Silence - Et si l'écriture était maudite ?

23/05/2021

5

Titre : Silence

Auteur : Dylan Farrow

Editions : J'ai Lu

Prix : 15,90 €

Parution : 19 mai 2021

Nombre de pages : 346 pages

Genre : Fantasy, YA

Résumé : Dans ce monde, les mots peuvent tuer...Voilà bien des années, la Mort indigo, la maladie de l'encre, a fait de très nombreuses victimes. Depuis, l'écriture est interdite, et tous ceux qui sont surpris à colporter des histoires sont sévèrement punis. Dans leur citadelle de Maison Haute, les Bardes, caste aristocratique aux pouvoirs immenses, veillent implacablement au respect de la loi.Shae mène une existence solitaire dans son village natal. Depuis que son frère a été emporté par la Mort indigo, sa mère et elle sont traitées en parias. La jeune fille se sent différente des adolescents de son âge et observe un étrange don s'enraciner en elle, sans pouvoir en parler à personne. Mais le jour où elle retrouve sa mère assassinée, Shae ne peut plus se taire.Prête à tout, elle part en quête de la vérité, sans se douter que son initiation ne fait que commencer... Parviendra-t-elle à briser le silence ?

Depuis que j’ai réalisé que les éditions J’ai Lu sortaient des romans inédits, je n’ai eu de cesse de lorgner sur leurs parutions. Le premier qui a attiré mon œil n’est autre que Les Brumes de Cendrelune dont je vous parlais déjà par ici. Mais depuis se sont ajoutés à ma liste d’intérêt – voire à ma pile de livres à lire - d’autres titres qui me semblent tout aussi prometteurs comme Six mois, trois jours ou encore Les Voleurs de Fumée. Comme souvent je me dis que je vais « bientôt » les lire, notamment Les Voleurs de Fumée que j’ai acheté le jour même de sa sortie. En voyant qu’un de ces nouveaux romans inédits qui m’avaient l’air intéressants sortait bientôt, j’ai décidé de me prendre par la main et de le lire rapidement au lieu de faire comme à mon habitude et de le laisser traîner. C’est comme ça que je me suis plongée dans Silence.

Il faut dire que le synopsis me laissait entrevoir des possibilités incroyables : une maladie liée à l’écriture et à la parole, un monde où toute forme de graphie est interdite et où certains mots sont proscrits, une terre qui se meurt et que seuls les pouvoirs des Bardes peuvent restaurer, … Comment vous dire que j’étais plus qu’emballée. Je me suis donc lancée dans Silence.

La première chose que je dois vous dire, c’est qu’il s’agit en réalité du premier tome d’un diptyque. Et croyez-moi, c’est assez important pour être signalé. En effet, j’étais absolument persuadée qu’il s’agissait d’un tome unique – ce qui avait aussi motivé mon intention de lire ce roman directement au moment de sa sortie. J’avais vérifié à plusieurs reprises : pas d’indication de sous-titre, pas de petit « 1 » au dos du livre, pas même de signe qu’il s’agissait d’un premier tome dans le titre en version originale : je n’avais donc aucune raison de penser qu’il s’agissait d’une saga. Or ce premier tome est vraiment très introductif – ce qui ne me dérange pas du tout dès lors que je sais qu’il y a une suite à venir – et je dois bien avouer que j’ai passé une bonne première moitié du livre à me demander quand les choses allaient réellement commencer. C’est dommage puisque la fin du roman ne laisse pas vraiment de doute sur la possibilité d’une suite : je ne comprends pas pourquoi les éditions J’ai Lu ont choisi de mettre ce roman en page comme un one-shot, je pense que c’est plus dommageable qu’autre chose pour le roman. Il faut tout de même reconnaître que c’est indiqué sur le livre puisque l’information apparaît dans la dernière ligne de la biographie de l’autrice en quatrième de couverture. Très certainement que si je n’étais pas une tête de mule qui ne lit pas les quatrièmes de couverture, j’aurais eu l’information dès le départ, mais que voulez-vous !

J’ai eu un peu de mal durant ma lecture à m’attacher à Shae, notre héroïne qui est un peu du genre fonceuse et qui agit d’abord et réfléchit après. Cela dit, c’est un personnage que j’ai trouvé très cohérent et dont les actions précipitées ont souvent permis de faire faire un bond en avant à l’intrigue. J’ai été beaucoup plus conquise par les personnages de Mads – un jeune homme de son village – et de Ravod – l’instructeur de Shae à la cité des Bardes – qui m’ont semblé plus intéressants et plus intrigants et que j’ai vraiment très hâte de retrouver dans le second tome de la saga.

L’univers qui nous est offert par l’autrice est vraiment très réussi selon moi : toute la mythologie mise en place autour de l’interdiction de l’écriture, des mots-tabous et des pouvoirs des Bardes est vraiment très originale, et en tant que lecteur on a vraiment envie de creuser cet univers et de voir ce qu’il a à nous offrir de plus. En revanche, pour le moment j’ai trouvé l’intrigue assez classique, je pense que les choses vont s’accélérer dans le second tome et j’espère que l’intrigue nous réservera des surprises.

Le point fort de ce roman reste pour moi l’écriture de l’autrice que j’ai trouvée extrêmement visuelle : sans noyer son lecteur de descriptions inutiles, elle arrive toutefois à nous faire ressentir le monde dans lequel elle nous amène : la terre desséchée d’Aster, la beauté de Maison-Haute, les visages des personnages, … J’ai trouvé les choses très faciles à imaginer et à se représenter. Le moment magistral a sans aucun doute été le moment où Shae devient folle et voit dans un même endroit au même moment une bourgade pleine de vie et un champ de mort.

Je ne peux que vous conseiller de vous pencher sur ce premier tome, quant à moi je lirai la suite avec plaisir !

1 I like it
0 I don't like it

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *