Wonder Woman 1984 : Naïveté ou optimisme?

09/04/2021

5

Titre : Wonder Woman 1984

Réalisateur : Patty Jenkins

Avec : Gal Gadot, Chris Pine, Kristen Wiig, ...

Genre : Action, aventure, fantastique

Durée : 2h31

Nationalité : États-Unis

Sortie : 2020

Résumé : Direction les années 1980 où Diana Prince, alias Wonder Woman, doit faire face à deux nouveaux ennemis redoutables : Max Lord et Cheetah.

.

Alors que les fans de DC sont en train de se remettre (ou pas) de la sortie inespérée de la Snyder Cut de Justice League (que nous avons chroniquée ici), un nouvel opus de l'univers partagé sort sur nos petits écrans avec « Wonder Woman 1984 », dont les premiers retours furent peu élogieux. Il suffit de voir comment certaines critiques s'amusent depuis sa sortie américaine à répéter à quel point le dernier film de Patty Jenkins s'avère l'un des échecs les plus cuisants de l'histoire des Comics Books Movies, ce qui semble exagéré au vu d'un résultat final inégal mais intéressant.

Disons-le de suite : on comprend pourquoi le film a reçu une telle volée de bois de la part de certaines personnes. La mise en scène de Patty Jenkins s'avère moins gérée que sur l'opus précédent, le récit prend beaucoup son temps (les 2h30 de métrage se ressentent beaucoup) et certains effets se voulant kitsch au vu de l'ancrage temporel plombent un peu plus un film qui ne semble pas parvenir à plus se développer sur cet argument historique (notamment dans son aspect géopolitique). Mais pourtant, une fois une forme de cynisme rigolard passée à son encontre, on se met à se poser quelques questions sur un film qui nous paraît bien naïf dans son optimisme général.

C'est pourtant là que réside le cœur du long-métrage : une croyance forte, quasi enfantine, en l'autre et aux sacrifices individuels pour le bien commun. Diana Prince se trouve ainsi renforcée dans son besoin de ne pas tomber dans le plaisir facile proposé par un Max Lord rappelant énormément Donald Trump afin de s'ériger comme modèle moral à suivre. Le film se permet ainsi de poser des antagonistes qui sont consumés par leur envie de plaire aux autres et d'avoir le contrôle sur ce qui est incontrôlable : le destin lui-même.

Et là, le film trouve un rapport de force qui explique bien plus les retours négatifs que ses défauts qu'on retrouve dans plein d'autres titres sans en faire nécessairement la remarque (et nous les premiers). S'il est maladroit dans sa façon d'agencer cela, « Wonder Woman 1984 » exhorte son audience (notamment dans un plan déjà très critiqué) à éviter de s'enfermer dans son regard individuel et de tout faire pour améliorer le monde, quitte à devoir faire face à des difficultés intimes. Il est dur de devoir faire le deuil de certaines choses et il est facile de se laisser embrigader par un discours rempli de promesses souvent fausses, surtout quand on est terrifié de ne pas être qui l'on souhaite. En le replaçant dans notre époque, le film parvient alors à trouver une certaine résonnance par son point de vue sur un auto-centrisme destructeur.

Alors oui, « Wonder Woman 1984 » risque de connaître de nouveaux détracteurs dans cette sortie physique et pourra diviser encore plus. Nous même, nous ne pouvons nous poser idéalement sur un titre qui est largement perfectible à plusieurs niveaux. Et pourtant, quelque chose d'intéressant s'y développe, assez intriguant pour avoir envie de creuser et rendre ce « Wonder Woman 1984 » plus mémorable dans certaines de ses ambitions. Bien qu'inabouti, il en sort un intérêt qui devrait résonner chez certaines personnes dans son audience.

.

1 I like it
0 I don't like it

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *