Godzilla : de la grandeur de la destruction

24/03/2021

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Titre : Godzilla

Réalisateur : Gareth Edwards

Avec : Aaron Taylor-Johnson, Bryan Cranston, Ken Watanabe, ...

Genre : Science-fiction, drame

Durée : 2h03

Nationalité : États-Unis

Sortie : 2014

Résumé : Le physicien Joseph Brody a perdu sa femme il y a 15 ans quand un incident nucléaire a irradié la région de Tokyo. La thèse officielle parle de tremblement de terre mais le scientifique est sceptique et mène son enquête avec son fils Ford, soldat dans la Navy. En fait de catastrophe naturelle, il s'agit plutôt des dégâts d'une créature gigantesque créée à la suite d'essais nucléaires dans le Pacifique. D'autres monstres menacent l'archipel d'Hawaï et la côte Ouest des Etats-Unis. L'armée est mobilisée et menée par l'Amiral William Stenz. Au même moment, la compagne de Ford, infirmière et jeune maman, gère les blessés dans un hôpital de San Francisco...

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Cela va faire 7 ans que Warner a initié son Monsterverse dans l'optique d'une rencontre épique entre deux monstres sacrés du septième art : Godzilla et King Kong. Il faut bien avouer que l'on oublie souvent cette vision, notamment par les différences visuelles entre les différents films. Pourtant, à l'aube d'un « Godzilla vs Kong » qui devrait être explosif visuellement (en espérant néanmoins une meilleure stabilité narrative que son prédécesseur, « King of the monsters »), il ne faut pas oublier que tout a commencé par un long-métrage en pied de nez des attentes des spectateurs.

En effet, Gareth Edwards opère une même approche de son concept que sur son précédent long-métrage, « Monsters ». En gardant un regard humain et en jouant assez souvent de l'anti spectaculaire, le film frustre. Il est très rare que l'on capte Godzilla entièrement, Edwards préférant aborder son monstre par le biais d'une famille déstructurée par le deuil et les dégâts occasionnés en rapport. Le ton est d'ailleurs souvent mortifère, notamment lors de l'adieu entre Joseph Brody et sa femme.

Dans cette volonté de captation humaine pour un impact plus grandiose, on ressent de l'influence Spielbergienne, notamment avec « Rencontres du troisième type », également histoire d'une famille dont la destruction se reflète par des événements la dépassant. Cela apporte beaucoup de cœur à une histoire à qui on aura reproché sa simplicité mais dont la tournure s'avère assez logique dans l'ambition derrière. Les rapports établis se feront alors avec une certaine symbolique mais toujours avec cette même peur de la perte, souvent cruelle et même inattendue dans certaines circonstances.

Néanmoins, que le public qui pense que l'on joue avec ses nerfs (à raison) ne croie pas que le film oublie son divertissement. L'audience est même respectée de son attente, une fois les nombreuses apparitions minuscules de Godzilla assemblées, par un climax destructeur et qui devrait faire hurler de joie toute personne aimant le Kaiju Eiga. Cette apogée dans la narration parvient néanmoins à charrier un cœur par tout le parcours vécu par son personnage principal, perdu en tant que père alors que les liens avec son propre géniteur sont compliqués. En le faisant avancer en même temps que la créature, le film trouve une dramaturgie intéressante qui parvient à prolonger les idées amenées par Gareth Edwards sur son « Monsters ».

Tout cela rend ce « Godzilla » comme un blockbuster assez précieux, peut-être imparfait, mais dont l'envie émotionnelle n'est pas à renier et offre une approche aride mais néanmoins spectaculaire. Quand un « King of the Monsters » souffre d'une écriture de personnages des plus inégales, le film de Gareth Edwards trouve une émotion qui se cristallise de bien belle façon dans certains moments. Il ne reste plus qu'à voir si Adam Wingard parviendra à retrouver cette approche sentimentale dans cet affrontement plus grand que nature...

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