Tron l'héritage : héritage numérique

28/04/2021

Titre : Tron l'héritage

Réalisateur : Joseph Kosinski

Avec : Jeff Bridges, Garrett Hedlund, Olivia Wilde, ...

Genre : Science-fiction

Durée : 2h06

Nationalité : États-Unis

Sortie : 2011

Résumé : Sam Flynn, 27 ans, est le fils expert en technologie de Kevin Flynn. Cherchant à percer le mystère de la disparition de son père, il se retrouve aspiré dans ce même monde de programmes redoutables et de jeux mortels où vit son père depuis 25 ans. Avec la fidèle confidente de Kevin, père et fils s'engagent dans un voyage où la mort guette, à travers un cyber univers époustouflant visuellement, devenu plus avancé technologiquement et plus dangereux que jamais...

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Quand Disney a annoncé une suite au film « Tron », la curiosité était de mise. En effet, comment perpétuer l’héritage d’un film aussi fondateur par ses effets numériques, ses visuels novateurs et ses questionnements par rapport à notre avenir technologique à une époque où tout cela semble daté ? Pis : comment travailler la suite d’un long-métrage qui, s’il a acquis sa réputation au fur et à mesure des années, a été un échec commercial assez flagrant ? Joseph Kosinski l’a fait en développant les interrogations de base pour une nouvelle génération en se posant justement des questions sur ce passage de flambeau.

Passé par une formation en architecture, Kosinski développe des visuels lissés, cherchant à marquer le passage du temps avec un style qui aura su diviser mais tient la route visuellement et conceptuellement. À vrai dire, ses choix de design et de mise en scène parviennent à conférer un style et une élégance qui sied parfaitement à l’univers établi. On ne se trouve certes plus dans les expérimentations de Steven Lisberger en 1982 mais il parvient à garder une forme unique dans une époque plus que chargée de propositions de science-fiction différentes.

Concernant l’intrigue, la focalisation sur Sam Flynn permet une réappropriation de l’univers et de développer un nouveau relais émotionnel pour une génération plus jeune. Sa confrontation entre deux formes de pères (un vicié, l’autre inconnu) parvient à donner un peu de chair à la narration, évitant une forme de froideur que pourrait instiguer l’ambiance du long-métrage. Le casting parvient à suivre avec une certaine diversité, que ce soit le jeu plus intériorisé de Jeff Bridges ou bien le léger surjeu assez réjouissant de Michael Sheen.

L’un des défauts les plus attaqués concerne le rajeunissement numérique de Jeff Bridges, en particulier sur CLU. Si l’effet est effectivement extrêmement visible, il faut bien admettre qu’il donne une autre saveur au long-métrage, la vallée dérangeante provoquée donnant à ce personnage numérique des contours plus effrayants. Mieux : il expose ce jeu sur le numérique qui, par sa volonté de perfection, provoque une forme de déshumanisation aux conséquences pouvant être destructrices.

Les séquences d’action jouent sur les attentes de l’audience connaissant le premier film mais parviennent à y apporter une certaine modernité. Bien que l’on ne se situe plus dans le fortement coloré de l’original, la colorimétrie plus terre à terre sied aux questions posées par ce blockbuster qui semble s’interroger sur sa propre nature. Il y perd en force d’impact ce qu’il y trouve en humanisme, développant un certain intérêt dans ses doutes qui semblent le ronger intérieurement, entre tentpole de studio, porteur d’un héritage lourd et œuvre voulant se démarquer esthétiquement.

« Tron l’héritage » n’aura sans doute pas la portée du film original mais c’est justement cela qui le rend intéressant. C’est un blockbuster aux interrogations flirtant avec le méta et qui trouve une forme d’accomplissement dans son esthétique et dans ses ambitions narratives. Le voir trouver une fanbase de plus en plus solide plus de dix ans après sa sortie s’avère donc logique au vu de l’intérêt qui le nourrit, en faisant un titre de science-fiction bien plus que recommandable. Assez épique (et en ce sens bien aidé par sa bande originale), « Tron l’héritage » dégage quelque chose qui nous pousse à une redécouverte permanente dans les pépites qu’il dissimule sous les attentes qu’il a engendrées.

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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