The Nightingale : périple pour une vengeance

16/04/2021

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Titre : The Nightingale

Réalisateur : Jennifer Kent

Avec : Aisling Franciosi, Sam Claflin, Baykali Ganambarr, ...

Genre : Drame, thriller, historique

Durée : 2h16

Nationalité : Australie

Sortie : Mars 2021 en VOD

Résumé : 1825, dans l'Australie sous domination anglaise. Après avoir purgé sa peine, Clare, une jeune bagnarde irlandaise, va bientôt pouvoir vivre librement auprès de son mari et de son bébé. Mais son officier de tutelle n'en a pas fini avec elle : violée et laissée pour morte, Clare assiste impuissante au massacre de sa famille par des soldats britanniques. A son réveil, au bord de la folie, elle se lance à leur poursuite à travers les terres vierges de Tasmanie avec pour guide un jeune aborigène. Dans cette région sauvage et isolée, où les lois des hommes ne s'appliquent plus, elle ne reculera devant rien pour se faire justice.

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Jennifer Kent nous avait impressionné avec son premier film, « Mister Babadook », traitant par le prisme du genre expressionniste de la charge mentale maternelle. On attendait donc avec une certaine impatience son deuxième long-métrage, surtout au vu des excellents retours qui l'entoure. Pas de sortie salle donc pour ce « Nightingale », prix spéciale du jury à la Mostria de Venise, mais une diffusion en VOD, DVD et Blu Ray chez Condor Entertainment qui devrait conforter les excellents sentiments que l'on éprouve pour la réalisatrice.

Ici, on fait donc face à un récit de vengeance qui n'hésite pas à être des plus éprouvants, notamment par le choix de son cadre et le ton austère et sec du métrage. Le périple qui s'en dessine provoque alors une certaine souffrance, surtout au vu de l'empathie qui se crée avec Clare (Aisling Franciosi, dans une prestation marquée par la douleur). La violence des événements déclencheurs amène une certaine appréhension, passant notamment par la terreur provoquée par Sam Claflin dans le rôle de Hawkins. Ce soldat inscrit dans la frustration véhicule toute une violence masculiniste et sa volonté de conquête et de maitrise sur tout ce qu'il souhaite, quitte à détruire sans remords sur son passage.

[caption id="attachment_57421" align="aligncenter" width="700"] Photo by Matt Nettheim[/caption]

Jennifer Kent profite donc de son ancrage historique et de son décor pour mieux illustrer cette soif de pouvoir de l'homme blanc, qu'importe les victimes sur son chemin. En mettant en lien Clare et son guide aborigène, la metteuse en scène provoque un débat sur une violence institutionalisée et normée qui provoque un certain effroi par sa représentation. Le malaise qui se crée lors de certaines séquences parvient alors à inscrire le long-métrage dans la tête par tout ce qu'il parvient à véhiculer.

« The Nightingale » s'avère donc à la hauteur de sa réputation, film éprouvant mais méritant la découverte dans tout ce que sa réalisatrice parvient à aborder tout en dessinant un voyage destructeur. Les interrogations étant au cœur du long-métrage peuvent rendre le tout épuisant mais absolument indispensable par l'implacabilité générale qui s'en dégage.

[caption id="attachment_57420" align="aligncenter" width="700"] Photo by Matt Nettheim[/caption]

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