Pleasantville : un film en couleurs

05/03/2021

Titre : Pleasantville

Réalisateur : Gary Ross

Avec : Tobey Maguire, Jeff Daniels, Joan Allen, ...

Genre : Comédie dramatique, fantastique

Durée : 1h54

Nationalité : États-Unis

Sortie : 1998

Résumé : Pour s'extraire des angoisses d'une famille stressée et divisée des années 1990, David aime s'évader en regardant la télévision et plus particulièrement "Pleasantville", série en noir et blanc datant des années cinquante. Jennifer, sa sœur jumelle, est tout l'opposé de David : elle vit au jour le jour en parfaite harmonie avec le monde moderne. Jusqu'à ce que, par un étrange phénomène, Jennifer et David se retrouvent parachutés à "Pleasantville". Désormais intégrés au casting, ils vont parasiter la série au point de changer la vie bien réglée des protagonistes.

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Le monde des anciens sitcoms dégage souvent quelque chose de rassurant. En effet, tout va si bien, les tracas sont si mineurs et les choses s’arrangent avec une certaine facilité que le résultat en devient plaisant pour échapper aux problèmes de notre quotidien, à la façon de David, incarné par Tobey Maguire. Mais tout cet univers de rêve ne peut être qu’illusion, le genre de perfection apparente dont le moindre éclat ne peut provoquer que des remous sans retour.

En faisant venir nos deux héros dans l’univers de Pleasantville, Gary Ross casse son apparente idéalité ainsi que celle d’une époque alimentée plus par la nostalgie que la raison. À force de voir ces années avec un regard mélancolique, on en oublie ses failles, notamment le rejet de ce qui ne rentre pas dans une norme assez moralisatrice. On peut ainsi parler de la perturbation de l’apparence des couleurs, symbolique de ce qui ne convient pas à certaines cases instituées. On déconstruit d’une certaine façon les attentes et clichés de cet univers télévisuel en se réappropriant leurs codes pour mieux les détourner.

Le chemin émotionnel de nos deux jumeaux se fait alors dans une forme d’opposition qui émeut par leur façon de trouver une place dans cet univers de fiction qu’ils parviennent à améliorer à leur manière. On peut y voir une forme d’affranchissement par une génération inspirée tout en étant en quête de sa propre place. Leur trajectoire narrative a une certaine nature commune par l’émancipation. Pour David, c’est ne plus se coller au chemin de la série pour permettre aux personnages de trouver leur voie, et d’une certaine manière la sienne. Concernant Jennifer, c’est ne plus se soucier d’une certaine attente des autres pour choisir qui elle veut devenir, sans se soucier d’un regard extérieur.

« Pleasantville » a beau être plaisant à regarder (ce jeu sur les couleurs lors de leur apparition), il est également intéressant à analyser dans sa manière de jouer d’un milieu censé apporter un certain confort pour en montrer ses paradoxes, son illusion permanente. On sent que Gary Ross y trouve matière à réflexion tout en n’ignorant pas à quel point la fiction peut servir de refuge, surtout pour une jeunesse en permanence maltraitée par la société. Alors que Marvel a tenté d’aller sur pareille orientation tonale et thématique avec « WandaVision », peut-être qu’il est temps de redécouvrir « Pleasantville » pour mieux en apprécier ses idées.

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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