Steve Jobs : 3 jours pour une vie

03/03/2021

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Titre : Steve Jobs

Réalisateur : Danny Boyle

Avec : Michael Fassbender, Kate Winslet, Seth Rogen, ...

Genre : Biopic, srame

Durée : 2h02

Nationalité : États-Unis

Sortie : 2016

Résumé : Dans les coulisses, quelques instants avant le lancement de trois produits emblématiques ayant ponctué la carrière de Steve Jobs, du Macintosh en 1984 à l’iMac en 1998, le film nous entraîne dans les rouages de la révolution numérique pour dresser un portrait intime de l’homme de génie qui y a tenu une place centrale.

Généralement, les biographies suivent une route des plus linéaires, cherchant à capter en deux heures ou moins le trajet de vie d'une personne par la même route habituelle. Pourtant, cela risque d'étouffer au contraire le récit : peut-on en effet résumer la vie de quelque être humain par une durée aussi limitée avec une telle orientation narrative ? On sent que ce genre de question a travaillé Aaron Sorkin en développant les scénarios de « The Social Network » et de notre titre du jour, « Steve Jobs ». Si dans le film de David Fincher, le récit gagnait en force et en amertume par les parallèles entre passé et présent, l'intrigue se resserre ici en trois journées distinctes, trois présentations parvenant à capter l'aura du créateur d'Apple.

Repris en main par Danny Boyle suite à des problèmes de production, « Steve Jobs » parvient à perpétuer les thématiques de Sorkin dans « The Social Network », notamment en représentant une figure de génie numérique mais socialement isolée par des rapports compliqués avec ses proches. Néanmoins, cela n'empêche pas le metteur en scène de « Sunshine » de s'approprier certains thèmes, en parlant notamment des ravages émotionnels causés par le temps deux ans avant la (bien trop sous-estimée) suite de « Trainspotting ». La rancœur qui se dégage de ces confrontations orales, ces destructions de lien dans une lutte entre pensées sur fond de bagarre capitaliste, tout cela explose dans une œuvre qui s'inscrit dans un fracas dévastateur.

Les affrontements se succèdent donc dans une tragédie gardant sa modernité par son inscription historique. Les remises en contexte entre chaque présentation trouvent un drame qui subsiste par la guerre de fond, la guerre de réflexions entre personnalités qui se dépassent mais d'où surnage toujours Steve Jobs, profitant de l'incarnation de Michael Fassbender dans l'un de ses meilleurs rôles. Dans la même veine, le casting complet est impérial par l'humanité se dégageant, cette colère qui explose au contact de cette figure impréhensible que représente Jobs. Et c'est quand son humanité éclate définitivement que le film explose émotionnellement, trouvant ce bouleversement que sait si bien manier Danny Boyle, à l'instar de la meilleure scène de « Yesterday ». Là où il y invoquait un fantôme, il montre ici un mort-vivant, être n'arrivant pas à exister pleinement et trouvant son but une fois ses sentiments éveillés.

Bouleversant, Steve Jobs l'est clairement. Un grand film, on peut le confirmer assurément. Son échec financier s'avère alors injuste car on peut aisément parler d'un des meilleurs films américains de ces dernières années. C'est une union de talent parvenant à faire exploser un portrait passionnant avec une richesse que l'on ne saurait résumer ici. Vivement qu'il connaisse la réputation qu'il mérite tant c'est une œuvre absolument maîtrisée de partout mais qui garde son humanisme dans son contrôle.

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