Le Grand Jeu - Un roman un peu trop ambitieux

17/03/2021

Titre : Le Grand Jeu

Auteur : Benjamin Lupu

Editions : Bragelonne

Prix : 25,00 €

Parution : 3 février 2021

Nombre de pages : 360 pages

Genre : Steampunk

Résumé : 1885, Constantinople.

Le tsar est tombé depuis 60 ans et une nouvelle puissance s’est levée à l’est. Le Nouvel Empire russe est devenu la première dictature industrielle. Ses dirigeables géants, ses chars et ses exosquelettes à vapeur ont assis sa domination face à l’Alliance de l’Ouest. L’Empire ottoman survit dans une fragile neutralité et sa capitale est le théâtre d’un jeu d’espions sanglant.

Martina Krelinkova, aventurière et monte-en-l’air, débarque à Constantinople avec une réputation sulfureuse alors que le Primat Imperator russe s’apprête à restituer au sultan un diamant légendaire : le Shah. À peine arrivée, elle découvre que sa sœur a mystérieusement disparu.

Tandis qu’un jeu du chat et de la souris s’enclenche à un rythme effréné, les obstacles se multiplient pour la voleuse. Parviendra-t-elle à retrouver sa sœur et à s’emparer du Shah, tout en mettant au jour les sombres intrigues du Grand Jeu ?

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Vous le savez depuis le temps que je vous en parle, j’ai vraiment un petit faible pour le steampunk. J’aime ces sociétés victoriennes agrémentées d’automates et d’aventurières en jupons. J’ai évidemment une place spéciale dans mon cœur pour les romans de la collection « Steampunk » de chez Bragelonne, qui en plus de souvent me convaincre pour ce qu’il y a à l’intérieur même de l’ouvrage, me plaisent aussi très largement par l’objet livre qui colle tout simplement à merveille avec la thématique. Fatalement, dès lors que je sais qu’un nouvel ouvrage va sortir dans cette collection, je ne peux pas m’empêcher d’y jeter au moins un œil – et bien souvent un peu plus – c’est donc comme ça que j’ai refermé la main sur le premier roman de Benjamin Lupu, Le Grand Jeu.

Vous l’aurez vu dans le titre, je n’ai malheureusement pas été convaincue par tout dans ce roman, ce qui est vraiment dommage parce que pour le coup on partait plutôt du bon pied lui et moi. Tout d’abord, il faut bien dire une chose : Le Grand Jeu, s’il se déroule dans un univers steampunk, ne se contente pas de ça, puisque l’auteur pousse la barre un peu plus haut en plaçant son intrigue dans un monde uchronique. Si vous avez réussi à échapper à ma passion pour l’uchronie (qui êtes-vous et comment avez-vous fait ?), j’en parle assez régulièrement car il s’agit d’un procédé littéraire qui me plaît beaucoup, où l’auteur change un élément dans l’Histoire et construit un univers alternatif complet à partir de cet élément différent et de ses conséquences. Chez Benjamin Lupu, l’élément déclencheur, c’est la chute du tsar russe dans les années 1815 et l’avènement, à la place de la Russie impériale, d’une dictature industrielle : le Novoser.

Honnêtement, avec cette uchronie comme base du roman, j’étais absolument et complètement conquise. Je n’avais qu’une hâte : me plonger corps et âme dans ce roman et découvrir – du point de vue de personnages vivant une soixantaine d’années plus tard – pourquoi l’empire russe était tombé et les conséquences que ça avait pu avoir pour la population ainsi que les autres pays. Seulement voilà, j’ai trouvé le livre de Benjamin Lupu plutôt très compliqué. Il est vrai qu’avec un tel point de départ, difficile d’arriver sur un roman trop simple, l’auteur avait vraiment placé la barre très haut. Cependant, en alternant les points de vue sans une grande scène d’exposition qui vient vraiment poser les choses et en émaillant son récit de mots empruntés à différentes langues ou de concepts créés spécifiquement pour son histoire, je dois bien l’avouer : Benjamin Lupu m’a perdue. Si je n’ai pas du tout eu de difficultés à rentrer dans l’univers de l’auteur, j’ai cependant eu beaucoup de mal à m’y repérer à y évoluer avec les personnages. J’avais l’impression de passer mon temps à confondre les fonctions des uns avec celles des autres, de mélanger les puissances à l’œuvre – voire certains personnages.

C’est d’autant plus dommage que la plume de l’auteur est très fluide et que l’intrigue est assez mystérieuse puisqu’on croise dans le roman des automates qui semblent doués de conscience, qu’on y suit la piste d’une jeune sœur mystérieusement disparue, qu’on évoque le casse du siècle ainsi qu’un outil qui serait capable de contrôler la pensée. Eh oui, rien que ça !

Je ne dirais pas que je n’ai pas apprécié ma lecture, parce que ce serait parfaitement faux. J’ai dans l’ensemble passé un bon moment à voir les événements s’enchaîner sous mes yeux et j’étais contente de pouvoir avoir le fin mot de cette histoire. Cependant, je me suis réellement perdue dans la dimension uchronique du roman et je pense que je suis passée à côté d’une partie au moins des enjeux. Je finirai donc en disant que soit c’est moi qui ai lu ce roman à un moment où j’étais peut-être un peu trop fatiguée et pas assez concentrée, soit l’auteur a peut-être été un peu ambitieux pour un premier roman !

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Passionnée de lecture et de cuisine, j’adore voyager main dans la main avec les héros d’un roman. J’ai toujours un livre dans mon sac et mon téléphone à la main. Mon éternel compagnon d’aventure dans toutes mes lectures ? Une grande tasse de thé fumante !
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