Ma place au soleil, comme un goût de trop peu

08/04/2021

Titre : Ma place au soleil

Auteur : Gabriele Clima

Editions : Philippe Auzou

Prix : 12,95 €

Parution : 18 mars 2021

Nombre de pages : 208 pages

Genre : Contemporain

Résumé : Dario a seize ans et le monde entier l'indiffère. A la maison, il vit seul avec sa mère depuis le départ de son père. Au lycée, rien ne l'intéresse. Et ça ne va pas s'arranger : après un énième dérapage, il est assigné à un service d'assistance auprès d'un élève handicapé. Il rencontre Andy, immobilisé dans un fauteuil et incapable de communiquer. Tu parles d'un boulet...
Mais ce que Dario voit d'abord comme une malédiction prend rapidement une tournure inattendue. Sur un coup de tête, il décide de partir, quitter le lycée, la ville... et il emmène Andy avec lui, sans trop savoir pourquoi. Commence alors une aventure épique avec deux ados que tout oppose, à la recherche des racines de Dario et d'un bain de soleil, pour Andy.

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Je me suis lancée dans ce récit sans véritablement avoir d’attentes. Le livre étant vraiment fin (200 pages à peine) avec de grosses marges, j’ai juste craint que l’intrigue soit survolée. Et en effet, c’est le sentiment que j’ai en refermant cet ouvrage qui laisse en bouche un goût de trop peu. 
Gabriele Clima nous fait ici le récit du voyage de Dario, ado perdu et rebelle, avec Andy, gravement handicapé, au travers de l’Italie à la recherche du père de Dario. Nous suivons leurs aventures de ville en ville jusqu’à la fameuse destination. Nous faisons la connaissance de deux adolescents au profil totalement différent. D’un côté, il y a Dario, un jeune en souffrance qui cause problème sur problème au sein de son établissement. Accro au cannabis, il vit sa vie comme bon lui semble et ne s’intéresse que moyennement aux gens qui l’entourent. 
De l’autre côté, il y a Andy, adolescent en fauteuil roulant ne pouvant ni bouger, ni parler. A contrario, lui est complètement dépendant des personnes qui l’entourent puisqu’il ne sait rien faire sans elles. Du jour au lendemain ils vont devoir cohabiter et tant bien que mal s’entendre malgré leurs différences.

Mon avis à propos de ce récit est somme toute assez mitigé. Certains aspects m’ont bien plu, d’autres beaucoup moins. Commençons par le positif.
J’ai bien aimé que les chapitres soient courts. Cela donne un certain rythme au récit de manière à ce que nous ayons envie de le lire d’une traite. Les personnages étant perpétuellement en mouvement, le récit est rythmé et dynamique. Les paysages qui défilent sont très beaux, l’Italie dépeinte par l’auteur est simple et authentique. Les personnes en situation de handicap sont représentées avec justesse et sans faux semblant. L’auteur fait allusion avec pertinence aux différents préjugés, remarques acerbes, situations éprouvantes auxquelles font face les personnes en situation de handicap. Le texte amène une certaine réflexion sur notre société actuelle que j’ai trouvée intéressante surtout pour le public adolescent visé ici. Le récit amène les prémices d’une réflexion qu’il est intéressant d’exploiter à un âge où le paraître est roi. J’ai bien apprécié l’évolution des deux protagonistes principaux. Dario murit de page en page, il devient moins agressif, plus tolérant et prévenant. Andy devient plus autonome. A mon sens, le duo fonctionne et c’est agréable à lire. 

Cependant, malgré certains aspects agréables, je suis restée en retrait durant l’intégralité de ma lecture. La narration de Gabriele Clima est telle que j’ai eu du mal à m’immerger dans le récit. Il est écrit à la troisième personne du singulier et des dialogues fictifs entre Dario et Andy y sont insérés en italique. Andy ne pouvant pas parler, Dario imagine les échanges qu’ils auraient pu avoir. Si l’idée de base est intéressante, j’ai pas du tout accroché à ce style. De plus, le récit étant court, les scènes ou événements se succèdent sans véritablement établir de transitions correctes. Ce texte se veut certainement « coup de poing » mais sans pour autant approfondir les propos amenés. Les caractères des personnages sont peu approfondis, certains aspects de leurs passés respectifs sont carrément mis sous silence. Le road trip n’est malheureusement pas suffisamment exploité à mon sens. 

Petit contemporain agréable à lire mais pas indispensable. De bonnes réflexions sont amenées. Sans aucun doute, ce récit est destiné à un public d’adolescents qui peine à lire de gros ouvrages. Le principal y est décrit. Pour les lecteurs plus exigeants, passez votre chemin. 

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Éducatrice spécialisée le jour, livrophage la nuit. Je dévore des romans depuis le jour où j’ai appris à lire. Mon genre favori est la romance qu’elle soit historique, fantastique, érotique ou contemporaine. Elle me procure un réconfort indispensable à mon quotidien. J’aime également beaucoup voyager et regarder des films et des séries.
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