Nous nous retrouvons dès lors sans aide face à cette critique pour voir quoi dire de particulier alors que notre vision du film s’est faite dans une douleur assez intime. Alors faisons au plus simple : regardez Play. Anthony Marciano joue de son format pour mieux émouvoir, rendre plus belles les merveilles discrètes du quotidien, nous confronter à nos nombreux remords et regrets et enfin nous laisser en larmes avec l’espoir que l’on pourra enfin devenir la personne que l’on souhaiterait être. On ne vous promet pas que ce voyage se fera sans douleur tant la charge émotionnelle est présente. Néanmoins, les larmes qui coulent rien qu’à repenser au film sont aussi bien teintées de tristesse que de joie, nous poussant à ce que vous fassiez le même trajet à votre tour, en espérant que votre cœur battra aussi fort que le nôtre devant ce bien joli film.

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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