Soul : qu'est-ce qu'on fait avant la mort ?

22/02/2021

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Titre : Soul

Réalisateur : Pete Docter et Kemp Powers

Avec : Omar Sy, Camille Cottin, Ramzy Bedia, ...

Genre : Comédie dramatique

Durée : 1h40

Nationalité : États-Unis

Sortie : Décembre 2020

Résumé : Passionné de jazz et professeur de musique dans un collège, Joe Gardner a enfin l’opportunité de réaliser son rêve : jouer dans le meilleur club de jazz de New York. Mais un malencontreux faux pas le précipite dans le « Grand Avant » – un endroit fantastique où les nouvelles âmes acquièrent leur personnalité, leur caractère et leur spécificité avant d’être envoyées sur Terre. Bien décidé à retrouver sa vie, Joe fait équipe avec 22, une âme espiègle et pleine d’esprit, qui n’a jamais saisi l’intérêt de vivre une vie humaine. En essayant désespérément de montrer à 22 à quel point l’existence est formidable, Joe pourrait bien découvrir les réponses aux questions les plus importantes sur le sens de la vie.

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Tout le monde connaît la place particulière dont dispose Pixar dans le cinéma d'animation grand public. Là où beaucoup enferment celui-ci dans l'enfantin comme si cela constituait un défaut, leurs films résonnent avec une maturité de propos qui dénote. On pense ainsi à la poésie burlesque de l'ouverture de Wall-E ou à la tragédie de celle de Là-Haut. Les promesses derrière Soul étaient donc énormes, autant que les regrets de ne pas pouvoir le voir sur grand écran. C'est peut-être cette absence d'un support physique dépassant aussi bien les êtres que l'imagination qui a manqué pour que le long-métrage puisse surnager de sa polémique de sortie.

Le film en effet surprend beaucoup. Déjà, il le fait par sa nature colorée, moins funèbre que ce qu'on aurait pu attendre. La quête de soi qui se dessine dans le parallèle entre Joe Gardner et 22 se fait dans la lumière, l'effervescence d'une vie qui se trouve célébrée dans ses détails les plus infimes. Ces couleurs qui s'y dessinent parviennent alors à émouvoir autrement par ce qu'elles évoquent de quotidien, de « normal » et pourtant de si beau une fois le temps laissé à leur appréciation. Certes, cela pourra paraître simple, voire simpliste, mais cela participe à la réussite de « Soul », tout en justifiant certaines décisions narratives plus à même de diviser, comme ce body swap en moitié de métrage.

Graphiquement, le long-métrage de Peter Docter s'avère au diapason, pile ce qu'on attend de la part du studio Pixar. Les propositions visuelles sont nombreuses, notamment dans l'au-delà, parvenant à imposer un certain style esthétique. Pourtant, c'est quand il s'ancre dans le « réel » que le film frappe fort, jouant de sa technique proche du concret pour appuyer son propos. Il parvient à nous donner une nouvelle vision de notre univers par ce décalage par l'animation hyper réaliste. On brosse alors un tableau naturaliste, appuyé par une mise en scène qui s'approche d'une de film live dans sa proposition de New York.

Les idées philosophiques se brossent alors avec simplicité mais pertinence, notamment sur l'inénarrable question du sens de notre existence. Ambitieux, le film aborde cela non pas avec grandiloquence mais en les resituant dans le palpable, sans ignorer néanmoins des propositions abstraites et surtout sensibles. En replaçant ses réflexions dans l'idée d'une existence à priori banale, le film émeut, et ce de façon aussi directe que dévastatrice. N'espérez peut-être pas de grandes larmes telles que procurées par la plupart des créations de Pixar mais plutôt une euphorie chaleureuse, de celle dont l'on sous-estime le bien-être.

Alors laissons un peu les polémiques (justifiées) sur le traitement de la sortie du long-métrage et recentrons-nous sur l'essentiel : oui, « Soul » est une réussite, un grand film même serons-nous tentés de dire. Pete Docteur sublime l'anodin et offre une véritable fête sensorielle qui arrive à rassurer tout en gardant ce ton poétique si chargé de questions. Espérons dès lors qu'il sera plus célébré à l'avenir pour ses nombreux trésors plutôt qu'être descendu pour sa façon de subir une situation où l'économique surpasse l'artistique. Ironique au vu du regard développé ici sur la création, en sous-texte d'une ode à la vie merveilleuse.

[caption id="attachment_56857" align="aligncenter" width="700"] In Disney and Pixar’s “Soul,” Joe Gardner (voice of Jamie Foxx) is a middle-school band teacher whose true passion is playing jazz. But one small misstep takes him from the streets of New York City to The Great Before – a fantastical place where new souls get their personalities, quirks and interests before they go to Earth. Globally renowned musician Jon Batiste provides the original jazz compositions and arrangements for the film and Oscar®-winners Trent Reznor and Atticus Ross from Nine Inch Nails compose the score that drifts between the real and soul worlds. “Soul” will debut exclusively on Disney+ (where Disney+ is available) on December 25, 2020. ©2020 Disney/Pixar. All rights reserved.[/caption]

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