Pour l’amour de Sylvie – Une somptueuse histoire d’amour

17/02/2021

5

Titre : Pour l’amour de Sylvie (VO : Sylvie’s Love)

Réalisateur : Eugene Ashe

Avec : Tessa Thompson, Nnamdi Asomugha, Aja Naomi King, Régé-Jean Page, Eva Longoria, Lance Reddick, Erica Gimpel, Alano Miller, ...

Genre : Romance, drame

Durée : 1h54

Nationalité : Américain

Sortie : 23 décembre 2020 (Amazon Prime Video)

Résumé : Fin des années 1950-début des années 1960. New York. Sylvie rencontre le saxophoniste en herbe, Robert. Ce dernier est employé au sein du magasin de disques du père de son père à Harlem. Après une romance estivale, les deux tourtereaux doivent se quitter. Ils se retrouvent des années plus tard et constatent que les sentiments qu'ils ont l'un pour l'autre n'ont pas changé...

Porté par les splendides Tessa Thompson et Nnamdi Asomugha à l’alchimie envoûtante, Pour l’amour de Sylvie est une merveilleuse histoire d’amour « old fashion ». Son charme rappelle celui des grandes comédies romantiques de l’âge d’or Hollywoodien. Cette somptueuse romance signée Eugene Ashe et produite par Amazon Studios raconte une histoire universelle : celle d’un amour qui se perd puis se retrouve. Une romance ainsi faite de séparations et de retrouvailles inattendues, galvanisée par le glamour des fifties, que ce soit dans les décors, les coiffures ou encore les superbes costumes. Dans un New-York des années 50-60, plus romantique que jamais sur un fond de jazz mélodieux, Pour l'amour de Sylvie se révèle être un véritable délice.

A Harlem, durant l’été 1957, Sylvie (Tessa Thompson) travaille dans le magasin de disques de son père, passant le plus clair de son temps devant la télévision à rêver d’une carrière dans la production audiovisuelle. Robert Halloway (Nnamdi Asomugha), lui, est un jeune saxophoniste de talent qui ne vit que pour le jazz. Chaque soir, il donne des petits concerts avec son groupe promis à un grand avenir. Leurs chemins se croisent le jour où Robert s’approche du comptoir de Sylvie à la recherche du dernier disque de Thelonious Monk. L’attirance est immédiate et réciproque, mais un détail vient compliquer les choses : Sylvie est fiancée. Son fiancé (Alano Miller) est parti en Corée et elle attend patiemment son retour de la guerre. Lorsque Robert accepte de travailler à temps partiel au magasin, leur complicité grandit rapidement autour de leur intérêt commun pour la musique. Mais de cette nouvelle amitié jaillit une réelle passion difficile à réfréner. Leur romance estivale prend fin en même temps que l’été, quand la vie décide de les conduire sur des chemins différents.

Cinq ans plus tard, Sylvie est mariée et a une fille. Elle vient tout juste de décrocher un poste d’assistante d’une productrice dans un studio de télévision, un pas de plus vers le job de ses rêves. Un soir, alors qu’elle attend sa cousine Mona (Aja Naomi King) devant le théâtre pour un spectacle, Sylvie tombe nez à nez avec Robert, tout juste de retour d’une tournée de concerts. Une rencontre fortuite qui les amène à découvrir que si leurs vies ont bien changé, leurs sentiments demeurent toujours aussi intenses. De là, le spectateur se voit embarqué dans le tourbillon des sentiments passionnés de Sylvie et Robert, tout en suivant l’évolution de leurs carrières respectives.

Sylvie est une figure féminine rafraîchissante pour l’époque, illuminée par la brillante performance de Tessa Thompson. Indépendante, ambitieuse, obstinée et résiliente, elle travaille d’arrachepied pour atteindre le job de ses rêves et ne compte en aucun cas être reléguée au statut de femme au foyer. Mais lorsqu’elle rencontre Robert, Sylvie se voit confrontée à un dilemme : doit-elle suivre ses obligations et ce qui est attendu d’elle ou bien suivre son cœur ? Face à la fantastique Tessa Thompson, Nnamdi Asomugha délivre une performance toute aussi convaincante, pleine de douceur, dans la peau de ce passionné au cœur tendre. Dans ce film, l’acteur -qui avant cela a joué pendant onze ans à la NFL avant de prendre sa retraite en 2013- ne se contente pas de jouer le rôle d’un saxophoniste, il joue lui-même de l’instrument. En effet, Nnamdi Asomugha a appris à jouer du saxophone pendant environ un an avant le début du tournage. Un dévouement total qui se ressent dans sa belle performance. Contrairement à Sylvie, Robert est tout en retenue, ses silences et ses regards timides expriment les mots qu’il ne met pas sur ses sentiments. Animé d’une passion enivrante pour le jazz, ce personnage se révèle aussi attachant que touchant, d’autant plus lorsque son parcours professionnel se heurte au déclin de son genre musical de prédilection.

L’alchimie entre Tessa Thompson et Nnamdi Asomugha est éblouissante dès leurs premiers instants ensemble, nous emportant aisément dans la tendre romance passionnée de leurs personnages. S’il est clair dès le début que ces deux-là sont faits l’un pour l’autre, les obstacles ne sont pas moins nombreux à se dresser sur leur chemin. Pourtant l’intensité de leurs sentiments nous indique qu’ils se retrouveront forcément d’une manière ou d’une autre et que leur amour résistera à tous ces obstacles. De ce fait, leurs séparations sont d’autant plus déchirantes mais leurs retrouvailles inattendues d’autant plus touchantes.

Si l'histoire d’amour entre Sylvie et Robert est le fil conducteur, leurs carrières professionnelles respectives et leurs trajectoires opposées (l’une est en pleine ascension, l’autre en plein déclin) ont une place presque tout aussi importante. C’est une des forces du long-métrage d'Eugene Ashe : placer des enjeux extérieurs à la relation des deux personnages principaux mais avec une incidente directe sur celle-ci. Et il est tout aussi plaisant de suivre ces deux passionnés sur la route vers leurs rêves respectifs et les hauts et les bas de celle-ci. Si la trame de leur épanouissement professionnel ne prend jamais le pas sur celle de leur romance, elle y ajoute une saveur agréable avec un brin de modernité.

Par ailleurs, Tessa Thompson et Nnamdi Asomugha sont épaulés par des seconds rôles lumineux loin d’être en reste. Quel plaisir de retrouver Aja Naomi King (How to Get Away with Murder) dans la peau de Mona, cousine et confidente de Sylvie. Mona est un personnage solaire à la transition particulièrement intéressante, passant de jeune fêtarde à militante engagée pour les droits civiques. Régé-Jean Page (alias le Duc d'Hastings dans La Chronique des Bridgerton) incarne quant à lui Chico Sweetney, le batteur avenant au sourire enjôleur du groupe de Robert. Eva Longoria fait également une brève -mais on ne peut plus énergique- apparition dans le rôle de Carmen, la compagne d’un des membres du groupe. Lance Reddick est Herbert, le père de Sylvie, musicien jusqu’à ce que les obligations de la vie ne viennent le rattraper ; désormais son magasin de disques est son dernier lien avec sa passion. Il y a aussi Erica Gimpel en tant que mère de Sylvie et professeur d’étiquette et enfin Alano Miller est Lacy, le mari de Sylvie.

Certains des sujets brûlants de l’époque sont évoqués, à l’image des droits civiques ou encore des droits des femmes, traités respectivement à travers les parcours des inspirantes Mona et Sylvie. En effet, compte tenu du fait que le casting soit majoritairement afro-américain et de la période à laquelle se déroule le récit, on pourrait penser que le contexte historique, marqué par les inégalités raciales, jouerait une grande place. Mais celui-ci est rapidement balayé pour laisser place à un récit optimiste et d’une grande douceur : la tendre histoire d’amour de Sylvie et Robert. A travers cette romance « old fashion » particulièrement glamour, Eugene Ashe rend hommage aux grands classiques hollywoodiens de cette période. Toutefois, si Pour l’amour de Sylvie est empreint d’une certaine nostalgie, il y a également dans son approche une réelle part de modernité. Les enjeux politiques et sociétaux font écho à ceux d’aujourd’hui. Eugene Ashe convie par ce biais une universalité à son œuvre. Et si le récit et la structure demeurent relativement classiques, on trouve dans cette somptueuse romance, une certaine poésie, notamment dans sa façon de dépeindre l’amour unissant ces deux êtres à travers des gestes et des attentions d’une grande subtilité.

Tout est beau dans Pour l’amour de Sylvie. Les décors vintages de Mayne Berke et les fabuleux costumes de Phoenix Mellow nous transportent dans un New York d’un autre temps, splendidement photographié par Declan Quinn. Un drame romantique aussi tendre que glamour, réalisé avec le plus grand soin par Eugene Ashe. Le tout sur des airs de jazz envoûtants.

En conclusion, Pour l’amour de Sylvie est une œuvre pleine de douceur et d’amour. Un régal visuel mêlant une part de contemporanéité à la nostalgie. Eugene Ashe réalise un tendre hommage au jazz et aux romances d’un Hollywood d’antan, tout en adoptant un ton résolument moderne. Porté par un duo principal fantastique à l’alchimie renversante, ce drame romantique trouve toute sa beauté dans sa simplicité. Disponible sur Amazon Prime Video, Pour l’amour de Sylvie saura vous réchauffer le cœur avec sa splendide histoire d’amour à l’ancienne.

.

3 I like it
0 I don't like it

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *