Comment c'est loin : Inachevés ?

30/04/2021

Titre : Comment c'est loin 

Réalisateur : Orelsan et Christophe Offenstein

Avec : Orelsan, Gringe, Seydou Doucouré, ...

Genre : Comédie dramatique

Durée : 1h30

Nationalité : États-Unis

Sortie : 2015

Résumé : Après une dizaine d’années de non-productivité, Orel et Gringe, la trentaine, galèrent à écrire leur premier album de rap. Leurs textes, truffés de blagues de mauvais goût et de références alambiquées, évoquent leur quotidien dans une ville moyenne de province. Le problème : impossible de terminer une chanson. À l’issue d’une séance houleuse avec leurs producteurs, ils sont au pied du mur : ils ont 24h pour sortir une chanson digne de ce nom. Leurs vieux démons, la peur de l’échec, la procrastination, les potes envahissants, les problèmes de couple, etc. viendront se mettre en travers de leur chemin.

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Écouter la musique des Casseurs Flowters, c’est une forme de spleen générationnel, l’absence de but amenant à une passivité quasiment imposée pour toute personne ne trouvant pas sa place. On en avait parlé un peu en analysant l’usage du plan séquence dans trois de leurs clips mais le passage de leur aventure sur grand écran conforte ces questionnements.

En effet, derrière l’humour digne de « Bloqués » et des instants d’improvisation se trouvent des moments de détresse émotionnelle. La deadline imposée aurait pu servir de machine à gags, elle ne fait que renforcer le désarroi imposé par certaines questions personnelles. Est-il trop tard pour trouver sa place ? Peut-on vraiment accomplir ses rêves ? Y a-t-il moyen d’échapper à cette toxicité et cette passivité qui nous rongent peu à peu, jusqu’à se sentir totalement vide ? Tout cela passe de façon fugace mais finit par hanter le spectateur par le choix de narration.

Les musiques d’Orelsan et Gringe parviennent à soutenir ces idées, tout comme une mise en scène qui ne s’embarrasse pas de spectaculaire visuellement. On est dans la captation d’une normalité marquée par l’absence de repères et la peur d’une routine destructrice. La comédie se fait alors plus dramatique, ne cherchant pas tant à créer l’hilarité qu’à s’adresser à toute personne qui se laisse tomber dans une spirale de regrets et d’inaction. Tous ces tracas normaux s’alignent alors dans une même direction où nos protagonistes doivent enfin devenir qui ils souhaitent être, en dépit des obstacles qu’ils érigent parfois eux-mêmes.

Plus amer que rigolard, « Comment c’est loin » poursuit la veine des idées derrière les chansons des Casseurs Flowters et parvient à se faire comédie générationnelle assez triste. De quoi réconcilier encore une fois les détracteurs du cinéma français avec un film qui trouve paradoxalement dans la modestie de sa représentation une émotion permanente.

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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