L'hôtel de verre d'Emily St. John Mandel

22/04/2021

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Titre : L'hôtel de verre

Auteur : Emily St. John Mandel

Editions : Rivages

Prix : 22,00 €

Parution : Mars 2021

Nombre de pages : 400 pages

Genre : Drame, Thriller

Résumé : Sur l'ïle de Vancouver, se dresse un hôtel aux murs de verre, seulement accessible par la mer. Il est fréquenté par une clientèle exclusive qui veut rompre avec "la civilisation connectée". Là, pas de wifi, pas de portable, on est au bout du monde.  Paul, aspirant compositeur, et sa soeur Vincent, vidéaste amateure, travaillent tous à l'hôtel Caiette. Un soir, alors qu'on attend l'arrivée du milliardaire new-yorkais Jonathan Alkaitis, le gérant découvre avec horreur un tag gravé sur l'une des parois transparentes: "Et si vous avaliez du verre brisé?" Qui est l'auteur de ce graffiti menaçant? Est-il destiné à quelqu'un?  Dans ce havre de luxe, des gens se croisent, des destins se font et se défont. A l'hôtel Caiette, mais aussi à Vancouver et à New York, des vies vont prendre un tour imprévu et souvent dramatique. Comme un papillon au Brésil peut causer une tempête au Texas, un verre au bar de l'hôtel Caiette peut ruiner une existence... 

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« L'hôtel de verre » fait partie de ces romans qu'on a un peu de mal à appréhender après leur lecture. Sa narration fragmentée entre divers regards et périodes de temps peut ainsi déconcerter, surtout vu sa façon de multiplier tout cela en ne nous prenant pas spécialement par la main. Mais pourtant, quelque chose nous empêche de poser le livre, comme si la promesse de mystère à la base, laissée de côté pendant une bonne part de l'ouvrage, avait besoin de nous offrir une réponse que l'on se doit de découvrir.

Le récit se développe alors vers une situation financière réaliste, inspirée par certains événements que nous ne vous dévoilerons pas pour vous préserver une dose de surprise pendant la lecture. Emily St. John Meade parvient avec son style à capter totalement le sentiment d'incertitude de ce secteur économique, symbolisé par cet hôtel cherchant l'isolement et où le rapport à la nature ne fait que souligner un certain avantage pécuniaire. La manière dont tout cela se répercutera avec un effet boule de neige permet de conférer une certaine ampleur tout en conservant les pieds de ses personnages sur terre avec une lourdeur qui rend les événements plus écrasants encore.

Avec cette histoire où résonnent désarrois personnels, manœuvres économiques à l'impact destructeur et personnages noyés par les épreuves qui peuvent se dresser, quel que soit son rang économique, Emily St. John Meade réussit à coudre une histoire aux ramifications si diverses que l'on se retrouve tenté d'y replonger pour mieux en découvrir ses différents aspects. En ce sens, « L'hôtel de verre » ne semble pas ce qu'il prétend être mais dans le but de mieux nous désarmer, et d’une façon des plus réussies.

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