Traverser la nuit - Un récit sombre et glaçant

16/03/2021

Titre : Traverser la nuit

Auteur : Hervé Le Corre

Editions : Payot & Rivages

Prix : 20,90 €

Parution : 20 janvier 2021

Nombre de pages : 317 pages

Genre : Roman noir/Thriller

Résumé : Louise a une trentaine d’années. Après la mort accidentelle de ses parents, elle a dérivé dans la drogue et l’alcool. Aujourd’hui elle vit seule avec son fils Sam, âgé de 8 ans, sa seule lumière. Elle est harcelée par son ancien compagnon qui, un jour, la brutalise au point de la laisser dans un état grave. Il blesse aussi grièvement la meilleure amie de Louise. L’enquête est confiée au groupe dirigé par le commandant Jourdan, qui ne reste pas insensible à Louise. Parallèlement un tueur de femmes sévit, pulsionnel et imprévisible, profondément perturbé.

Au cœur de ces ténèbres et de ces deux histoires, Jourdan, un flic, un homme triste et taiseux, qui tente de retrouver goût à la vie...

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Je connaissais Hervé Le Corre de nom mais je n’avais encore jamais eu l’occasion de découvrir son univers. Je savais toutefois qu’il était très apprécié dans le genre du thriller/roman noir et qu’il avait habitué ses lecteurs à des histoires sombres et denses. Traverser la nuit était donc l’occasion de remédier à ces lacunes et enfin comprendre l’engouement général. Je remercie donc les éditions Payot & Rivages pour leur envoi.

J’aimerais commencer cette chronique en précisant que ce roman n’est pas forcément à lire n’importe quand ni par n’importe qui. Je m’explique : je crois que j’ai rarement vu une intrigue aussi déprimante de la première à la dernière ligne. Il me semble donc que si on se trouve dans une période difficile ou qu’on n’a pas le moral, il serait peut-être préférable d’aller mieux avant de s’y plonger. Ceci étant dit, Traverser la nuit est un roman particulièrement poignant, dense et marquant.

C’est difficile de dire qu’on a aimé une histoire qui aborde des thématiques aussi difficiles, exploitées à travers des scènes parfois si dures. Et pourtant c’est le cas. Je ne vous cache pas que ma lecture a été compliquée, notamment à cause du style de l’auteur, ses tournures de phrases et surtout les nombreuses répétitions. Mais j’ai fini par comprendre que cette plume singulière servait le récit tout aussi particulier, où l’espoir semble complètement absent.

La trame narrative, bien que moderne, est somme toute assez classique. L’auteur n’a pas réinventé le genre mais il a parfaitement su en exploiter les codes sans tomber dans le cliché ou le déjà-vu. J’ai d’ailleurs trouvé qu’il y avait un bel équilibre entre le développement des personnages et l’action en elle-même, menée en parallèle. Par ailleurs, moi qui aime les twists et les rebondissements imprévisibles (tout en restant plausibles), je n’ai pas été dérangé par l’absence de ces derniers ici. Oui, il y a quelques surprises, mais ne vous attendez pas à une énorme révélation qui va bousculer toute l’intrigue. Pourtant, j’ai trouvé ce choix plutôt audacieux à une époque où le twist est devenu un moyen de faire vendre un « suspense intenable au dénouement incroyable », quitte à ce qu’il soit complètement invraisemblable et manque cruellement de réalisme. 

Les personnages, enfin, sont extrêmement bien travaillés. J’ai adoré la fragilité de Louise, sa sensibilité, sa détermination, ainsi que sa relation avec Sam, son fils, le seul qui lui maintient la tête hors de l’eau. Le roman est finalement très court et j’ai peur d’en dire trop mais sachez que l’auteur n’épargne pas ses protagonistes qui, comme le titre du roman l’indique, ne sont pas certains de pouvoir traverser la nuit…

Si les récits noirs vous font vibrer, alors je ne peux que vous conseiller celui-ci, d’autant qu’il aborde des sujets actuels et parfois tabous. Une très belle découverte assez éloignée de ce que je peux lire en ce moment mais qui m’a permis de me confronter à mes goûts de lecteur, et me questionner sur ce que je veux (mais surtout ce que je ne veux plus) lire. Une réussite.

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Contrairement à beaucoup de gens, j’ai eu la chance de recevoir ma lettre d’admission à Poudlard et j’ai obtenu mon diplôme de sorcellerie il y a quelques années déjà. Depuis, je me suis spécialisé dans l’étude de la littérature des moldus et je prend un grand plaisir à découvrir une nouvelle forme de magie : celle des mots.
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